Il était, certes, l'un des responsables de France Info. Mais Francis était aussi -surtout ?- l'âme et la mémoire de cette maison, qu'il avait contribué à créer en 1987. Il aimait par dessus tout quand l'actualité s'emballait, nous obligeant à bouleverser la grille des programmes de France Info. Evénements internationaux, actualité politique, mouvements sociaux, compétitions sportives : il traquait, dans le flux quotidien des informations, ce qui pouvait donner lieu à une édition spéciale, ces moments où selon lui la radio prend sa véritable dimension.
Francis Tyskiewicz © Radio France Christophe Abramovitz
Francis allait avoir 57 ans. Toute la rédaction de France Info pense à sa compagne Virginie, à ses enfants François, Céline et Zoé, et à toute sa famille.
Disparition de Francis Tyskiewicz : ceux qui l'ont connu se souviennent (au micro de Catherine Pottier)
L'hommage de ses collègues et amis :
- Jean-Luc Hees, président de Radio France :
Francis
Tyskiewicz aurait eu 57 ans le 3 février prochain.
Il nous a quittés la nuit
dernière et c’est un immense malheur.
Pour les siens : sa compagne, ses
enfants, ses petits-enfants, sa mère. Et puis, très égoïstement, pour nous tous.
Le choc est tellement inattendu que nous restons sidérés et terriblement
tristes.
La rédaction de France Info pleure un ami, un confrère.
Un homme
qui vivait pour son métier grâce à l’humour, cette politesse du désespoir paraît-il.
Au delà de l’équipe de Philippe Chaffanjon, c’est toute la famille
Radio France qui est en deuil et en grand chagrin.
Depuis deux ans et demi,
après une carrière exemplaire au sein du groupe, à France Bleu et à France Info,
Francis occupait le poste de Directeur adjoint de notre chaîne d’information,
dont il était le Directeur de la rédaction.
Radio France présente ses
condoléances à la famille et aux innombrables amis de Francis. Les journalistes
de notre maison, qui aimaient Francis depuis 32 ans, ont besoin de votre soutien
et de votre affection.
- Grégory Philipps, envoyé spécial permanent à Jérusalem :
Francis,
J'ai eu la chance de travailler à tes côtés, jusqu'au printemps dernier. Je me souviens comment dans ton bureau (toujours ouvert), je t’écoutais imaginer tel ou tel projet de reportage, souvent des trucs un peu dingues et qui au final faisaient, comme tu disais, de la "belle radio".
Après le passage de Katrina en Louisiane, je t’entends encore : "t’irais pas faire Mardi-Gras à la Nouvelle Orléans, et si il y a pas d’hôtel on te trouvera un camping-car ?" Ou lors d’un hiver particulièrement vigoureux : "ça te dirait pas de partir là, maintenant, dans le Cantal, dans des villages isolés par trois mètres de neige. Et si la voiture de location n’a pas de pneus neige, et bien tu nous raconteras ça à l’antenne !" A chaque fois, ça te faisait marrer de nous voir partir en reportage. Et nous on était heureux de concrétiser tes idées à l’antenne. Je pense très fort à toi et à toute la famille d’Info.
- Hélène Lam Trong, journaliste à France Info :
- Pascal Delannoy, ancien directeur de France Info :
Francis,
Une première rencontre -un premier souvenir dans une liste si longue- quand dans les derniers jours de mai 87 nous préparons, dans la fébrilité , la naissance de France Info. Merci à Jérôme Bellay; grand chef d'orchestre, de nous avoir demandé, à l'un et à l'autre, de rejoindre la belle formation qu'il a décidé de créer. Dès le lundi 1er juin nous le ressentons immédiatement : la musique qui se penche sur ce berceau est belle. Nous ne savions pas encore qu'elle sera -oui j'ose le dire - magique...
Les années qui ont suivi nous ont comblé. De succès en épreuves, dans un effort permanent, nous avons vibré, avec toute l'équipe, pour que l'aventure soit exemplaire…Elle l'a été. Elle le reste.
Compagnons de fortune, souvent, d'infortune parfois, nous avons partagé la même passion pour l'info, pour nos auditeurs et pour la vie, avec en prime, nos éclats de rires...
Devant moi, ce sale lundi matin, la belle photo de l'une de nos campagnes de pub : un astronaute se promène tout là haut. "Pourquoi être partout ?" proclame l'affiche, et la réponse : "France Info, pour gagner son temps".
Prends ton temps, Francis, là où tu es désormais. Je te souhaite de poursuivre ta route dans un ciel aussi bleu.
- Cécilia Arbona, grand reporter à France Info :
de cette disparition. Je me permets de vous demander, parmi les
nombreux messages de sympathie que vous aurez reçus, d'être mon
intermédiaire auprès des personnels de Radio France en général, et de France Info en particulier pour dire toute la tristesse que m'inspire
ce décès. Je partage profondément votre chagrin, et les étapes d'un
long deuil qu'il faudra pour que la figure de cet homme si attachant
trouve sa place désormais dans nos mémoires et nos coeurs.
- Anne de Freitas, attachée de production à France Info :
De doux souvenirs… Ta fantaisie et, parfois, ton air sérieux…De belles aventures radiophoniques débutées en région parisienne, étendues à la France puis à l'international...
Tu vas me manquer pour continuer ces tours du monde des vies, de la vie...
- Patrick Lallemant, ancien rédacteur en chef à France Info :
Francis,
Je me suis longtemps demandé par quoi commencer. Jusqu'à ce que quelqu'un évoque la "lueur amusée" dans ton œil. Et, finalement, il est sans doute là le fil rouge de nos trente ans communs : dans la petite lueur amusée de ton regard. C'est en tout cas ce qui, à mes yeux, te représente le mieux, ce qui illustre le mieux nos innombrables, interminables et invraisemblables délires et rigolades. Et c'est comme ça que je t'imagine encore en train de nous contempler, élégant, avec une petite lueur amusée dans les yeux.
Mais pour le coup, la mienne est un peu noyée aujourd'hui. J'ai du mal à me dire que je n'entendrai plus tes "ma poule" et autres "elle est top", que nous ne commenterons plus les situations du RC Lens et de VA, que tu ne me donneras plus de nouvelles de la radio que j'aime encore si fort, que nous n'enflammerons plus les dance floors de nos arabesques chaloupées, qu'on ne fera plus de bowling, que tu ne me planteras plus en slip de bain sous la pluie à Monaco, que nous ne boirons plus de mauresques, qu'il n'y aura plus de tarot, que nous n'expliquerons plus les accords de Schengen à trois heures du matin, rue de la Roquette, en nous faisant passer pour des douaniers, que nous n'échangerons plus de polars, que nous ne chercherons plus ta voiture pendant trois jours après une fête, que tu ne te moqueras plus de mes chemises ou de mes coupes de cheveux...
