Libye : Kadhafi cachait deux sites de stockage de gaz moutarde

par Rédaction de France Info jeudi 3 novembre 2011 00:00

Le nouveau régime en place en Libye dévoile l'existence de deux sites de stockage de gaz moutarde cachés par Mouammar Kadhafi à l'ONU. Un troisième site était connu et en cours d'élimination avant l'insurrection dans le pays. L'ONU craint une prolifération des armes, chimiques et autres, en Libye et dans les pays voisins.

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Depuis la mort de Mouammar Kadhafi, ses secrets se révèlent peu à peu. Hier le nouveau régime en place dans le pays a dévoilé l'existence de deux sites de stockage de gaz moutarde, soigneusement cachés par Mouammar Kadhafi à l'ONU. "Ces deux sites sont sécurisés" et ne présentent aucun risque sanitaire, a précisé l'expert libyen Youssef Safi ad-Din, en charge du problème. Un troisième site situé près de Waddan (sud), dans l'oasis de Djoffra, était connu de l'ONU qui l'avait inspecté dès 2004. L'élimination de ce stock de gaz avait commencé en 2010 sous contrôle international et continué jusqu'en février 2011, au début de l'insurrection.

Ce gaz moutarde - qui provoque de graves brûlures chimiques aux yeux, sur la peau
et aux poumons - a été surveillé de très près pendant la guerre en Libye. Une cellule spéciale composée de techniciens locaux et de l'Otan a surveillé les armes chimiques et les matériaux nucléaires de tout le pays. Ce groupe a œuvré dans l'ombre, depuis Benghazi, fief de la rébellion. Il a aussi veillé à récupérer les petites quantités de matériaux radioactifs utilisés dans l'industrie libyenne, notamment du cobalt 60 qui aurait pu servir à fabriquer une bombe "sale" disséminant des radionucléides.

Mais "Kadhafi a vite abandonné l'idée de se servir des armes chimiques, les Américains les surveillaient de trop près. Nous ne pouvions pas les approcher" sans être bombardés depuis les airs, a expliqué Mansour Daou, chef de la sécurité intérieure du régime déchu emprisonné à Misrata.

Et le gaz moutarde n'est pas la seule arme amassée par Mouammar Kadhafi, loin de là. Une grande partie de son arsenal est aujourd'hui dans la nature. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté hier à l'unanimité une résolution appelant la Libye et les pays voisins à mettre un terme à la prolifération des armes dans la région. Certains responsables des Nations unies craignent que des armes ne soient déjà parvenues aux rebelles du Darfour, limitrophe de la Libye ou aux insurgés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.