L'armée syrienne "nettoie" Damas, plus de 300 morts jeudi

par Gilles Halais vendredi 20 juillet 2012 10:45

Les rebelles syriens affirment tenir les frontières avec l'Irak et la Turquie, et dénoncent les 300 morts de la seule journée de répression de jeudi à Damas. D'intenses combats secouent depuis six jours la capitale. Le pouvoir affirme avoir totalement "nettoyé" le quartier Midane à l'arme lourde, et s'attaque maintenant au quartier de Jobar.

La formule employée par la
télévision d'Etat fait froid dans le dos : "Nos valeureuses forces armées ont nettoyé totalement la région de
Midane à Damas des résidus des terroristes mercenaires et y ont rétabli la
sécurité".

De fait, des attaques d'une intensité rare secouent la capitale syrienne depuis
dimanche. Nuit et jour, comme le rapporte l'envoyée spéciale de France Info,
Valérie Crova
.
Au début de la semaine, un responsable de la sécurité affirmait que l'armée
avait "fait preuve de retenue dans ses opérations. Mais depuis l'attentat"
de Damas qui a coûté la vie à trois dignitaires du régime, "elle est
décidée à utiliser toutes les armes en sa possession pour en finir avec les
terroristes."

Des rues jonchées de cadavres

En 16 mois de révolte, jamais la répression sanglante n'avait fait
autant de morts que ce jeudi : 300 en quelques heures à travers tout le
pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Soit "le
plus lourd bilan documenté depuis 16 mois",
selon l'OSDH. Rien qu'à
Damas, au moins 47 civils et 23 rebelles ont été tués jeudi.
Des témoins décrivent des rues jonchées de cadavres. Les insurgés ont incendié et
pillé ces dernières heures le siège de la police, au cœur de la vieille ville.

Les chars de Bachar el-Assad ont été lancés à l'assaut des quartiers de
la capitale où se concentrent les rebelles : Qaboun dans l'est, puis
Midane dans le centre. Et ce vendredi, les forces syriennes donnent l'assaut du quartier de Jobar. Des combats ont également éclaté dans le sud-ouest de la
capitale, à Kafar Soussé.

Mais l'armée syrienne semble à présent moins efficiente loin de la
capitale. Après d'intenses combats, les rebelles affirment tenir les
postes-frontières avec l'Irak et la Turquie.