Au-delà de mon chagrin, il y a Virginie et Zoé. Elles peuvent compter sur nous, comme Céline et François s'il et elle le souhaitent. Tu étais mon ami, mon frère, et ça fait mal.

Le jeune reporter Francis Tyskiewicz interviewe le candidat François Mitterrand, lors de la campagne présidentielle de 1981 © Radio France
- Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info :
Évidemment, les mots me manquent, cher Francis. De l’extérieur, France Info ressemble à une machine à débiter de l’info, inlassablement, sans commentaire personnel, presque sans affect. De l’intérieur, c’est une vraie famille, une chaleur humaine, du plaisir à travailler, à se retrouver ensemble, à rire, à s’accrocher parfois, puis à se moquer de nous-mêmes, à faire notre métier en somme, avec passion, mais sans trop se prendre au sérieux, avec humilité et ambition à la fois.
Cet état d’esprit, Francis l’a modelé depuis les débuts de France Info, avec son œil malicieux, ses imitations si justes et si drôles, et puis son flegme pendant les spéciales. Il organisait l’improvisation du direct sans s’énerver, avec juste cette dose d’excitation qui nous entrainait tout en rassurant. Tys a semé cet état d’esprit, il refleurira toujours. Nous avons tellement de chagrin, pour lui, pour Virginie, pour ses enfants, pour sa maman, pour nous. Mais nous allons tous nous serrer les coudes, parce que grâce à Francis et Pascal, avec Philippe aujourd’hui, cet état d’esprit est ancré en nous.
- Valéry Lerouge, France 2, ancien de France Info :
Francis,
Voilà plus de 4 ans que j'ai quitté France Info, et curieusement je me sens orphelin ce soir. Je ne suis pas le seul. Tu étais certes un bon chef, mais tu étais plus que cela : le ciment d'une équipe, le patriarche d'une grande famille, l'animateur au sens étymologique-celui qui donne de l'âme- à une radio. La confiance que tu nous accordais nous poussait à nous dépasser. Tu es le premier à m'avoir donné ma chance sur "Info" et donc dans ce métier. Je ne l'oublierai jamais. Quand j'étais en petite forme, tu me répondais malicieusement "tu t'écoutes trop, Lerouge"... Mais ce soir, je t'assure que ça n'est pas feint : j'ai vraiment mal. Mal au coeur.
- Philippe, journaliste à France Info :
Pour qui témoigne-t-on, pour soi, pour les autres, pour celui qui est parti ? Toujours est-il que je veux aussi soulager mon coeur et que j'aimerais te dire un mot de cette toute première cuite, secrète, bien avant mes premiers pas à Info. Nous nous sommes marrés comme des baleines pendant des heures, en se foutant pas mal de qui nous pouvions être dans "le civil", réunis par hasard à un moment parfait pour cela. Puis tout s'est évaporé, jusqu'au nom de la personne qui nous avait fait nous rencontrer et dont j'essaie de retrouver le nom depuis un an et demi. Tu vas rire, je m'en suis enfin souvenu ce soir. J'aurais aimé te taper sur l'épaule et te le dire, mais tu l'as certainement oublié toi aussi. Le lendemain soir tu m'as appelé d'un bar, la rumeur couvrait presque ta voix, nous devions nous rejoindre et puis... je ne sais plus trop. Depuis deux Francis cohabitaient, à la radio et dans ma mémoire, un peu comme quand on a rêvé de quelqu'un et qu'on le croise le lendemain matin. A sa manière, le second, celui qui avait les habits de l'autorité et de la sagesse, était également furtif. Croisé souvent, l'oeil pétillant ou taiseux, et capable comme personne de mots justes, quand il le fallait. Je garde les derniers que tu m'as dit très précieusement. Je n'oublierai pas. Je ne t'oublierai pas.
- Jocelyne Jean, journaliste au service des sports de France Inter :
Son œil pétillant, un sourire ironique jamais loin, cette façon de tirer, l'air de rien, le meilleur de vous. Les souvenirs affluent , joyeux, parties de bowling qui se terminent en chorégraphie de clodettes, tennis mémorable, rigueur et inventivité dans l'air conditionné glacial du média center des J.O de Pékin. Je pense à vous fort, amis d'Info, vous qui allez devoir continuer sans lui.
- Bernard Lehut, RTL :
J'ai connu un Francis d'avant le journalisme. C'est celui que je souhaite évoquer aujourd'hui. Nous sommes nés à une rue de distance dans la même petite ville du Nord, Escaudain, au pied des derniers chevalets de mine et des terrils. Francis était mon aîné de 2 ans. Nous avons fréquenté les mêmes écoles puis nous sommes entrés aux Éclaireurs de France, lui toujours devant, moi toujours derrière. En contrebande des chants de veillée, Francis fut, entre autres souvenirs, mon initiateur à la pop et à la musique psychédélique de ces années-là. Impossible, encore aujourd'hui, d'écouter "Ummagumma" ou "More" des Pink Floyd sans entendre ses commentaires enthousiastes. "Le grand frère" de la rue d'à côté est vivant...à jamais.
- Anne Brucy, directrice du réseau France Bleu, et ses équipes:
Nous avons tous été abasourdis par la disparition de Francis. Ses qualités professionnelles et humaines sont unanimement reconnues et appréciées a France Bleu où il a laissé de beaux souvenirs partout où il est passé. Comme vous, nous pleurons la perte d'un être cher.
Nous le regretterons et nous sommes de tout cœur avec vous.
- Yves Le Rolland, producteur à Canal + :
On n’a jamais bossé ensemble. Dommage. Mais beaucoup plus important encore, on a passé tellement de soirées à se marrer, à refaire le monde , à se moquer des journalistes, des humoristes, des politiques, des prétentieux, des incompétents, de nous-mêmes, de la vie quoi !! Mais là, t’as poussé le bouchon un peu trop loin pour moi, alors laisse moi encore un peu de temps et je te promets que quand j’arrive on recommence comme avant. Et cette fois-ci on s’attaquera au paradis !
