Cachez ce radiateur, ce vieux convecteur que je ne saurais voir… Oui, mais pas toujours ! S’il existe aujourd’hui mille et une façons marrantes ou élégantes de cacher un vieux radiateur décrépit, vous trouverez aussi de nouveaux radiateurs ultra design qui passent inaperçus ! D’autres sont décorés par des artistes et se prennent alors pour des œuvres d’art …
Radiateur dissimulé... © Alexn
Ce que je ne vous ai pas dit dans la chronique audio….
Tout d’abord pour
cacher un vieux radiateur :
La déco trompe l’œil, avec une fausse cheminée se révèle à
mon sens la meilleure façon de dissimuler le radiateur, tout en donnant une
saveur déco particulière à la pièce. Il existe des façades de cheminées toutes
prêtes, que vous trouverez dans les grandes enseignes de bricolage. Elles sont
en médium, mais c’est bien suffisant pour un décor …de théâtre ! Comptez
environ 200 € pour un modèle tout fait, que vous pourrez ensuite laquer avec
une peinture mate ou brillante.
Vous préférez le bois ? Il est tout à fait
possible de faire faire cette façade de cheminée sur mesure par un artisan, le
prix sera alors à négocier avec lui.

Façade de cheminée pour cacher un radiateur en fonte. © Alexandre Marchi.
Pour la couleur, mieux vaut en choisir une qui s’harmonise avec le mur, contre lequel votre radiateur est fixé : si c’est un mur peint, prenez la même couleur pour que la cheminée ait l’air « naturelle » et se fonde dans le décor. A moins que vous ayez envie de la mettre en scène, auquel cas, choisissez le contraste, mais en restant tout de même dans des tons qui s’harmoniseront avec le mobilier, les tapis ou les rideaux de la pièce. Si vous avez du papier peint au mur, utilisez l’une des couleurs de ce papier pour peindre cette façade, comme un rappel discret aux motifs du papier.
Les conseils de sécurité élémentaires : bien entendu, la façade se pose autour du radiateur (suffisamment large pour laisser l’air circuler, le radiateur doit évidemment toujours chauffer la pièce !), elle est percée au centre et le radiateur est dissimulé par une grille ou par un pare-feu rigolo, un peu décalé (et là c’est aussi une source d’inspiration pour la déco !). Ce système fonctionne pour cacher aussi bien les radiateurs électriques que ceux en fonte, tout comme certaines chaudières.

Façade de cheminée pour dissimuler une chaudière. © Alexandre Marchi
Sur cette fausse cheminée, vous pourrez toujours poser des bibelots, de petits miroirs, pour donner un peu plus de relief. C’est une solution bien adaptée aux pièces à vivre et aux salons. Dans les chambres ? Pourquoi pas ? Mais il faudra alors construire la déco de la chambre autour de cette façade qui en deviendra vite l’élément essentiel.
Repeindre son radiateur ? Oui, là encore la technique fonctionne pour plusieurs types de radiateurs (électriques, électrostatiques ou en fonte). Mais attention à la peinture utilisée : pour les convecteurs électriques, il faut une peinture compatibles avec le plastique, comptez de 30 à 50 € le pot, pour une peinture de qualité, qui devrait tenir quelques années (pas plus de 10 ans cependant). La meilleure solution, quitte à démonter le radiateur pour le repeindre, c’est de s’adresser à un carrossier, qui lui, pourra repeindre le radiateur au pistolet avec une peinture bien adaptée. Question couleur, à vous de voir, mais les convecteurs électriques des années 1980-1990 demeurent assez basiques, mieux vaut donc sélectionner une couleur qui se fonde avec le mur, pour les voir le moins possible…
Pour les radiateurs en fonte, il faut les décaper, et faire
ressortir ensuite les moulures d’origine
(très en vogue actuellement, certains modèles sont mêmes réédités aujourd’hui
(copie d’anciens)). Ensuite, vous pouvez les laisser brut (couleur fonte, gris
plus ou moins foncé) ou les repeindre en noir par exemple dans un intérieur
style loft ou atelier d’artiste.
La tablette sur le radiateur ? Oui, bien sûr, mais elle ne cache pas grand-chose ! Elle sert surtout à éviter les trainées noires sur le mur, ces traces dégagées au fur et à mesure par la chaleur du radiateur. Il faut bien l’avouer, c’est pratique mais un peu passé de mode…
Si vous avez envie d’un style plus classique, optez pour un coffrage en bois autour du radiateur. C’est le même principe que la façade de cheminée, mais un peu plus massif. Le coffrage se fait souvent sous une fenêtre, pour « empaqueter » le radiateur, en quelques sortes. Là encore il y a une grille pour filtrer la chaleur. Le bois peut être peint ou vernis.
Autre solution : intégrer le radiateur au mur, dans un sous bassement en bois, sous
les fenêtres. C’est le même principe qu’un
coffrage mais il se voit moins, car c’est le mur qui est plus large et qui fait
le tour de la pièce de cette façon. Sous bassement en bois ou en médium, plus
léger visuellement, et facile à peindre dans une couleur neutre (gris clair,
blanc, taupe…).
Radiateur design de salle de bain. © Rachel Feeser.
Cela dit, aujourd’hui le radiateur se montre ! Il est
même devenu franchement design ! En témoignent les photos suivantes… Des
radiateurs très plats, très fins, qui se
posent verticalement ou horizontalement (près d’une fenêtre par exemple, il
épousera ainsi la forme et la proportion de la fenêtre).

