Bachar al-Assad apparaît de plus en plus isolé diplomatiquement. Après l'Europe et les Etats-Unis, c'est au tour des pays arabes et des voisins de la Syrie de critiquer sévèrement la répression menée par le président syrien. Face aux violences qui prennent chaque jour de l'ampleur, la Ligue arabe, les pays du Golfe ou encore la Turquie ont pris ce week-end de la distance avec Damas.
Jusqu'à présent, les voisins de la Syrie s'étaient montrés pour le moins discrets. Pas de condamnation de la répression sanglante, encore moins d'appel au départ de Bachar al-Assad. Aux yeux de beaucoup de dirigeants du Proche-Orient, la mainmise du tout-puissant parti Baas sur la Syrie est en effet un facteur de stabilité régionale. Sans compter que plusieurs gouvernements arabes, soucieux de contenir leurs propres dissidents, sont peu désireux de défendre les opposants politiques syriens.
L'Arabie Saoudite rappelle son ambassadeur
Durant le week-end, cependant, cette position s'est nettement infléchie. Ce sont les pays du Golfe qui les premiers ont pris de la distance avec Bachar al-Assad : dans un communiqué, les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Qatar) ont réclamé "un arrêt immédiat des violences" et "la mise en oeuvre de réformes sérieuses et nécessaires". L'Arabie Saoudite, poids lourd de la région, a même rappelé son ambassadeur à Damas.
"Ce qui se passe en Syrie est inacceptable" estime le roi Abdallah. Le Koweït et Bahreïn lui ont emboîté le pas, aujourd'hui, annonçant également le rappel de leurs ambassadeurs. La Ligue arabe s'est elle aussi jointe aux critiques de la communauté internationale. Hier, elle a exprimé "son inquiétude croissante et sa grande angoisse". Pas question cependant de réclamer le départ de Bachar al-Assad, comme l'exigent les manifestants syriens mobilisés.
La Turquie "à bout de patience"
La Jordanie, qui partage plusieurs centaines de kilomètres de frontière avec la Syrie, a parlé hier d'une situation "inquiétante, malheureuse et triste". Enfin, le chef de la diplomatie turque se rendra demain en Syrie pour transmettre "avec détermination" au régime de Damas les "messages" de la Turquie "à bout de patience" .
Les Etats-Unis comptent d'ailleurs sur la Turquie pour faire pression sur son voisin syrien : la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton souhaite qu'Ankara demande à la Syrie de "renvoyer ses soldats dans leurs casernes". Il faut dire que la répression des autorités syriennes ne faiblit pas, bien au contraire. Hier, les chars de l'armée ont donné l'assaut à Deir Ezzor, au nord-est de Damas, faisait 42 morts, et à Houlé dans la province de Homs où au moins dix civils ont été tués. Bachar al-Assad a jusitifié ses actions par une lutte contre des "hors la loi". Insensible, comme toujours, aux critiques de la communauté internationale.

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