- Frédéric Métézeau, journaliste au service politique de France Culture :
Mon premier contact avec Francis fut un entretien d'embauche. Il dirigeait l'information de France Bleu et, une fois intégré à France Bleu Nord, il m'avait dit "tu vas voir, c'est bien cette région". Mon dernier échange fut porte B vendredi dernier, je retournais en reportage à Lille et il m'avait dit "tu as de la chance, ça va être bien". Entre ces 9 ans, quelques cafés, quelques échanges, quelques discussions sur sa région de naissance devenue ma région d'adoption. Comme tant de gens du Nord il était ouvert drôle et pudique. J'adresse toute mon affection à ses amis du Nord, de Fréquence Nord, de France Info et de partout ailleurs. Et surtout à sa famille.
Avant de diriger France Info, Francis Tyskiewicz en avait été l'un des reporters. Ici lors des JO d'Atlanta, en 1996
- Michel Polacco, secrétaire général de l'information du groupe Radio France :
On déjeunait ensemble mi-janvier. On se voyait au moins une fois par semaine. On avait le goût du rire, mais lui le talent. Il semblait aimer la vie, et en rire mieux que moi. La radio va être moins drôle. Et les mauvais moments seront plus difficiles à passer. Adieu l'ami!
- Jérôme Bertin, ancien présentateur à France Info :
Je suis ému d'apprendre le décès de Francis Tyskiewicz. J'ai commencé à présenter le journal sur cette antenne sous sa responsabilité, en 1994. Et je me souviens de sa gentillesse, son humour et son exigence. Un jour, pendant les attentats à Paris, j'avais un peu perdu les pédales lors d'un rappel des titres particulièrement stressant. J'étais allé trop vite et avais donné une mauvaise information. Une erreur professionnelle de jeunesse qui aurait pu me valoir d'être viré. Il est gentiment venu me voir dans le studio, m'a regardé pour me faire comprendre qu'il avait entendu. J'ai senti mon sang se glacer, persuadé que j'allais être viré en sortant du studio. Il m'a alors fait un clin d'oeil et un grand sourire. Et derrière, il m'a expliqué avec la plus grande gentillesse que, même sur France Info, il vallait mieux attendre d'être sûr de l'info plutôt que de vouloir être le premier à la donner et risquer se tromper. Une grande leçon dont je me suis souvenu chaque jour que j'ai exercé ce métier. Je n'ai jamais oublié cet instant où ce grand Monsieur aurait pu tirer un trait sur ma carrière de journaliste. Je pense à lui, à sa famille et à tous ceux qui l'ont connu professionnellement et qui l'admirent.
- Philippe Périlhou, rédacteur en chef à France Info :
Encore aujourd’hui, les mots me manquent. Qu’aurait été cette radio sans ton flair incroyable et cette anticipation de l’actu qui était ta marque de fabrique ? Hier matin, avant d’apprendre la terrible nouvelle, je t’avais imaginé à la conférence de rédaction, t’interrogeant sur l’éventuelle couverture de l’épisode neigeux qui allait toucher le centre de la France. Quel angle original allais-tu nous trouver ? Dans quel village isolé allais-tu envoyer un reporter ? Tu auras toujours su garder ce souci des régions, des "vrais" gens, de leurs vrais problèmes. De la vraie vie en somme.
Tel un capitaine, tu étais là pour nous faire garder le cap en cas d’égarement. Tu savais distiller de précieux conseils et trouver à chaque fois les mots qui rassurent. Qu’il est difficile d’imaginer le long couloir de France Info sans t’y voir déambuler, avec ton flegme apparent, les lunettes coincées sur le bout du nez, l’œil malicieux de celui qui s’apprête à faire ou à dire une bêtise. Ton humour souvent noir et décapant, tes histoires, tes imitations nous manqueront. C’est un vide immense.
- Raphaël Ebenstein, présentateur à France Info :
Salut Francis, difficile d'imaginer France Info sans toi, sans tous ces rires et ces déconnades, sans ta présence rassurante en régie lors des grands événements (je me souviens encore par exemple de l'élection d'Obama), bref sans ce côté sérieux qui ne se prenait pas au sérieux. Si apprécié de tous.
Salut Francis, tu vas vraiment me et nous manquer.
- Jean-Philippe Deniau, chef du service "Police-Justice" de France Inter :
Ses qualités de journaliste et de "manager" de rédaction étaient à la hauteur des hommages qui lui sont rendus. Sa disparition brutale est d'autant plus difficile à admettre. Même pour les "anciens" d'Info.
- Alain Pagès, rédacteur en chef à France Info :
Francis,
Ton professionnalisme tout en diplomatie et humanisme
Ta lucidité sur le monde médiatique sans sombrer dans le cynisme
Ton humour ravageur avec tes imitations inimitables
Ta pudeur cachée derrière tes pirouettes verbales
Vont me et nous manquer à jamais
- Antoine de Galzain, directeur de France Bleu 107.1 :
- Fabrice Rigobert, journaliste au service des sports de France Info :
Francis a accompagné mes premiers pas à France Info à l'occasion d'un remplacement d'été au service des sports il y a 12 ans. Intimidé dans un premier temps, je suis ensuite rapidement tombé sous le charme de ce personnage de radio hors norme, sur le plan humain comme professionnel. Sans se prendre trop au sérieux, il a toujours su nous guider. Il savait prendre le pouls de l'actualité et de la rédaction tout en restant à notre écoute, disponible. Un véritable moteur. Il incarnait France Info. Son enthousiasme, son rire, son humour, sa façon de raconter, de retranscrire des conversations, lors de ses fréquents passages au service des sports, ses nombreuses références à sa région d'origine (et au RC Lens!), me manqueront.
Il me manquera tout simplement.

. © Radio France Christophe Abramovitz
- La rédaction du Mouv' :
C'était mon ami, mon pote jusqu'au bout... Et aujourd'hui un immense vide. Solide en amitié, solide à la radio. Bien sûr, il a fait beaucoup pour France Info, il a surtout fait beaucoup pour nous tous individuellement. Une grande humanité !
Car bien sûr il connaissait par cœur la mécanique de la radio, mais il était attentif à chacun, attentif aux rapports entre les gens. Des idées, de la réactivité, de la simplicité, une autorité incontestée sans jamais un coup de gueule, de l'humour, de la dérision. Le talent !
