Au lendemain d'une nouvelle nuit de violences urbaines, le Premier ministre grec Costas Caramanlis a entamé une série d'entretiens d'urgence pour trouver un moyen de mettre un terme aux émeutes qui embrasent le pays depuis trois jours. Les obsèques de l'adolescent de 15 ans tué samedi par des policiers devaient avoir lieu dans l'après-midi, avec le risque de nouveaux affrontements.
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Le Premier ministre a rencontré ce matin le président Carolos Papoulias et devait ensuite s'entretenir avec plusieurs responsables politiques de premier plan. Depuis la mort du jeune Alexandros Grigoropoulos, qui a cristallisé le ressentiment d'une jeunesse ancrée à gauche, des milliers de jeunes gens sont descendus dans les rues d'Athènes et de nombreuses autres villes du pays pour affronter les forces de l'ordre. "Les flammes font rage sous l'œil du gouvernement", titrait mardi le quotidien Kathiremini, critiquant la gestion des émeutes par les autorités. Les images largement diffusées de ces violences vont à coup sûr ébranler un gouvernement déjà fortement éprouvé par les scandales financiers et s'accrochant encore à une majorité-croupion d'un seul siège sur les 300 que compte le Parlement. Costas Karamanlis a averti qu'il n'y aurait aucune indulgence envers les émeutiers. "Personne n'a le droit d'utiliser cet incident tragique comme alibi pour des actes de violence brutale, pour des actes contre des innocents, leur propriété et contre toute la société et la démocratie", a-t-il souligné. 150 arrestations Alors que les funérailles d'Alexandros Grigoropoulos, étaient prévues ce mardi après-midi, les autorités grecques faisaient état tôt mardi matin d'une diminution des violences à Athènes. Depuis trois jours, les heurts ont fait une cinquantaine de blessés et d'importants dégâts. Des magasins, banques et voitures ont été incendiés à Athènes, Salonique et une dizaine d'autres villes. Plus de 130 boutiques ont été détruites dans la seule capitale, où des manifestants ont mis le feu lundi soir à un sapin de Noël géant. La police a annoncé avoir arrêté 150 personnes, dont certaines pour des pillages, et a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, tout en disant éviter les confrontations directes. Le calme régnait mardi matin dans les rues d'Athènes. Le maire Nikitas Caclamanis a exhorté la population à éviter le centre-ville, sauf en cas de d'urgence, et à ne pas laisser leurs véhicules en stationnement dans les rues. Caroline Caldier avec agences Un mémorial improvisé par les jeunes manifestants :
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