aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Obama demande à la junte birmane la libération d'Aung San Suu Kyi

le Dimanche 15 Novembre 2009 à 14:40
  • Pas encore de votes

Barack Obama poursuit sa politique de main tendue. Cette fois-ci, avec la Birmanie lors du sommet des grandes puissances asiatiques à l'Asean. Le président américain a demandé à la junte birmane de libérer la dissidente Aung San Suu Kyi et d'organiser des élections "libres" en 2010.

home_theme © © REUTERS/Aung Hia Tun Radio France

Au cours de sa tournée asiatique, Barack Obama s'est rendu à Singapour à une réunion de dix dirigeants de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), dont le Premier ministre birman Thein Sein. Il s'agissait d'une première pour un président américain. Dans une déclaration commune de l'Asean et des Etats-Unis, les leaders ont salué la politique d'ouverture des Etats-Unis et insisté sur «l'importance de la réconciliation nationale» en Birmanie. Il faut, ont-ils ajouté, que «les élections générales prévues en 2010 soient libres, justes, transparentes et ouvertes à tous afin d'être crédibles aux yeux de la communauté internationale». Si la junte militaire a annoncé la tenue de ce scrutin, elle n'a pas encore fixé de date.
Lecture
 
Partager
Cette déclaration commune, qui a donc été approuvée par le Premier ministre birman, ne fait aucune allusion à Aung San Suu Kyi. Mais au cours de la réunion à Singapour, M. Obama a demandé à Thein Sein la libération de l'opposante historique du régime, comme il l'avait fait la veille dans un discours à Tokyo. Aung San Suu Kyi, âgée de 64 ans, est exclue de facto du paysage politique pour les élections de 2010 en raison de la prolongation de 18 mois de son assignation à résidence à Rangoun. Cette sanction a été infligée l'ancienne lauréate du prix Nobel de la Paix pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu'à son domicile, situé sur les rives d'un lac. Ses avocats ont déposé un recours devant la Cour suprême contre cette condamnation. Barack Obama a par ailleurs «énuméré les étapes que devait prendre le gouvernement birman: libérer tous les prisonniers politiques, libérer Aung San Suu Kyi, mettre fin aux violences contre les minorités et entamer le dialogue avec les organisations démocratiques» , a indiqué un porte-parole de la Maison blanche, Ben Rhodes. Thein Sein n'a pas répondu à ces demandes mais a salué l'ouverture américaine, selon un participant à la réunion. A Tokyo samedi, M. Obama avait indiqué que les sanctions contre la Birmanie «demeureraient jusqu'à ce que des avancées concrètes soient accomplies vers une réforme démocratique». Obtenir une ouverture de la junte est «un effort à long terme qui requiert beaucoup de patience» , avait récemment déclaré la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Le régime militaire a régulièrement rappelé qu'il refusait les pressions extérieures. Le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte, avait ainsi fustigé la semaine dernière l'ingérence «néo-colonialiste» étrangère, évoquant implicitement les pressions exercées par les Etats-Unis.