Radiateur design de salon. © Rachel Feeser.
Ces radiateurs sont en
pierre de lave, en acier, en verre sécurisé, parfois recouverts de miroirs. Ils fonctionnent
avec un chauffage électrique, et il est tout à fait possible d’en poser un seul
dans le salon ou la salle de bain, et de garder les moins jolis pour les autres
pièces. Ils sont encore très chers (comptez plusieurs centaines d’euros, voire
plus de 1000 €) mais l’idée commence à faire son chemin chez les industriels,
donc on peut espérer voir les prix baisser d’ici quelques années.
Des industriels qui franchissent un pas supplémentaire,
parfois : demander à un artiste peintre de faire une collection d’œuvres
pour radiateurs… Des façades interchangeables qui se plaquent aux radiateurs
design. Le radiateur devient alors un tableau que l’on admire et qui porte même un titre ! Aussi
incroyable que cela puisse paraitre …
Et la technologie actuelle évite que la
chaleur ne détériore le tableau (jusqu’à 120 degrés). Dans ce cas là, autant placer le radiateur au beau milieu du
salon que tout le monde en profite ! 
Radiateur tableau, La passagère du California. © Mathias Duhamel.
Là aussi les prix sont élevés (autour
de 1000 / 1200 €) mais on est encore loin de ceux du marché de l’art ! D’accord
c’est un peu troublant, mais les artistes qui travaillent pour ce type de produits
réfléchissent à des œuvres qui se marient bien avec la déco actuelle : pas
trop de couleurs vives, des touches de blanc, de noir pour équilibrer et donner
du relief etc. Ils utilisent des motifs géométriques, ou abstraits, à peine figuratifs en tous cas pour ne pas lasser le consommateur ! En fait, c’est le raisonnement inverse d’un tableau « classique » :
le tableau n’est pas conçu comme une œuvre unique, mais
comme un élément de déco pouvant s’intégrer dans votre intérieur !

Radiateur tableau HonnetDuo © Mathias Duhamel.
D’autres radiateurs nettement plus volumineux, se donnent des formes originales avec des couleurs inattendues. Le radiateur n’est plus seulement un appareil utilitaire, il est devenu presque … beau !

Radiateur tableau Think Twice. © Mathias Duhamel.
Avec la complicité de Nicole Lhotte (décoratrice d’intérieur, Nancy), Rachel Feeser ( Soisy sous Montmorency, Val d’Oise), Mathias Duhamel (artiste peintre) et Stéphanie Reynaud, société Visio-technic avec sa collection Thermadéco.

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