La rébellion syrienne affirme contrôler la majorité de la ville d'Alep

par Baptiste Schweitzer mardi 21 août 2012 16:09, mis à jour le mardi 21 août 2012 à 17h46
Etienne Monin Radio France

Plus de 60% de la ville d'Alep serait aux mains des rebelles syriens, c'est en tous cas ce qu'ils affirment. Le régime de Bachar al-Assad dément. La ville est au cœur d'une intense bataille depuis plusieurs semaines. Sur le front diplomatique, les initiatives et les déclarations se multiplient.

La bataille d'Alep se poursuit. Une bataille décisive pour
le régime qui ne peut pas se permettre de perdre cette ville stratégique. La rébellion
souhaite en effet notamment s'en servir pour créer une zone sécurisée frontalière de la Turquie. Les rebelles affirment contrôler
les deux tiers de la ville. Une assertion vigoureusement démentie par un
responsable de la sécurité syrienne.

Selon ce dernier, "ce ne
sont pas les terroristes qui avancent, c'est l'armée qui progresse doucement.
Les groupes terroristes sortent de temps à autre des quartiers qu'ils
contrôlent pour faire des incursions dans d'autres parties de la ville pour
affirmer qu'ils ont une rue ici ou là puis regagnent rapidement leurs repaires".

"Œuvrer à l'ouverture d'un dialogue"

Mais les combats ne se
déroulent pas qu'à Alep. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme au
moins 15 personnes ont été tuées mardi à travers le pays dans des bombardements. Parmi
les victimes, des femmes et des enfants.

L'activité
diplomatique a été marquée par plusieurs déclarations, à commencer par celle du
ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Il a appelé les
puissances étrangères à ne pas faire d'ingérence dans les affaires syriennes et à
uniquement créer "les conditions pour l'ouverture d'un dialogue entre les
différentes parties en Syrie"
.

Le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil, qui a rencontre Sergueï Lavrov à Moscou a expliqué que la Syrie était prête à discuter d'une démission du président Bachar al-Assaf dans le cadre d'un processus de négociations avec l'opposition. 

La France multiplie les initiatives 

La
Russie reste avec la Chine le plus important soutien à Bachar al-Assad. Les
deux pays ont notamment mis par trois fois leur veto à des résolutions du
Conseil de sécurité
de l'Onu menaçant Damas de sanctions.

Critiqué
pendant cet été par la droite pour son "attentisme" sur le dossier
syrien, François Hollande multiplie les rendez-vous depuis le début de semaine.
Après avoir rencontré lundi le médiateur
international pour la Syrie
Lakhdar Brahimi, le président français reçoit mardi
après-midi une délégation de représentants du CNS, le Conseil national syrien.

Le sujet sera également abordé jeudi lors d'une rencontre entre François
Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel. La France préside actuellement le Conseil de sécurité de l'Onu.