Il allait au bout de l'info comme il était capable d'aller au bout de la nuit, pour revenir très vite à l'info, et cette interpellation au copain d'escapade (ou d'embuscade) pour lui rappeler qu'il était avant tout journaliste à France Info : "t'es pas d'dans là !". Ne jamais laisser transparaitre la moindre fatigue, le moindre état d'âme. L'élégance !- Raphaëlle Duchemin, présentatrice à France Info :
C'est si rare pour un journaliste de rester sans voix, de ne pas trouver les mots... Comment dire adieu à un ami quand il s'en va si brusquement ? Comment dire qu'il y avait encore tant de choses à faire ensemble, à partager... des rires et des galères ? On est tristes que tu sois parti. C'est peut-être la seule chose qu'on ne te pardonnera pas. On dit souvent que nul n'est irremplaçable dans une machine à info comme la nôtre ; aujourd'hui je crois qu'on sait tous que c'est faux. On est orphelins mais on va continuer à faire ce qu'on sait faire de mieux : de la radio, en ayant toujours, toujours, une pensée pour toi. Salut Francis. Tu nous manques déjà.
- Benjamin Mathieu, attaché de production à France Info :
Il aimait la presse, comme beaucoup, il aimait feuilleter son journal, et c’était toujours le début de la journée, et le début d’une aventure. Francis, vous ne le connaissiez pas. Francis, il était là, et il n'est plus là. Francis, c'était France Info, et parce que des Francis, on n'en connaît qu'un dans sa vie, on est triste ici à France Info. Et triste, c'est rien de le dire. Bien sûr, il nous aurait dit, l’air faussement agacé, "bon, y'a plus grave". L’œil qui pétille et la lèvre qui frise.
Il nous aurait dit "ça n’intéresse personne… Fais autre chose…" Non Francis, désolé, pour une fois tu te trompes, y'a pas plus grave.
Toi aussi, Francis, tu commençais ta journée avec les journaux, tout le tas de journaux sur ton bureau, que tu épluchais du bout des doigts, l’air méfiant, comme si ça allait te brûler, toujours peur de te faire avoir, ou de rater un truc, et ça te faisait rire ou râler, Francis. Tu cherchais le truc, le truc pas vu, la petite info bas de page, celle qui en dit plus long, celle qui nous faisait rire ou râler avec toi. Tellement rire…
Et surtout, en premier, Francis, tout en haut du tas de journaux, toujours, il y avait l'Equipe. Parce que l'équipe, pour toi Francis, c'était la vie : l’esprit d’équipe, notre vie avec toi ici à France Info ou en dehors, et ça faisait un bail avec toi. L’équipe d’abord, c’était comme une équipe de foot ou comme sur un bateau, la vie des équipiers d’abord, ceux qui se serrent les coudes quand ça va mal. Bon, hier, tu es passé par dessus bord, et le reste de l'équipe t'as cherché Francis. Tu n’es plus là mais toujours là, à ta place. Ce matin, comme tous les matins Francis, tu fais ta revue de presse. Là dans le bureau pas loin, ton tas de journaux t'attend. Au-dessus donc, comme tous les matins, il y a l'Equipe. Et ça te fait rire, non d’ailleurs, tu étais plutôt le genre à sourire, oh à peine, mais là dans le bureau pas loin, tes yeux pétillent, avec ce titre de l’Equipe rien que pour toi ce matin Francis : il y a le mot "paradis". Cela parle de tennis, et ce que ça veut dire, pour une fois, franchement Francis, ce matin, on s'en fout.
Alors oui Francis, tout à l’heure en arrivant, tu ne vas rien dire, mais comme d’habitude, en passant comme une ombre, l’air de rien, comme tous les matins depuis toujours, juste un regard, on va se comprendre, comme d’hab, tes yeux qui pétillent comme toujours.
- Aurélia de la Tuillerie, technicienne à France Info :
J'ai partagé plein de moments chouette avec Francis et je suis vraiment très triste de son "départ" et en même temps très heureuse de l'avoir connu. Je n'ai qu'un truc à dire : "Avec qui je vais rire maintenant ?"
Disparition de Francis Tyskiewicz : ceux qui l'ont connu se souviennent (au micro d'Olivier De Lagarde)
- Ilana Moryoussef, envoyée spéciale permanente à Moscou :
Pour moi, Francis est lié à jamais aux éditions spéciales qu'il orchestrait avec une aisance déconcertante, sans jamais perdre son calme, même dans les moments de grand stress. Et toujours cette lueur amusée dans l'oeil, cette façon de signifier :"Je fais ce métier sérieusement, mais je ne me prends pas au sérieux". Il avait cette qualité très rare chez les dirigeants : il savait se faire obéir sans jamais donner l'impression de donner un ordre. Il va nous manquer terriblement.
- Emmanuel Davidenkoff, chroniqueur à France Info :
Francis, on se croisait plus qu'on ne travaillait ensemble. Pour autant, ton regard m’était précieux, quand on se saluait, toutes ces années, ce regard pétillant, présent, encourageant, ce regard aussi qui disait "fais les choses sérieusement, mais ne te prends pas trop au sérieux". Un regard pour qu'on soit des journalistes dignes, au service des auditeurs, des journalistes respectueux et respectables. Humains. Je n’oublierai pas.
- Henri Stassinet, directeur de France Bleu Gascogne :
- Mathilde Lemaire, journaliste à France Info :
Un sourire contenu, une lueur pleine de malice dans le regard. Tu avais cet air amusé, presque enfantin que tu dissimulais à peine au moment de proposer un reportage comme on présente une surprise. Il faut dire qu’il y avait de la malice aussi dans tes idées de sujet, tes angles décalés. Si on adhérait, si on embrayait, alors c’était bon… Et on embrayait tous, contents de donner forme à ce que tu imaginais. Tu voulais quelque chose de différent de ce qu’on entends, de ce qu’on lit ailleurs… Et tu avais raison. Promis on va essayer de continuer mais ça ne va pas être facile. Il y avait les silences que tu observais entre tes phrases quand tu venais dans les couloirs raconter la dernière situation cocasse arrivée à l'un d’entre nous. Tout en imitation bien sûr ! Tu ménageais ton effet... pour nous faire rire. Cela marchait et tu aimais ça. Cette fois le silence est tellement plus long tellement plus lourd. Je suis contente d’une chose aujourd’hui, c’est de t’avoir connu, Francis. Je pense fort à ta famille, à Virginie.
- Patrick Boyer, France Inter, ancien de France Info :
Rencontrer un directeur qu'on respecte, qu'on admire et qu'on apprécie, ça a été une chance, chance bien trop brève à mon goût, il restait tant à partager, apprendre et toujours rire. Tu laisses un vide immense, ainsi qu'un sentiment de pas assez. Encore des idées, de
l'intelligence et de l'écoute. Encore de l'ouverture d'esprit, de la
passion et de la raison. Nous allons donc nous souvenir de tes allées
et venues dans la rédaction où de ton regard taquin tu cherchais la
nouvelle proie de ta dernière blague. Ta dernière blague va me
manquer.
