Selon une ONG guinéenne, il règne dans la capitale du pays {"une psychose liée à la présence des militaires"}, au lendemain d'une manifestation de l'opposition réprimée dans le sang, qui a fait près de 160 morts.
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"Il y a véritablement une psychose liée à la présence des militaires, la ville est devenue une ville morte", a déclaré la présidente de la fondation Colle, basée à Conakry, un organisme qui s'occupe des jeunes et femmes en difficultés. D'après cette responsable, "il y a eu encore des exactions dans les quartiers aujourd'hui". Hier, les forces de sécurité guinéennes ont violemment réprimé une manifestation de l'opposition à Conakry et ont tiré à balles réelles pour disperser des dizaines de milliers d'adversaires du régime qui s'étaient réunis dans le stade du 28-Septembre, tuant 157 personnes et en blessant plus de 1.200, selon l'organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH). De son côté, Médecins sans frontières fait état d'hôpitaux débordés par l'afflux de blessés. Un militant des droits de l'homme, a déclaré avoir vu des dizaines de corps sans vie gisant dans le stade après la dispersion de la foule. "Les soldats ont ouvert le feu sur les gens et ceux qui tentaient de s'enfuir (du stade) ont été rattrapés et achevés à la baïonnette", a-t-il rapporté. Il a également confirmé de nombreux témoignages relatant des actes de barbaries : "J'ai vu des soldats déshabiller des femmes, leur écarter les jambes et les frapper à coups de botte dans les parties intimes." Plusieurs mois de tension Ces violences sont les plus sanglantes depuis la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara lors d'un coup d'Etat le 24 décembre 2008 après le décès du président Lansana Conté. Elles font suite à plusieurs mois de contentieux entre le chef de la junte et ses opposants qui le soupçonnent de vouloir renoncer à sa promesse de restituer le pouvoir aux civils et de se présenter à l'élection présidentielle prévue le 31 janvier. La communauté internationale avait accru dernièrement ses pressions pour l'en dissuader. Paris hausse le ton La France a dénoncé une "répression sauvage et sanglante" et a annoncé la suspension immédiate de la coopération militaire et le réexamen de son aide bilatérale. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a aussi annoncé qu'une réunion de l'Union européenne se tiendrait demain à Bruxelles pour "examiner des mesures complémentaires, notamment individuelles". Condamnant également les violences, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a demandé la création d'une commission d'enquête internationale, avec le concours de l'Union africaine et des Nations unies, pour identifier les responsables et prendre les mesures nécessaires. Anne Jocteur Monrozier, avec agences
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