Les premiers enterrements ont commencé hier à Jos, dans le centre du pays. Plusieurs centaines de personnes, toutes chrétiennes, ont été massacrées ce week-end par des musulmans. L'armée est sur place depuis, pour tenter d'éviter la surenchère... Et se retrouve critiquée, pour ne pas avoir su anticiper un massacre annoncé.
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Dans un silence... de mort. A Jos, au centre du Nigeria, une foule s'est massée devant la vaste fosse, creusée à la hâte pour accueillir les victimes du massacre du week-end. Combien sont-elles, ces victimes ? Difficile à dire : la police parle de 109 morts - un chiffre authentique et incontestable, selon elle - , les ONG de plus de 200, et les autorités locales de 500 morts.
Seule certitude, toutes les victimes sont chrétiennes. Tuées par des groupes musulmans dans la nuit de samedi à dimanche. Un déferlement de violence gratuite. Une “atroce violence”, selon les mots du Pape aujourd'hui.

Chrétiens contre musulmans, l'affrontement ne date pas d'hier. Il y en a eu en 2001 (un millier de morts), puis en 2008 (700 morts, selon Human rights watch) ; enfin en janvier dernier (326 musulmans tués, selon un bilan officiel).
_ A chaque fois, le même cas de figure : le nord du Nigeria applique la charia ; le sud est chrétien. Le centre du pays se retrouve fort logiquement entre les deux.
Au début du XXe siècle, les colons britanniques ont fait venir de la main-d'œuvre du nord, des ethnies Fulani et Haoussa, musulmanes. Trois générations plus tard, celle-ci est toujours sans terre... qui reste aux mains de l'ethnie Berom, majoritairement chrétienne. Situation insoluble...
L'armée nigérianne a été placée en alerte rouge, une fois de plus. Un couvre-feu a été décrété, de 18h à 6h, dans la région de Jos.
_ L'armée se retrouve d'ailleurs au cœur d'une polémique, accusée de ne pas avoir anticipé la flambée de violence. Le président par intérim, Goodluck Jonathan, a démis hier de ses fonctions son conseiller national pour la sécurité. Pas sûr que cela suffise.
Guillaume Gaven, avec agences