Sois heureux, tendrement.
- Karine Duchochois, chroniqueuse à France Info :
Francis,
Je garderai de toi le souvenir d'un homme discret et mystérieux,
mais surtout le souvenir d'un homme gentil, généreux, qui avait beaucoup d'humour. Comme le chantait Enrico Macias, "les gens du nord ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors". C'était toi, ça... Ton cœur était rempli de ce soleil.
Nous ne t'oublierons jamais. Repose en paix.
- Fabienne Bureau, rédactrice en chef de France Bleu Maine :
Je me souviens de ton regard pétillant, gourmand, sur les gens et le monde, d'une effluve de parfum poivre dans l'ascenseur, de tes lunettes en équilibre , de ta démarche presque aérienne quand tu traversais les couloirs, de ton imitation de Christian avec l'accent du Nord, de tes fous rires pudiques, de cette phrase murmurée :" t'as deux minutes ?" , qui promettait un beau reportage, de tes coups de coeur pour les paroles simples et authentiques des gens interviewés, de ta confiance en nous, de tes mots économes pour dire que ça t'avait plu, de ton enthousiasme, de ton écoute pour les idées même les plus saugrenues, de ton allure élégante, de la lumière dans tes yeux quand tu évoquais Zoé, de tes idées foireuses parfois que tu reconnaissais toujours après coup, de toi je me souviens Francis comme d'un phare...
Alors je suis un peu perdue aujourd'hui sans toi, mais je sais que ta lumière va continuer de m'éclairer longtemps... Et que tu es bien, à ta place, là où tu te trouves.
- Arthur Bédouin, assistant d'édition à France Info :
Mes pensées vont vers sa famille et vers l'équipe de France Info dont Francis est un des piliers fondateurs.
- Fanny Lechevestrier, France Bleu Ile-de-France :
Je ne travaille pas à France Info mais je pense très fort à vous. Je n'oublierai jamais que c'est Francis qui m'a donné ma chance de faire autre chose que du trafic en m'envoyant sur des opérations spéciales dont lui seul avait le secret.
Toutes mes condoléances à sa famille et à l'équipe de France Info.
- Célyne Bayt-Darcourt, présentatrice à France Info :
Francis,
c'est souvent quand les gens s'en vont qu'on se rend compte qu'ils étaient irremplaçables. Je le découvre depuis l'annonce de ton départ, qui nous laisse à tous un vide immense. Tu étais "l'idée", celle que personne ne trouvait et qui semblait tellement évidente une fois que tu l'avais lancée. Merci de la confiance que tu m'as accordée. Merci pour tes mots - rares et donc précieux - pour dire que tu étais content de ce que tu avais entendu à l'antenne. Merci pour ton humour inégalable. Merci de m'avoir poussée à donner le meilleur de moi-même. Merci pour ta disponibilité.
Ce sera très dur sans toi, j'espère que tu seras fier de nous.
- Eric Dussart, journaliste à La Voix du Nord :
C'est pas pour jouer au vieil ennuyeux, mais je peux dire qu'il y a trente ans, Tys était déjà un type bien. Et que c'est l'image qu'il a laissée ici.

Francis (à l'arrière sur le scooter) © Radio France Nathanaël Charbonnier
- Erik Kervellec, chef du service "Police-Justice" à France Info:
Vous savez, une rédaction, c’est en quelque sorte une seconde famille. Et cette famille là - celle du travail –finalement on peut la trainer toute sa vie comme un boulet ou en être fier… Ici à France Info, c’est la seconde option qui marche, pour le plus grand nombre d’entre nous. Coup de chance ? pas vraiment. Pour qu’une famille fonctionne, il lui faut en son centre quelque chose qui ressemble plus ou moins à un pilier, autour duquel tout se positionne. Et dans notre famille à la radio, c’est Francis qui faisait ça, le "pilier". Merveilleusement ; dans l’ombre, en ayant l’air, toujours, de prendre ça à la légère.
Maintenant, c’est sans lui…et cette tribu-là se sent orpheline. Il disait souvent sur le ton de la plaisanterie : "Vous verrez, quand je ne serais plus là"… Voilà. On voit. Tu nous manques cruellement, Tys.
- Valérie Le Nigen, journaliste à France Bleu Breizh Izel :
- Sébastien Baer, grand reporter à France Info :
Ces images, comme un flash-back… 11.09.2001. Francis, aux commandes, casque sur les oreilles, en régie. A New-York, le premier avion vient de heurter la Tour nord du WTC. Francis a surgi de son bureau. Le cerveau en ébullition, il passe les commandes, pilote ses troupes, tel le capitaine d'un vaisseau-amiral. En régie, il réceptionne les appels téléphoniques des témoins, il commence à construire la grille de ce qui deviendra, quelques minutes plus tard, une Edition spéciale. En parallèle, Francis organise le départ des reporters de France-Info à New-York. Tout à la fois.
Dix jours plus tard, comme un air de répétition. 21.09.2001. Cette fois, c'est l'usine AZF qui est soufflée par une explosion à Toulouse. Bis repetita. Francis en régie. Grand manitou, grand timonier de France-Info.
Il y a aussi cette autre édition spéciale, montée en à peine une heure, un jour de finale de Coupe de France de football, en 2000. Le club amateur de Calais reçoit les pros du FC Nantes. On embarque à 4 dans une voiture, direction Calais. A 17h30, rien n'est encore organisé. A 18 h, les deux heures d'antenne en direct débutent. Sans anicroche. Beau souvenir de radio.
Francis, c'était le trait d'union de cette rédac, mille idées à la minute, c'est l'homme des coups de génie, des angles décalés… Son credo, sa passion, c'était qu'il fallait entendre les gens, au sens noble du terme, sans se contenter de donner la parole à tel ou tel expert. Avec, toujours, un regard unique et bien à lui sur l'actu.
Francis vous faisait vous surpasser. Il vous encourageait à donner le meilleur de vous-même, à avancer même quand vous aviez envie de reculer.
Sans jamais se départir de son calme, il n'était jamais aussi heureux que quand l'actualité donnait l'occasion à la machine de s'emballer. L'actualité, c'était son carburant. Francis fonctionnait au super.
- Antoine Leiris, journaliste France Bleu 107.1 :
Si une carrière tient à quelques lettres inscrites en bas d'une page, la mienne a commencé quand Monsieur Francis Tyskiewicz a apposé sa signature sur ma première convention de stage. Merci.
