Des emplois britanniques pour les Britanniques, le slogan de campagne de Gordon Brown lui revient comme un boomerang alors que près de 3000 personnes ont lancé des grèves sauvages sur des sites énergétiques contre l’emploi de travailleurs étrangers.
Manifestation devant la raffinerie de Lindsey. © © Phil Noble/ Reuters Radio France
Tout est parti de la raffinerie Total de Lindsey dans l’est du pays. Il y a une semaine, le groupe français annonçait qu’une société italienne serait chargée de l’extension du site. Une centaine d’ouvriers italiens et portugais sont déjà sur place et trois cents autres doivent les rejoindre afin de travailler sur le projet. Avec un taux de chômage en augmentation (6,1% de la population active) et des prévisions économiques moroses, il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. Depuis le mouvement a essaimé sur d’autres sites qui emploient des travailleurs étrangers notamment dans le nord et l’est du pays comme à l’usine de retraitement nucléaire de Sellafield. _ Les grévistes protestent contre l'embauche de travailleurs immigrés par les entreprises à des salaires inférieurs à ceux de leurs collègues britanniques et avec de moindres garanties sociales. Total assure ne pas faire de discrimination à l'encontre des travailleurs britanniques et affirme respecter la législation, tant britannique qu'européenne. A ce propos les gouvernements portugais et italiens s’offusquent de cette grève. Le ministre italien des Infrastructures, Altero Matteoli, a déclaré de son côté qu'il fallait que la Grande-Bretagne prenne conscience qu'elle faisait partie de l'Europe "où existe la libre circulation des travailleurs". Principalement alimenté par des appels sur internet, le mouvement dépasse les syndicats et le monde politique. Ils sont des centaines à avoir cessé le travail et à brandir les pancartes "British jobs for british workers" devant leurs usines. Un slogan xénophobe qui a longtemps été l’apanage du British National Party (extrême droite) mais que Gordon Brown avait repris à son compte en 2005 lors de sa campagne. A l’époque, l’économie britannique se portait mieux et le slogan ne résonnait pas comme aujourd’hui. Gordon Brown avait dans un premier temps critiqué les grèves."Ce n'est pas la chose à faire, ce n'est pas défendable", a dit le Premier ministre travailliste à la BBC. Il a ensuite adopté un ton plus conciliant. "Je reconnais que les gens sont inquiets actuellement pour leur emploi et je veux qu'ils soient traités équitablement, comme leurs collègues" a-t-il estimé. Le gouvernement a demandé à un médiateur indépendant de voir si des travailleurs italiens et portugais ont effectivement été préférés à des ouvriers qualifiés britanniques lors d'embauches dans la raffinerie du groupe français Total. Le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, a jugé "inacceptable" ces grèves et s’inquiète d’une dérive "protectionniste, xénophobe, nationaliste". Anne-Laure Barral avec agences
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