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Le Yarsagumbu, l'or himalayen

le Samedi 24 Décembre 2011 à 06:51
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C'est l'histoire d'une chenille qui se fait phagocyter par un champignon et au lieu de se transformer en un splendide papillon bleu, elle devient une plante très recherchée en Chine. C'est le Yarsagumbu

Dans les montagnes himalayennes © Eric Valli

Yarsagumbu... En népalais cela signifie "insecte d'hiver", Yarsa, "plante d'été", Gumbu. Le phénomène est surprenant. D'abord, on ne trouve cette chenille que dans les montagnes de l'Himalaya. L'insecte se développe sous terre au-delà de quatre mille mètres d'altitude. Avec la fonte des neiges et le ruissellement de l'eau, des spores pénètrent la larve et, tels des aliens, ils se développent à l'intérieur en préservant les organes vitaux pour que la chenille dure le plus longtemps possible. Quand le champignon est arrivé à maturité, il fait exploser la tête de la chenille et vient terminer sa croissance au ras du sol.

Eric Valli nous raconte cette histoire naturelle dans un film diffusé demain à 18h sur France 5, "Yarsagumbu, l'or himalayen".

Car le Yarsagumbu est aussi une créature recherchée pour ses vertus médicinales, ce serait un élixir de jeunesse, un dopant et surtout il aurait des vertus aphrodisiaques. Pendant longtemps, il était réservé au seul empereur de Chine. Aujourd'hui, le commerce du Yarsagumbu génère des milliards d'euros. Chaque année, au printemps, des dizaines de milliers de paysans et leurs enfants quittent leur village au Tibet, au Népal, pendant plusieurs semaines, pour déterrer la créature mi-végétale, mi-animale. En deux mois, ils gagnent plus que ce que leur activité pastorale ne leur rapporte en un an.

Eric Valli, grand connaisseur de ces régions himalayennes a été le témoin du boum que la quête du Yarsagumbu a provoqué dans ces montagnes…

"Vous imaginez, trouver quelque chose de la taille d'un cure-dent dans des milliards d'autres brins d'herbe et ça dans la neige, dans le froid… on meurt dans des avalanches, on meurt en tombant d'une falaise… ce sont des vies très très dures. On est à quatre pattes et on scanne chaque centimètre carré de ces paysages de fou. On est au pied des plus hautes montagnes du globe. On est entre 4.500 et 5.500 mètres d'altitude. Donc, on est juste au seuil des glaciers et au fur et à mesure que la neige fond, aux mois de mai, juin, et bien les gens montent de plus en plus haut pour essayer de récupérer cet insecte d'hiver, cette plante d'été."

Cette quête du Yarsagumbu chamboule la vie des villages au Népal ou au Tibet. Mais devant autant d'argent, il est difficile de résister. Vendu par les paysans entre un et trois euros pièces, le Yarsagumbu arrive dans les officines de Pékin ou de Hong Kong à trente mille euros le kilo.