Le Rwanda entend mettre en exergue "la faillite de l'humanité" en 1994 à l'occasion de la commémoration demain du 15ème anniversaire du génocide. Environ 800.000 personnes, essentiellement d'ethnie tutsie, avaient été massacrées en une centaine de jours.
Edmond Niyonsaba , survivant du génocide dans l'église de Nyanza, en 2004. © © REUTERS/Radu Sigheti Radio France
La cérémonie nationale se déroulera dans un lieu hautement symbolique : Nyanza, une colline de Kigali où des milliers de personnes qui s'y étaient réfugiées furent massacrées le 11 avril 1994 après le retrait du contingent belge de la force de l'ONU au Rwanda qui les protégeaient contre les tueurs. Le gouvernement belge avait décidé de rapatrier ses troupes de la force de l'ONU après que 10 de ses para commandos eurent été tués le 7 avril 1994 par des éléments de l'armée régulière rwandaise. A l'occasion de ce 15ème anniversaire, tous les Rwandais dans leur communauté sont appelés à "s'approcher des rescapés, pour leur manifester un soutien moral et psychologique", indique la ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, Louise Mushikiwabo. C'est pour la ministre, l'occasion de jeter "un regard rétrospectif" pour évaluer le pas franchi depuis juillet 1994. Cet anniversaire est par ailleurs dédié par les autorités rwandaises à "la lutte contre le négationnisme et le révisionnisme" . Quinze ans après le génocide rwandais, des centaines d'acteurs présumés des massacres qui ont fait 800.000 morts échappent à la justice internationale, ayant trouvé refuge en Belgique, au Canada, en France, au Kenya ou encore en République démocratique du Congo (RDC). Formellement recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), ou soupçonnés par les familles de victimes, ces hommes et femmes vivent sous de fausses identités ou au grand jour, parfois avec le statut de réfugié politique. En France, des familles de victimes ont déposé en mars 2008 une plainte contre Agathe Habyarimana, la veuve du président Juvénal Habyarimana, tué dans l'attentat contre son avion à l'atterrissage à Kigali, le soir du 6 avril 1994. Selon le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, Mme Habyarimana aurait participé à la "planification, à l'organisation et à la direction du génocide". Paris lui a refusé le statut de réfugiée politique, mais elle réside toujours en région parisienne sans être inquiétée. Caroline Caldier, avec agences
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