Changement de stratégie : les deux journalistes de France 3, enlevés par les talibans depuis plus de trois mois, ont désormais un nom : Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. _ Dans une vidéo, postée hier sur Internet, on les voit lire un message à destination du gouvernement français, pour demander un échange de prisonniers.
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Finalement, la vidéo a été diffusée à la télévision française. Et leurs noms ont été rendus publics. Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont journalistes à France 3, otages des talibans en Afghanistan depuis le 29 décembre dernier. Les otages ont désormais un nom - leurs familles le demandaient depuis longtemps. Les consignes de discrétion, censée faciliter une libération rapide, ont fait long feu... _ Un nom, et un visage : l'édition nationale du 1920 sur France 3, et le 20 heures de France 2, ont diffusé des extraits de la vidéo postée hier sur Internet. La présidence de France Télévisions a néanmoins décidé de flouter le visage de ses journalistes sur la vidéo. Ce que ne souhaitait pas la rédaction de France 3 - Laurent Bignolas, le présentateur du JT l'a dit à l'antenne : “contre l'avis de toute la rédaction, la présidence de France Télévisions a décidé de flouter, de masquer leur visage et interdit la diffusion d'un reportage présentant nos deux confrères avant leur enlèvement”. _ Cela dit, Laurent Bignolas a expliqué : “les journalistes et les personnels de France 3 sont conscients que la diffusion de la vidéo est un chantage de la part des ravisseurs de Hervé et Stéphane et le condamne, mais face à la menace qui pèse sur leur vie, la rédaction a jugé nécessaire de la diffuser.” Dans la vidéo, dont des extraits ont été diffusés ce soir, on voit donc Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier lire un texte - sans doute sous la contrainte. “Ce message est le dernier pour le gouvernement français et pour ma télévision, France 3. Après trois mois de captivité, les talibans veulent absolument que leur volonté soit acceptée par les autorités françaises”, dit l'un, en anglais. _ Avant d'ajouter, cette fois en français : “Le président français, M. Sarkozy, doit comprendre que nous sommes maintenant en danger de mort. Je répète, le président français doit négocier très vite, autrement nous serons bientôt exécutés.” Que doit-il négocier ? La libération de détenus talibans... en échange de celle des journalistes, ni plus ni moins. Que Paris obtienne notamment de Kaboul et de Washington la libération de prisonniers talibans.
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