Omar el-Béchir a été placé sous mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Il s’agit du premier mandat de la CPI contre un chef d’Etat. De son côté, Omar el-Béchir affirme que cette décision est sans valeur.
Le président soudanais inaugurait hier un barrage au nord du pays. © © REUTERS/Zohra Bensemra. Radio France
La Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, mais l'accusation n'a pas retenu l'inculpation de génocide. Les rebelles darfouris se félicitent de cette annonce mais le ministère de la Justice soudanais a déclaré que le pays ne coopèrera pas avec la CPI. De son côté, le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo estime que le Soudan est obligé d'exécuter ce mandat d'arrêt. La polémique est donc loin d'être terminée. Dès hier, Omar el- Béchir lui même a prévenu que la décision de la CPI n'aurait "aucune valeur". "Elle ne vaudra pas l'encre avec laquelle elle aura été écrite" a-t-il déclaré. Pourtant le procureur n'en démord pas"Nous avons plus de trente différents témoins qui diront comment il a tout dirigé et contrôlé", a-t-il dit. Il avait demandé aux juges, le 14 juillet dernier, d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais. Le procureur estime Omar el-Béchir pénalement responsable du crime de génocide des ethnies four, masalit et zaghawa, et l'accuse également d'être responsable de meurtres, extermination, transfert forcé de population, torture et viols, constitutifs de crimes contre l'humanité ainsi que de pillages et d'attaques, des crimes de guerre. Selon l'ONU, la guerre au Darfour, a fait depuis 2003 plus de 300.000 morts. Un chiffre contesté par Khartoum qui parle de 10.000 morts. La CPI avait en mai 2007 émis des mandats d'arrêt pour crimes de guerre et contre l'humanité contre le ministre soudanais des Affaires humanitaires Ahmed Haroun et le chef de milice pro-gouvernementale janjawid Ali Kosheib. Mais Omar el-Béchir a toujours refusé de les extrader. La CPI ne dispose d'aucune force de police propre et dépend de la volonté des Etats pour l'exécution des mandats d'arrêt.

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