Près de 30.000 personnes seraient encore sous les décombres, tandis que les autorités chinoises ont deployé des efforts très importants pour organiser les secours. La Chine a accepté une aide internationale.
Les proches d'une victime, dans le Sichuan. © © REUTERS/ Aly Song Radio France
L'exemple du cyclone Nargis en Birmanie l'a hélas encore prouvé, les premiers bilans des catastrophes sont fatalement trompeurs. Hier, en milieu de matinée, on pouvait voir des images d'évacuations décontractées à Pékin, et le premier chiffre de victimes est resté longtemps bloqué à quatre, après un séisme de magnitude 7,8 dans la province du Sichuan. Moins de 24 heures plus tard, le nombre de victimes a vertigineusement grimpé, et le bilan ne cesse de s'alourdir. Les autorités chinoises évoquent maintenant au moins 12.000 morts pour la seule province du Sichuan. Les secours, qui approchent du lieu de l'épicentre (le district de Wenchuan), devraient découvrir une réalité encore plus terrible. La Chine vient par ailleurs de dire "oui" à une aide étrangère, et une forte réplique a été ressentie à Chengdu, capitale du Sichuan. Presque aussi terrifiante, cette information donnée par l'agence officielle Chine Nouvelle, selon laquelle 18.645 personnes seraient toujours ensevelies sous les décombres à Mianyang, et des milliers d'autres à Mianzhu. _ Environ un millier de collégiens ou professeurs sont également morts ou portés disparus après l'effondrement de leur collège du district de Beichuan, à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Wenchuan. Les secours, priorité absolue Dans le Sichuan également, deux usines de produits chimiques se sont effondrées, ensevelissant des centaines d'employés et provoquant l'évacuation de 6.000 riverains. On y a aussi signalé la mort dans un glissement de terrain de 37 touristes, "probablement" de nationalité britannique. Le dernier séisme aussi meurtrier à avoir frappé la Chine était intervenu en 1976 à Tangshan, avec un bilan officiel de 242.000 victimes. Contrairement à ce qu'il se passe actuellement par exemple en Birmanie, les autorités chinoises ont pris d'emblée hier la mesure d'une situation extrêmement grave. Le Premier ministre s'est rendu sur place en peu de temps, et les forces militaires du pays ont été rapidement dépêchées dans les zones touchées. _ "Nous ne pouvons pas compter seulement sur les équipes médicales de la province du Sichuan, nous avons besoin que des équipes arrivent de l'extérieur", a déclaré le Premier ministre Wen Jiabao, cité par la télévision centrale chinoise CCTV. Plus de 50.000 soldats ont été mobilisés pour porter assistance aux opérations de secours. Enfin, de nombreux chefs d'Etat étrangers ont adressé des messages de condoléances et de soutien à la Chine, offrant leur aide, tels le président américain George W. Bush, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Dmitri Medvedev. Matteu Maestracci
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