Très attendue outre-Manche, l'autobiographie de l'ancien Premier ministre est sortie aujourd'hui dans les librairies. Dans {A Journey} ({Un voyage}), Tony Blair dit ne pas {"pouvoir regretter"} sa décision de participer à la guerre en Irak, tout en reconnaissant n'avoir pas imaginé ses conséquences. Il a également des mots très durs envers Gordon Brown, son successeur au 10, Downing Street.
cata © © France Info Radio France
A Journey raconte une décennie. De mai 1997, quand le jeune et fringant Tony Blair s'installe à la tête du gouvernement britannique, à juin 2007, quand ce même homme, au sommet de son impopularité, est contraint de quitter le pouvoir. Mais ce n'est guère pour le récit de cette décennie que l'ouvrage de Tony Blair est si attendu outre-Manche. Ce qui focalise l'intérêt des Britanniques, c'est un épisode bien précis : la décision de Tony Blair, en 2003, d'entraîner le Royaume-Uni à la suite des Etats-Unis dans la guerre en Irak.

Allait-il faire son mea culpa ? Allait-il défendre envers et contre tout cette décision, qui a grandement participé à le rendre impopulaire ? Tony Blair semble avoir choisi une voie médiane : "Je ne peux pas regretter la décision de partir en guerre", estime l'ancien Premier ministre, tout en se montrant "profondément désolé pour les vies écourtées". "Sur la base de ce nous savions, je reste persuadé que
laisser Saddam au pouvoir était un risque plus important pour notre sécurité que de le renverser". Reste que l'invasion ne s'est pas passée comme prévu : "Nous n'avions pas anticipé le rôle d'Al-Qaïda ou de l'Iran", dans la
planification de l'après-conflit, admet Tony Blair. "Jamais je n'ai imaginé le cauchemar qui allait se
dérouler".
Et en guise de mea culpa, Tony Blair a annoncé que l'ensemble des bénéfices des ventes serait reversé à une organisation caritative venant en aide aux anciens
combattants blessés.
Le mandat de Gordon Brown ? "Un désastre"
L'ancien Premier ministre profite également de son livre pour régler ses comptes avec son successeur. Gordon Brown, qui a quitté le pouvoir au printemps dernier, est un homme "brillant", mais aussi "exaspérant" et "difficile". Tony Blair a des mots très durs à l'égard de celui qui fut son frère ennemi au sein du parti travailliste : "Calcul politique, oui. Sentiments politiques, non. Intelligence
d'analyse, absolument. Intelligence émotionnelle, aucune". En un mot, le mandat de Gordon Brown a été "un désastre" .
Céline Asselot avec agences