Lors d’une intervention à la tribune du sommet de Copenhague, Nicolas Sarkozy a estimé que la conférence sur le climat allait "à la catastrophe" Le président français demande une réunion de travail des principaux dirigeants de toutes les régions ce soir pour discuter d'un texte de compromis. Une mission difficile à la veille de la clôture de la conférence.
Nicolas Sarkozy à la tribune du Sommet de Copenhague © Capture d'écran PublicSénat Radio France
“Je vais à Copenhague avec le souci d'obtenir un succès”. _ Avant son arrivée dans la capitale danoise, Nicolas Sarkozy avait clairement affiché son ambition. _ A la tribune du sommet, le président français a répété : “l'échec de la conférence est interdit”. Il faut sauver la planète de la catastrophe attendue. Le temps travaille contre nous. Rentrons vraiment dans la négociation. _ Le président français a tenté, dans un discours bref, d'à peine dix minutes de mobiliser les 192 pays présents à la conférence de Copenhague. _ Pour le chef de l'Etat français, “il faut changer de braquet pour cette conférence ou nous allons droit à la catastrophe ”. Nicolas Sarkozy a invité les leaders des principales puissances à négocier durant la nuit pour pouvoir entériner un accord demain. _ Nicolas Sarkozy a martelé encore ses convictions: le besoin de financements innovants à partir de 2012 pour financer la lutte contre le réchauffement climatique, la création d'un “organisme pour comparer les engagements de chacun”, la nécessité de limiter le réchauffement à deux degrés par rapport à l'ère pré-industrielle en baissant les émissions de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2050, l'arrêt de la déforestation pour préserver les poumons de la planète. Rédiger un texte en moins de 24h _ La conclusion d’un accord complet, chiffré et budgété impliquant tous les pays dans la lutte contre le réchauffement semble difficile. _ Chacun campe sur ses positions. _ Les 10 jours de débat n’ont pas permis de faire avancer les choses. Plusieurs journées ont été perdues en procédures et consultations. _ Le Danemark, hôte de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, a renoncé à proposer de nouveaux projets de texte destinés à tenter de sortir de l'impasse les négociations, cela en raison de l'opposition de nombreux pays émergents. _ Les pays pauvres ont paralysé les négociations, estimant que les nations riches ne s'engageaient pas suffisamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'aide aux pays du Sud. _ Il reste donc de nombreux points sensibles à discuter. _ Aujourd’hui, on évoquait même le renvoi de décisions à une date ultérieure. _ Pour un vétéran des négociations climat, le norvégien Harald Dovland, rédiger un accord complet dans ce délai, avec les mécanismes complexes de mise en oeuvre est “matériellement infaisable. A moins d'un accord en une page”, qu'il faudra encore compléter pendant “des mois de travail.” Les discussions sont gelées _ Pour dégager un peu le terrain et calmer les esprits, le Danemark a finalement proposé que la négociation se concentrerait uniquement sur les deux documents rédigés par les groupes de travail de l'ONU. _ Mais ces deux projets d'accord comportent encore tous les objectifs chiffrés et dates entre parenthèses et peuvent donner lieu à de longs débats sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre des pays industrialisés d'ici 2020, des objectifs mondiaux d'ici 2050, les actions des pays en développement et le financement de l'accord. _ Les délégués sont désormais saisis de deux textes distincts, l'un au titre de la Convention climat de l'ONU et l'autre sur l'ouverture d'une deuxième phase du protocole de Kyoto à partir de 2013, pour les 38 pays industrialisés, dont l'Union européenne, qui l'ont ratifié. _ Le futur accord de Copenhague reflètera cette double négociation. Mais l'écriture de l'accord va encore supposer un va-et-vient constant entre la conférence et les groupes de travail chargés de la rédaction point par point. _ A Bali, il y a deux ans, lors de la conférence qui avait permis de tracer la “feuille de route” pour Copenhague, les décisions avaient été adoptées plus d'un jour après la clôture prévue des débats.

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