- Valérie Crova, envoyée spéciale permanente à Beyrouth :
Voilà que tu nous laisses là, sur notre îlot de tristesse. Par ces temps qui courent, pleurer son patron ! Tu auras réussi cela, et tant d'autres choses déjà soulignées ici. Passion, modestie, humour... Et la mélancolie au fond de ton regard.
Merci à toi.
- Anne-Sophie Dazard, assistante d'édition à France Inter :
Quelle épouvantable nouvelle, brutale, sidérante. Notre ami Francis !
Je pleure cette disparition. J'aimais beaucoup Francis, qui me faisait si souvent rire. C'est vrai qu'il avait cet humour bien à lui, "cette politesse du désespoir" qu'il partageait avec nous tous. Je garde de si bons souvenirs de lui, après 10 ans passés dans la bonne équipe de France Info. Je suis très triste. Bouleversée.
- Yves Izard, grand reporter à France Info :
La porte du bureau de Francis reste fermée, c'est la petite piqûre de rappel qui me ramène à la réalité. On ne peut plus se dire "ah il n'est toujours pas là, encore en réunion, il faut que je le voie"... pour quelques mots, mais essentiels "oui on va faire une spéciale , tu pars quand tu veux " ou "non, on va voir"... Et on voyait sans détour, puis chacun passait à autre chose. Et l'antenne pouvait s'accélérer soudainement pour une spéciale qui n'était plus de l'improvisation, mais de la haute voltige sans filet apparent. Peut-être que Francis nous imitait moins, mais c'était toujours irrésistible, il nous connaissait trop, nous qui sommes à France Info depuis les premières années. Peut-être faisait-il un peu plus dans l'autodérision… C'est terminé, et beaucoup trop tôt.
- Alain Massé, directeur délégué aux affaires internationales du groupe Radio France :
Francis s'est nourri de son métier de journaliste et des autres. Il nous a nourris de son humour et de son besoin d'échanger.
- Elisabeth Badinier, rédactrice en chef à France Bleu Roussillon :
C’était "Tys". Un conteur hors pair. Grande qualité pour un journaliste ? Sans aucun doute. Mais les histoires de Tys que l’on préférait sont celles lorsqu’il racontait à quelques-uns, sur le ton de la fausse confidence, au détour d’un couloir : la dernière blague qu’il avait faite à l’un ou l’autre d’entre nous, ou sa dernière imitation d’un confrère ou d’un ponte de la "maison ronde". C’était Tys. Conteur et imitateur hors pair.
Je le vois encore, la tête légèrement penchée en avant et sur le côté, les épaules légèrement rentrées et qui se soulèvent au rythme des spasmes de son rire contenu dans une moustache rasée depuis belle lurette. Mais ta dernière blague, elle n'est pas drôle, Francis.
- Rose Raguel, animatrice :
Dans cette période où France Info est très tristement endeuillé et humainement touché, mes collaborateurs et moi-même, extrêmement attristés par la nouvelle de la disparition de Francis TYSKIEWICZ, souhaitons vous manifester, ainsi qu’à sa famille, tout notre soutient et nos pensées les plus amicales . Les chargés de production et coordinateurs techniques de la DPA m’ont témoigné de l’attachement aussi bien professionnel qu’humain qu’ils avaient pour Francis et du lien amical qu’ils avaient tissé au fil de nombreuses années passées au sein de Radio France.
Au nom de la Délégation à la Production de la Direction de la Production et des Antennes, je tiens à rendre hommage au grand homme de radio qu’il a été et à sa personnalité si attachante. Je vous prie de croire à nos plus sincères condoléances.
Francis,
Difficile d’imaginer France info sans toi. Sans ton sens de l’info, incomparable. Sans ton regard aiguisé sur l’actualité. Sans ce don que tu avais pour monter une édition spéciale, d’une minute à l’autre. Sans cette assurance et cette maîtrise en régie, qui nous permettaient, à nous, présentateurs, de rester concentrés sur l’actualité. Et de gérer notre stress. Je me souviens de l’une de ces spéciales : j’étais partie à l’antenne avec la moitié du journal, le reste c’était "à l’impro". Ta présence en régie, de l’autre côté de la vitre, et tes conseils précis et précieux, glissés à mon oreille, dans le casque, m’ont permis de tenir bon et d’assurer une tranche correcte. Continuer à faire de la radio sans jamais oublier ce que tu nous as appris. C’est sans doute ce qu'on peut faire de mieux aujourd’hui. En essayant d’accepter ton absence.
- Denis Guey, rédacteur en chef à France Bleu Bourgogne :
J'avais connu Francis à Fréquence Nord, il y a 20 ans. On a bien ri avec lui, c'est sûr. Et l'amitié qui s'est construite dans ces années là entre les "anciens" de la radio du nord est toujours restée très forte et très particulière, intacte, il y a toujours eu un vrai lien entre nous.
Toutes mes pensées amicales à toute la rédaction. Je vous embrasse tous.
Info est une antenne qui exige à la seconde réactivité et efficacité.
Et qui n'autorise que très peu de temps pour décompresser. Mais on travaillait et on rigolait ("les pots du vendredi", c'est pas lui ?). L'ambiance à Info que tout Radio France nous envie (chaleureuse, conviviale)... je pense que ça vient de lui.
Francis était l'un de mes premiers rédacteurs en chef. Et un coordinateur hors pair. Il aimait Info, il savait gérer l'antenne, et ses équipes. Avec Francis à nos côtés, on savait qu'on serait efficaces.
Il était bon et avec lui on se sentait bons.

Francis à la rédaction en chef de France Info (un soir de match !) © Radio France Frédérique Djian
Je sais malheureusement ce que signifie la disparition d'un collègue, d'un collègue que l'on respecte et avec qui on aimait travailler. J'imagine sans peine que tout le monde à Info est choqué par cette nouvelle. Je le suis également : j'ai connu Francis, comme beaucoup d'autres, aux débuts de France Info. Je me souviendrai de sa gentillesse, de son humour, des histoires qu'il racontait, il faut le dire, pas trop mal ! Il était, je pense respecté, et c'est l'essentiel.
- Cécile Quéguiner, journaliste à la rédaction web de France Info :
Francis,
Sifflet coupé. Des jours que je cherche mes mots pour parler des tiens. Tes mots. Des petites choses, mais les plus jolies qu'on m'ait dites au boulot. De tes commentaires sur mes tout premiers flashs à blanc à l'école de journalisme, à tes dernières remarques, quand je bouclais mon reportage la semaine dernière, toi affalé -presque renversé- sur un siège au web, avec cet air flegmatique, ce demi-sourire de pitre et ton regard mi-las, mi-amusé... Dernière image de toi, calée pile sur une phrase que je n'oublierai jamais.
