Le milliardaire de droite Sebastian Pinera a remporté dimanche le second tour de l'élection présidentielle au Chili. C'est la première fois depuis le départ du dictateur Augusto pinochet en 1990 que la droite revient au pouvoir. Les premiers dépouillements laissent entrevoir un écart serré.
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La gauche chilienne aura vraiment vécu le supplice de Tentale. La présidente sortante, issue de ses rangs, Michelle Bachelet, atteint des sommets de popularité, malgré la crise économique. Mais ce rêve lui était inaccessible. La constitution interdisait à Michelle Bachelet de se représenter. Et ce dimanche soir, le candidat de son camp, Eduardo Frei, ne peut que reconnaître sa défaite. Le vainqueur, Sebastian Pinera, homme d'affaires milliardaire de son état (701ème fortune mondiale d'après le magasine Forbes), peut se vanter d'être le principal acteur d'un jour historique pour le Chili. Il a en effet rompu la malédiction qui pesait sur la droite depuis la fin du régime dictatorial de Pinochet, qui l'avait rendue infâme aux yeux des électeurs. DECOIFFER LES KEPIS La lutte a toutefois été serrée. Selon les premiers dépouillements, l'écart est mince, bien que net, entre les deux hommes. Sebastian Pinera emporte l'élection avec 51,87% des voix, contre 48,12% à son rival (résultat sur 60% des bureaux). Eduardo Frei, lui-même ancien président, a notamment souffert de son manque de charisme. Le scepticisme des Chiliens sur le bilan du gouvernement de coalition a fait le reste. Frei a reçu des renforts de dernière minute avec le ralliement tiède du candidat non aligné, le cinéaste Marco Enriquez-Ominami. Mais ça n'aura pas suffi pour barrer la route du fringuant milliardaire. Pour réaliser ce tour de force, Sebastian Pinera a dû faire bouger les lignes dans son propre camp, et prendre ses distances avec la vieille garde toujours dans l'ombre du dictateur défunt. Formé à l'université de Harvard, il a rompu avec la culture du militarisme. Il a entre autres su convaincre sur des questions de société symboliques, quitte à décoiffer quelques képis, comme l'admission des homosexuels dans l'armée. La gauche reconnaît donc ce soir sa défaite, et prépare la revanche, où elle espère récupérer sa plus forte carte : Michelle Bachelet.
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