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Profiter au mieux de sa période de vacances ne s'improvise pas

le Lundi 2 Juillet 2012 à 14:45
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Ca y est, ce sont les vacances et vous vous apprêtez à rompre avec le rythme effréné de votre quotidien pour plonger dans celui du farniente, de la détente. Ou, du moins, vous l'espérez !

On attend de nos quelques jours ou semaines de vacances qu'ils compensent tous nos manques © Radio France - /N.C.

Parce que changer de mode de vie du jour au lendemain et tirer immédiatement profit de cette parenthèse estivale n'est pas aussi facile qu'on le souhaiterait. Nous en avons parlé avec Anne Laure Gannac, rédactrice en chef adjointe à Psychologies Magazine.

Psychologies Magazine publie un article comme une sorte de programme à suivre pour nous accompagner dans ce changement de rythme, pour arriver à décrocher et à entamer les vacances de la meilleure façon qui soit. Pourquoi est-ce si difficile de vivre pleinement et immédiatement les bienfaits des vacances ?

Je comprends que l'idée d'avoir à suivre un programme pour partir en vacances puisse paraître pour le moins paradoxale ! "Encore des trucs à faire, des conseils à suivre, y compris en vacances... " Mais le fait est que s'adapter à ce changement de rythme n'est pas simple, nous le constatons tous, je pense. Et pourquoi ? D'abord, parce que les vacances représentent une part tellement minime de notre emploi du temps sur l'année que nos attentes à leur égard sont immenses : nous rêvons à des vacances parfaites. C'est-à-dire, des vacances qui seraient un savant mélange de farniente et de fêtes, de visites ou balades à partager et de moments de tranquillité solitaire. En fait, on attend de nos quelques jours ou semaines de vacances qu'ils compensent tous nos manques, qu'ils nous donnent tout ce que nous ne trouvons pas dans notre quotidien, faute de disponibilité. Et ça, ce sont des attentes qui pèsent lourd dans nos valises.

Et qui, du coup, nous empêchent peut-être de profiter pleinement de ce que peuvent offrir les vacances, c'est ça ?

Oui : à tout en attendre, on peine à profiter de ce qu'elles sont réellement. Et pour savoir ce qu'elles sont réellement, il nous suffit de revenir à leurs origines, ce pour quoi nos grands-parents se sont battus : à savoir un droit au repos. Les vacances sont l'occasion de se reposer, de souffler, de se ressourcer. Mais c'est difficile parce que c'est en rupture radicale avec nos modes de vie habituels. D'où l'utilité de s'y préparer, en suivant ce qu'on pourrait appeler de nouveaux rituels d'avant départ, comme le dit l'une des personnes interrogées dans notre article.

Et justement, dans cet article, vous proposez de se préparer une semaine avant le départ, ou, pour ceux qui ne partent pas, une semaine avant l'entrée en vacances. C'est quoi l'objectif de cette semaine ?

C'est de favoriser un climat propice à la détente et en priorité, d'éviter de projeter le pire sur ce qui nous attend avant ces vacances. Parce que notre niveau stress atteint souvent à son paroxysme dans cette période de pré-vacances. On s'imagine que tout est à faire avant, qu'on n'aura jamais bouclé tout ce qui est à boucler d'ici là, on va aussi s'inquiéter du temps qu'il fera là-bas, est-ce qu'on aura tout ce qu'il faut, est-ce qu'on sera prêt ? On est pris à la fois par le présent -le travail- et l'organisation du futur, et tout cela a tendance à s'entremêler de la façon la plus stressante possible.

Mais ce qui est totalement normal, non ? On n'a pas vraiment le choix ?

C'est normal, bien sûr. Pour des raisons concrètes et évidentes d'organisation, et puis pour des raisons un peu moins conscientes d'un certaine angoisse : malgré tout le plaisir qu'il y a à s'imaginer bientôt en vacances, cette période signe la fin d'un cycle, la rupture avec du connu et le passage à du moins connu, à du moins maîtrisé. C'est, quoi qu'on en dise, une source d'angoisse. Mais quant à se demander si on a le choix de vivre ce moment de transition plus paisiblement, oui, quand même : ne serait-ce qu'en prenant conscience de cette agitation qui nous prend, sur ses projections négatives et vaines (" est-ce qu'il ne pleuvra pas ?, est-ce qu'il n'y aura pas trop de monde ? ") et puis en s'organisant. Dans cet article, on accorde à chaque jour de cette semaine d'avant départ, une tâche. Je ne vais pas toutes les énumérer ici, mais pour résumer disons que chaque jour de cette semaine d'avant vacances peut être mise au service de cet effort de recentrage, d'apaisement, de fluidification de son emploi du temps... plutôt que de se dire ; tant pis, j'arriverai crevé sur la plage, mais là au moins je me détendrai. Non, on ne fonctionne pas comme cela : si vous quittez votre appartement stressé, vous vous allongerez stressée sur la plage, ou dans un état de fatigue absolu. Ce qui n'est pas la véritable détente ! Et pour passer de l'un à l'autre il faut beaucoup de temps !

Une fois qu'on y est, qu'est-ce qui se passe ?

C'est la confrontation au changement, au nouveau. Ce qui est toujours déstabilisant. Et du coup, la tentation c'est de vouloir encore rester attaché à l'avant, à ce que l'on connaît et que l'on maîtrise. Et c'est là que plutôt que d'être attentif à tout ce qui, dans le présent, dans ce nouveau cadre, pourrait nous calmer, nous rassurer, nous réjouir, et bien nous allons nous tourner vers ce qui nous permet de rester lié à nos habitudes d'avant : nos portables, nos ordinateurs, nos courriels.

Mais comment faire quand on n'arrive pas à déconnecter ?

Le coach Pierre Blanc-Sahnoun qui travaille au sein de grandes entreprises nous dit dans cet article que si l'on ne peut absolument pas s'empêcher de consulter ses courriels, son portable, etc, c'est qu'il y a une vraie angoisse. Et une angoisse qui ne tient pas forcément à une vanité (je suis indispensable) ou à une indifférence à sa famille (je m'ennuie quand je ne suis pas au bureau). Donc dans ces cas là, se forcer ou être forcé à décrocher d'un coup peut être encore plus source d'angoisse, parce que ce sera l'angoisse du vide qui nous saisira. Donc l'idée, serait d'y aller progressivement, raisonnablement. Par exemple, consacrer à ces contacts une plage de deux heures la première semaine, puis une heure la semaine suivante... y aller tranquillement et surtout consacrer l'essentiel de son énergie à développer de nouveaux contacts sur place. Une autre façon de satisfaire ce besoin d'être en liens que nos ordinateurs et téléphones tentent de combler.  

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