Il est médecin, et exerce dans l'un des hôpitaux publics de la capitale iranienne. Il affirme : {"Nous avons eu pour consigne de déclarer les morts par balles comme étant décédés des suites d'opérations chirurgicales"}.
Le 13 juin à Téhéran, un homme tente de secourir un manifestant pro-Moussavi, blessé lors d'une manifestation © © AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI Radio France
Le témoignage de ce médecin, qui a voulu conserver l'anonymat pour des raisons évidentes de sécurité, et qui pour les mêmes raisons n'a pas souhaité être enregistré, a été recueilli aujourd'hui par la journaliste française d'origine iranienne Sepideh Farkhondeh. "Depuis, le début de la répression, les miliciens Bassidjis ont traqué les blessés transportés vers les hôpitaux de Téhéran. D'abord, ils venaient demander la liste des admis à la réception de l'hôpital. Comme l'administration de l'hôpital et les médecins n'ont pas coopéré avec les miliciens, qu'ils sont restés vagues sur l'identité des personnes admises pour tenter de protéger les blessés, les miliciens ont commencé à investir les lieux et à prendre la place du personnel hospitalier chargé de l'admission des malades et, en l'occurrence, des personnes blessées dans les manifestations." - Les miliciens auraient ainsi, selon ce témoin direct, fiché l'identité de tous les blessés transportés par ambulance vers les hôpitaux. D'autres sources rapportent que de nombreux blessés ont été embarqués, dès leur arrivée à l'hôpital, par les agents en civil de la police politique et par les miliciens, dans des camionnettes vers des destinations inconnues, avant même d'avoir reçu les premiers soins. Au moins 36 corps ont été apportés dans l'un des principaux hôpitaux de Téhéran. Les médecins qui les ont vus ont reçu l'ordre des milices d'attester que ces personnes étaient décédées par suite opératoire. _ La plupart des médecins ont résisté. Ils ont été, eux-même, menacés par les miliciens, qui leur ont promis de "s'occuper d'eux" après. Le ministère de la Santé a ensuite demandé aux médecins de se montrer coopératifs. - Des prélèvements d'organes pour dissimuler les causes des décès "Devant le refus et la résistance des médecins, les cadavres des personnes tuées par balles ont été emmenés ailleurs, sous le contrôle des miliciens, sous prétexte de procéder à des prélèvements pour des greffes d'organes. _ Ce qui est certain, c'est que les miliciens sont déterminés à dépouiller les cadavres de toute trace de balle. Les organes qui portent des traces de balle sont systématiquement prélevés des cadavres." Le bilan officiel des manifestations anti-Ahmadinejad est "d'au moins 17 morts". Plusieurs centaines d'arrestations ont également eu lieu (lire nos articles) .
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