On ne se connaissait pas (regrets). Tu ne le sais d'ailleurs pas. Mais ces mots-là, et d'autres encore, rares mais tellement bienveillants, m'ont portée dans ce métier, galvanisée. Ils sont gravés. Un moteur. Mes grigris de reporter. Merci boss. RIP
- Odile Pouget, journaliste à RTL :
J’apprends ce matin la disparition tragique de Francis. Durant mon bref passage à Info, il y a plus de 10 ans, il avait été pour moi un soutien sans failles, un "patron" enthousiaste dont la porte était toujours ouverte. Mille pensées à vous tous qui êtes dans la peine.
- Stéphane Iglésis, journaliste au bureau Radio France de Toulouse :
Grand inquiet, il savait, grâce à sa bonne humeur, son humour, obtenir le meilleur de chacun d’entre nous pour le bien de l’antenne… sans stress, même lors des nombreuses éditions spéciales, qu’il menait de main de maitre !
Il y a 18 ans, lors de mon arrivée à France Info, il était déjà là, rouage essentiel de la maison. L’âme de France Info, c’est en grande partie la sienne. C’est lui qui savait nous donner le désir de nous dépasser, de nous impliquer dans la vie de l’antenne. Lui qui nous insufflait sa passion de la radio.
Toujours un conseil avisé aux jeunes journalistes, une remarque pertinente aux plus aguerris. Rassurant avec chacun.
Créatif, il a beaucoup fait, pour permettre à France Info de se renouveler, d’innover. Pince sans rire, le regard rieur, parfois ailleurs, il écoutait nos doléances, nos confidences… Se confiant, un peu, parfois. Dynamique, passionné. Lunaire, aussi. Un grand vide s’installe avec son départ. Trop brusque. Un chef, un directeur, certes... Un copain, aussi.
Je ne peux que me souvenir des moments passés ensemble avec Dominique Brocard, lorsque nous parcourions les France Bleu pour préparer les paritaires. Nous terminions nos soirées dans d'improbables restaurants de province que nous remplissions de nos fous rires irrépressibles. Je peine à croire à son départ.
Même si, pour Francis, l'affirmation n'est pas totalement exacte. Parce que tant que France Info ne s'arrête pas, Francis ne part pas tout à fait. Les murs de la radio ont été construits autour de lui ; pas pour l'empêcher de s'échapper, mais pour qu'il les tienne. Ce qu'il a formidablement fait. Et nous nous sommes construits autour de lui. À coup de soirées dingues dont on se souvient encore, et de fâcheries déjà oubliées ; à coup de spéciales montées à l'arrache et réussies, et de reportages ratés ; à coup de doutes et d'éclats de rire. Le bonhomme ? Viscéralement attaché au collectif, tout en ayant une relation particulière avec chacun. Avec une curiosité qui le faisait débarquer dans ton bureau : il ne te convoquait pas dans le sien, mais passait s'asseoir. Quelque chose à lui demander ? Il se calait dans son fauteuil, et comme un chat, ostensiblement, se caressait le dessus de la patte droite avec la patte gauche. Sourire, et il te lançait : "Flatte-moi d'abord... flatte-moi".
C'est con, mais on ne pourra plus le faire maintenant.
J’ai appris la nouvelle ce matin. Je n’arrive toujours pas à y croire. Les mots ne viennent pas. Sachez juste que je pense fort à vous tous, spécialement à Virginie.
- Joël Bitoun, directeur de France Bleu Auxerre :
je suis stupéfait. La nouvelle du décès de notre (mon) pote Francis me désempare. Je présente à toute l'équipe d'Info mes condoléances très douloureuses. Merci aussi de vous faire mon (notre) interprète auprès de sa famille à qui je pense très fort.
- Eric Philippe, chroniqueur à France Bleu 107.1 :
Un
matin, devant la porte du studio de La CityRadio.
- Francis
Tyskiewicz: Tu veux bien m'expliquer ce que tu faisais au micro?
- Moi:
Bah...
- Hélène
Lacore Kamm: Attends Francis!
- Francis:
Non Hélène, j'attends pas. On a un vrai problème là.
- Hélène:
Parce que c'est pas écrit dans son contrat de webmaster?
- Francis:
Non. Parce qu'il va falloir que je trouve un autre webmaster!
Je
n'ai plus lâché le micro depuis ce jour. Merci
Francis. Ma
chronique de demain ne sera peut-être pas la meilleure, mais je te la
dédie.
- Philippe Hardouin, assistant d'édition à France Info :
Un matin, Francis est arrivé avec une nouvelle veste. Très vite, à cause de celle-ci, il s'est fait chambrer à maintes reprises. Alors comme un pied de nez, il avait tenu à poser fièrement devant l’objectif.
Ça aura duré près de 15 ans et j’en aurais bien repris une bonne tranche. Tu vas nous manquer, beaucoup.

Francis et "la" veste © Radio France
- Franck Mathevon, envoyé spécial permanent à Londres :
Depuis plusieurs jours, je pense au rire de Francis. L’œil qui pétille, le sourire en coin, la vanne qui va forcément jaillir. Je me souviens notamment d’avoir dû rendre l’antenne après un fou-rire lors d’une interminable cérémonie de remise de médailles aux JO de Pékin. Cinq secondes après le direct, mon portable sonne. C’est Francis. Plié en deux. Quel fou-rire ! Quel bonheur de travailler avec lui ! Un chef rigoureux, bosseur, inventif, mais un chef toujours en train de danser en boîte à 3h du matin avec sa bande de journalistes. Il rendait ce métier plus simple, plus joyeux, plus humain.
Je pense à lui, à tous ses proches, aux équipes de France Info. J’ai peu connu Francis, en tout cas pas assez, mais sa disparition et les hommages qui lui sont rendus me touchent profondément.
- Thibault Maisonneuve, rédacteur en chef de France Bleu Picardie :
J'ai appris cette terrible nouvelle ce matin. Au nom de toute la rédaction de France Bleu Picardie, nos condoléances à ses proches ainsi qu'a ses collègues. Je ne l'ai croisé que quelques fois et suis comme vous un peu sonné par cette brutale disparition.
