A Moscou, la Gay Pride interdite par les autorités russe n’a pu avoir lieu, malgré la journée internationale contre l'homophobie qui a lieu ce dimanche. Malgré les textes législatifs, l'homophobie reste un fléau mondial. En France, le gouvernement a fait un geste en retirant la transsexualité de la liste des maladies mentales.
Une vingtaine de manifestants de la Gay Pride ont été interpellés par la police à Moscou © © REUTERS / Denis Sinyakov Radio France
"Satanique", selon le maire de Moscou, qui "détruit les fondations morales de notre société", selon son porte-parole… L’homosexualité n’a pas la cote en Russie. La police anti-émeute est violemment intervenue samedi en début d’après-midi pour empêcher le déroulement de la manifestation qui avait pour objectif de dénoncer la discrimination dont les homosexuels sont victimes en Russie. "L’homophobie est une honte pour la Russie!", "Droits égaux pour tous" revendiquaient les quelques pancartes présentes. Les militants, russes, biélorusses, anglais et américains, voulaient profiter du coup de projecteur donné par l’Eurovision, juste avant la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Mais c’était sans compter le gouvernement russe. Vendredi, un responsable du ministère de l’Intérieur rappelait encore que ce rassemblement était interdit et que la police entendait agir à son encontre "en application stricte de la loi". Ce qui a résulté en une quarantaine d'interpellation selon un porte-parole de la police, une cinquantaine selon l'agence de presse Interfax. "Les méthodes de la police étaient plutôt violentes. On a tordu les bras des gens derrière leur dos (…). C’était assez douloureux", témoigne un militant anglais. Un journaliste de l’AP a remarqué une femme se faire arracher sa chemise et son soutien-gorge par les policiers qui l’emmenaient. Parmi les manifestants se trouvait Nikolaï Alexeïev, le dirigeant du mouvement homosexuel et fondateur du site internet GayRussia.com. Il marchait en compagnie d'un homme portant une robe de mariée lorsque les policiers les ont tous deux appréhendés. Alexeïev a invité les chanteurs de l'Eurovision à boycotter l'évènement en soutien de la cause gay. Il faut se rappeler qu’il y a 16 ans à peine, l’homosexualité était encore un délit en Russie. La transsexualité n'est plus une maladie mentale en France Ailleurs en Europe, la journée internationale de lutte contre l'homophobie, qui a lieu ce dimanche, est l'occasion de faire le point. Quelques gestes forts masquent une situation qui progresse peu. Un rapport de l'Union européenne paru cette semaine s'inquiète de la permanence des brimades, agressions et discriminations à l'encontre des lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transsexuels. Le harcèlement et la discrimination se produisent dans “tous les domaines de la vie sociale”, de l'école au travail en passant par les professions de santé, a indiqué l'étude par l'agence européenne des droits fondamentaux, et ce, malgré des lois européennes qui tentent d'établir une égalité de traitement. En France, l'association SOS Homophobie tire le même constat :“la visibilité accrue des lesbiennes et des gays ne doit pas masquer la permanence et la violence d'une homophobie présente à tous les niveaux de la société”, a souligné Jacques Lizé, président de l'association. Dans ce contexte, les associations homosexuelles saluent la décision de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Elle a décidé de sortir la transsexualité de la liste des maladies mentales. La haute autorité de la santé a été saisie en vue de la préparation d'un décret en ce sens. L'OMS avait pris cette décision le 17 mai 1990, ce qui explique la tenue de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie chaque 17 mai. Léa Zilber, Grégoire Lecalot avec agences
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