Le régime syrien acculé après l'attentat de Damas

par Caroline Caldier jeudi 19 juillet 2012 00:10, mis à jour le jeudi 19 juillet 2012 à 05h40
Khaled Al Hariri Reuters

Trois hauts responsables en première ligne dans la répression de la révolte en Syrie, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad, ont été tués mercredi à Damas dans un attentat spectaculaire qui porte un coup terrible à l'appareil sécuritaire syrien. Sans tarder l'artillerie de l'armée régulière a riposté, pilonnant plusieurs quartiers de la capitale syrienne.

La réponse à l'attentat spectaculaire du bâtiment de la Sécurité nationale à Damas ne s'est pas fait
attendre. Toute la soirée de mercredi l'artillerie de l'armée régulière positionnée
sur la montagne de Kassioun qui domine Damas, a pilonné le quartier de Mezze
ainsi que le faubourg de Mouadamiya. Selon l'envoyée spéciale de France Info
sur place, Valérie Crova, des colonnes de fumées étaient visibles, s'élevant
des zones de combats. Toujours selon notre envoyée spéciale, des hélicoptères
ont tiré des roquettes sur des quartiers sud de la capitale.

C'est dans cette zone
que les rebelles de l'Armée Syrienne Libre se sont infiltrés depuis dimanche et
mènent une guérilla de rue face à l'armée syrienne qui pilonne sans relâche les
portes d'entrée dans la capitale. La bataille de Damas "sera bientôt
terminée"
et la capitale sera "le cimetière des agresseurs",
titrait le quotidien Al-Watan, proche du régime.

"Le régime est
désormais aussi dangereux qu'un loup blessé" (Frères musulmans)

Les Frères musulmans,
influente composante de l'opposition, sont inquiets, affirmant désormais
redouter "davantage de politiques stupides de Bachar al-Assad et ses gangs
qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour le pays"
. Le roi de
Jordanie redoute quant à lui la contagion à l'ensemble de la région. "Les
choses deviennent très très compliquées, au point où je pense que le pire
scénario pour nous tous dans la région serait une guerre civile à tout va",

a déclaré Abdallah II de Jordanie. 

Les présidents Barack
Obama et Vladimir Poutine se sont entretenus au téléphone de la situation. "La
fenêtre se referme. Nous devons agir d'une façon unifiée pour aider à faire
advenir la transition que les Syriens méritent tant"
,
a déclaré à la presse le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney. De son
côté, le Kremlin a fait savoir que même si les deux dirigeants partageaient
l'objectif de mettre un terme à l'escalade de la violence en Syrie,
ils restaient divisés sur la façon de l'atteindre.

Différentes hypothèses et versions circulent concernant l' attentat qualifié de terroriste par la télévision d'Etat  
A Damas, les explications de l'envoyée spéciale de France Info Valérie Crova