- Cherif Bitelmadji, technicien à France Info :
J’ai fait la dernière "rétro" de France info, et vendredi, Francis l’a écoutée avec moi dans le studio. C’était quelqu’un de discret, avec un grand sens de l’humour. Je le regrette déjà. Je ne trouve plus mes mots. Je pense à sa famille, à Virginie, à sa petite…et à nous tous.
- Alain Monard, ancien rédacteur en chef adjoint à France Info :
- Jean-François Fernandez, journaliste à France Bleu Besançon :
Je sais que je ne suis pas le seul, mais la disparition de Tys me touche beaucoup. Je n'ai pas eu la chance de travailler à ses côtés comme journaliste, mais je suis comme mes collègues syndicalistes un de ceux qui a apprécié travailler avec lui quand il représentait "la direction" lors de ces fameuses commissions paritaires. Francis était quelqu'un de très humain, lorsqu'il parlait d'un collègue dont nous défendions le cas, il le faisait toujours avec beaucoup d'humanité.
Et puis surtout, le souvenir que je garderai de Francis, ce sont ces fous rires qui nous prenions lorsque ces commissions paritaires se poursuivaient tard dans la nuit, la fatigue aidant, le petit groupe situé sur la droite de la direction pouffait parfois de rire à en pleurer. Lors de ces commissions moi aussi j'étais sur le côté droit de la direction, j'étais près de Tys. A l'autre bout de la salle, michel Polacco regardait parfois incrédule, presque jaloux de ne pas être de ces fous rires... C'était un mec bien. Merci Tys.
- Philippe Reltien, envoyé spécial permanent à Pékin :
Une sortie au Stade Bollaert a scellé l'amitié entre nous. Je l'imaginais descendant d'immigrants polonais dans les "chterrils"comme je suis descendant de ritals en Lorraine. Mais la troisième mi temps au sandwich frites mayonnaise avec les supporteurs m'a empêché de lui poser la question. On n'a donc jamais évoqué nos origines. Mais quel numéro ! D'abord le commentaire du match en direct, une victoire je ne sais plus contre qui, mais un exploit journalistique tellement raconter en direct est difficile. Chapeau, j'suis pas cap. Et je le lui ai dit. Pas question de se défiler avec les supporteurs. Et plus possible de rentrer à Lille. C'est lui qui a trouvé la solution : la maison de son frère à deux pas. Sans prévenir il a frappé à la porte, a réveillé son frère et m'a attribué d'office son lit. Un Chti, un vrai. So long.
- Peggy Dreyer, ancienne attachée de presse de France Info :
Bouleversée par cette nouvelle, les mots me manquent. Je ne peux qu'imaginer la profonde tristesse de cette famille qu'est France Info. Je garde en mémoire la gentillesse, l'humour, les taquineries quotidiennes d'un homme que je m'amusais à appeler "Papa" et qui a su rendre mon court passage à Info... inoubliable. Vous qui venez de perdre un proche, un ami, un collègue, je pense fort à vous...
- Matteu Maestracci, journaliste au service des sports de France Info :
J'ai toujours admiré les gens capables de travailler énormément, réfléchir jusqu'à épuisement, trouver des angles, bouleverser le temps et l'ordre pour faire le meilleur journalisme possible, tout en restant humains, en sachant garder de l'esprit, de l'humour, du recul, de la décontraction pour, une fois que le plus dur est passé, en profiter tous ensemble autour d'un ou plusieurs verres. Francis était l'un de ces rares professionnels, grand journalisme, grand homme et chef parfait. Avec un immense respect pour les journalistes sportifs, à qui il accordait des moyens, une carte blanche et surtout toute sa confiance. Je me disais il y a quelques jours qu'on aurait du mal à autant se régaler au service des sports s'il devait partir, mais ce n'est évidemment pas le genre de départ auquel je pensais. L'un de mes pères dans ce métier, sans flagornerie, une perte immense, une douleur cinglante. On t'embrasse fort.
- Benjamin Muller, Europe 1, ancien de France Info :
Pour moi, tu étais un taiseux. Je te connaissais à peine, mais je crois que c’est toi qui avais instauré entre nous ce mode de relation. Direct, précis, concis. A couper la conversation d’un hochement de tête, à se dire l’essentiel sans ajouter d’affect. Ce n’était ni de la brutalité ni de l’autoritarisme, juste du minimalisme. Comme si le temps était perpétuellement compté et qu’il fallait l’économiser pour d’autres choses, d’autres gens.
Je n’ai jamais cherché à te bousculer ou à te provoquer pour te découvrir ou te démasquer. Je n’en étais pas capable. Tu étais sans le savoir devenu l’homme qui avait pointé mes plus grosses lacunes quand j’étais venu, pratiquement débutant, faire un stage à France Info il y a très longtemps. Tu avais vu sans rien dire, ma précipitation, mon manque de rigueur, alors que tu étais pour moi l’incarnation de toutes les qualités indispensables pour monter et tenir à bout de bras cette radio.
Pour beaucoup Francis est l’homme de France Info. Pour d’autres parmi les plus anciens, il reste celui des Locales de Radio France –avant que naisse France Bleu- et celui de l’ESJ de Lille dont il était tout à la fois ancien élève et pendant certaines périodes plus ou moins longues, selon son humeur, permanent ou formateur. Pour tous il restera une dégaine faite d’apparente insouciance et d’élégance sobre, d’ironie mâtinée d’inquiétude. L’homme était séducteur, difficile d’échapper à son charme, le journaliste séduisait tant il voyait vite et juste. Son départ brutal et douloureux laisse ses amis personnels et professionnels dans le désarroi. Il avait encore à faire et à donner. Son sourire moqueur va manquer aux siens, à France Info et à Radio France. A moi –qui ne le voyais plus qu’épisodiquement- il me manque déjà.
Presque chaque journaliste, ici, a un souvenir, une anecdocte le concernant, lui qui a passé quelques années au sein de Bleu. Son professionnalisme, son humour souvent décalé, vont manquer. Nous adressons à sa famille, ses proches, nos sincères condoléances.
J'ai connu Francis dans les années 1975, au Lycée classique et moderne à Denain, puis quelques temps en fac à Lille. Ensuite, si la vie nous a complétement éloignés, j'ai néanmoins été mis au courant de son activité et progression professionnelles. Même si le temps est passé, je garderai un souvenir vivace de quelqu'un de très amical, complice, chambreur et partageur. Je me souviendrai juste de cette rue du Vieux-Lille où je m'invitais parfois, cette maison dans l'Avesnois et du magasin de cycles à Hérin, je crois. Une grosse pensée pour sa maman.

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