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Une journaliste de France 3 agressée au Caire : les femmes reporters ne doivent plus aller en Egypte, selon RSF

le Vendredi 25 Novembre 2011 à 06:15 mis à jour à 12:30
Par Cécile Quéguiner

Les journalistes femmes ont-elles encore leur place en Egypte ? Avec Jean-François Julliard de RSF et la reporter Claude Guibal  (06'43'')

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Les journalistes femmes doivent-elles continuer à couvrir les manifestations de la place Tahrir en Egypte ? Reporters sans frontières recommande aux rédactions de les rappeler, après l'agression hier d'une envoyée spéciale de France 3, Caroline Sinz. Pas d'accord, rétorque la reporter de Radio France Claude Guibal.

Voilà une fortuite illustration des violences faites aux femmes, alors que se tient la journée internationale dédiée. La journaliste Caroline Sinz a raconté à la fin de son reportage dans Soir 3 avoir été "empoignée par plusieurs hommes et [...] subi une agression sexuelle, devant tout le monde, en plein jour", alors qu'elle filmait les abords de la place Tahrir avec son JRI (journaliste reporter d'images). 

Le reportage de Caroline Sinz au CaireLePostfr

Réaction immédiate de Reporters sans frontières : “C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne. Les rédactions doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte".

Interrogé sur France Info ce matin, le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard confirme : "La menace d'agressions sexuelles de manière aussi systématique contre les femmes journalistes est quelque chose de nouveau, qu'on n'a jamais vu à Reporters sans frontières". 

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Climat de grande tension dans les rues adjacentes à la place Tahrir © AFP Mohammed Hossam

Le 11 février dernier, jour de la chute de Moubarak, une journaliste de la chaîne américaine CBS avait déjà été agressée sexuellement près de la place Tahrir. Mais plus récemment, c'est la blogueuse égypto-américaine Mona al-Tahtawi, arrêtée dans la nuit de mercredi à jeudi, qui a raconté sur son compte Twitter avoir subi une agression sexuelle au commissariat.

"Se priver de femmes journalistes dans le monde arabo-musulman, c'est se priver de 50% des sources d'infos" Claude Guibal

Consciente de ce risque, Claude Guibal, ancienne correspondante de Radio France au Caire pendant près de quinze ans et actuellement en reportage sur place, n'entend pas "céder à la peur". Le climat, confirme-t-elle, est actuellement à la suspicion sur les journalistes, les étrangers. A quoi s'ajoute "cette violence sexuelle bien réelle en Egypte" qui ne s'adresse pas uniquement aux journalistes. Et Claude Guibal de rappeler que "des sondages publiés il y a quelques années par les journaux égyptiens indiquaient que 98% des Egyptiennes étaient victimes au quotidien de harcèlement sexuel". 

La reporter précisément tient à sa place de femme dans son travail de journaliste dans le monde arabo-musulman, car "avec les femmes, vous entrez dans les maisons, vous entrez dans les foyers. C'est comme ça que vous donnez à voir et à comprendre la réalité d'un pays". 

 

Par Cécile Quéguiner
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Vos réactions sur cette info
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Nadine sedky (anonyme),
Ignorance et corruption sont les deux fléaux de l'Égypte et il faudra Beaucoup de temps pour les combattre.Tenue vestimentaire avec Manches longues et pantalon ample est conseillée pour arpenter les rues Cairotes et malgré cela nous restons étrangères donc des femmes faciles pour la majorité des hommes non éduqués.Mais il ne Faut en aucun cas cesser d' envoyer des femmes journalistes et je suis complètement d' accord avec Claude Guibal.
Avatar de anonyme
BLANES JC (anonyme),
Comme tout le monde, j'ai vu avec stupeur le sujet de l'agression dont a été victime Caroline Sinz, que j'apprécie, et dont je déplore l'issue.Bien sur qu'il faut que des femmes et des hommes, dont il faut louer ici le professionnalisme, puisses au nom de la démocratie faire leur métier, mais je m'interroge quand même de savoir si l'enjeu ne masque pas une réalité de plus en plus violente dans certains pays ou contrée de nature à mettre en péril la vie ou l'intégrité des reporters, les femmes en particulier? Au nom de l'information qui peut masquer le fait de vouloir "vendre du papier" il ne faudrait pas courir l'aventure pour l'aventure.....
Avatar de anonyme
Je suis révoltée, dégoutée, écœurée ! Et on continue à aider ces barbares? Il faut continuer pour une seule raison: aider les femmes égyptiennes qui doivent vivre l'enfer au quotidien. Mais quelle interprétation de leur soi-disant religion! Ils sont loin de parvenir à la démocratie avec un tel manque de respect des individus. Ils me donnent la nausée...
Avatar de anonyme
Hilda Schmit (anonyme),
Je suis vraiment désolée de ce que vous avez vécu. Comment vous faire part de mon soutien et solidarité ? HDS
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