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La déco : moyen de réinsertion !

le Dimanche 3 Juin 2012 à 09:49
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Spécialisée dans le tri des déchets, la société solidaire VALO située en Moselle, a décidé de se lancer dans la déco ! Les déchets industriels deviennent des lampes, des tables, des armoires design, avec du fer recyclé, du bois récupéré et le travail de plusieurs personnes en réinsertion, des anciens chômeurs devenus des artistes !

Lampe A Boud Bois. © Valo.

De vieux panneaux de signalisation. Apparemment, ils sont bons pour la déchetterie. Et pourtant ! Quelques jours plus tard, les voilà transformés en tables basses rigolotes avec ressorts de couleurs !  L'équipe de Valo DDesign est passée par là : 55 personnes en insertion, qui travaillent sous la direction de Bernadette Festor et de Maurice Baillot.

Ce pari de la déco, ils l'ont fait il y a 3 ans, en 2009. A l'époque, l'entreprise Valo est spécialisée dans le tri de déchets : papier, carton, plastique. C'est la crise, et autour d'eux, au nord de la Lorraine (dans le secteur de Florange, Uckange...) les usines recommencent à fermer.

Il y a des friches industrielles avec beaucoup de fer et de métal. Il y a aussi tous ces bureaux vides, laissés à l'abandon avec les tables, les chaises, les classeurs, les armoires à vestiaires... A première vue, tout cela n'a guère d'intérêt. Mais, en y regardant de plus près, Maurice Baillot et Bernardette Festor se disent qu'avec un peu d'imagination et beaucoup de travail, ces objets pourraient se transformer en objet design.

La "Stop", table basse. © Valo.

Reste à savoir quelle clientèle serait susceptible d'être intéressée. Ils contactent un consultant en marketing, et  la réponse tombe : oui, il y a bien un créneau, celui des férus de design, qui cherchent des pièces uniques, un peu décalées pour donner du cachet à leur intérieur. Une clientèle provinciale aisée ou parisienne branchée,  qui n'hésitera pas à dépenser quelques centaines d'euros parfois,  pour avoir  l'un de ces objets déco.  

Invader, petit meuble d'appoint à roulettes. © Valo.

C'est décidé, le projet est lancé ! Un tout jeune designer, Anthony Remy  est associé à l'aventure, il vient de l'école  ESAA de Troyes (Aube). Les personnes en réinsertion lui rapportent les morceaux de fer, de grillage, les pièces de moteur ou de bois qu'elles ont appris à repérer dans les amas de déchets industriels. De vieux bureaux aussi (qui peuvent provenir des casernes militaires qui ferment), de vieilles armoires, un ancien lampadaire ou un vieux frigo. Anthony Remy les décortique, les  superpose, les assemble, et  les transforme. Maurice Baillot, le directeur artistique apporte ses conseils.

Et aujourd'hui, ce que vous pouvez voir dans cette expo vente à l'espace 117 ( rue St Dominique à Paris), c'est toute une collection d'objets design. La 2e collection, en fait, après le succès de celle de l'an dernier.

Où mettre ces objets ?

Franchement, les objets sont très réussis. Certains sont plus classiques, comme ce frigo des années 1950 transformé en bar design. D'autres interpellent clairement le visiteur, comme une sculpture pourrait le faire, avec ce mélange de matière et cet assemblage d'objets hétéroclites : par exemple, cette vieille perceuse à main, associée avec un spot de théâtre  et qui devient une petite lampe d'appoint. La manivelle de la perceuse permet de faire tourner la lumière. 

Artok lampe. Issue d'une ancienne perceuse et d'un spot de spectacle. © Valo.

Vous pouvez aller admirer ces objets jusqu'au 6 juin, et si vous craquez pour l'un d'entre eux (1er prix autour de 25€), dites vous que vous pourrez le placer très facilement dans un intérieur style  "loft new yorkais" : les briques, le béton ciré ou le béton brut,  se marient très bien avec ce genre d'objets. Les intérieurs design ou très sobres également, car ils mettent en valeur une  pièce unique, par exemple l'applique réalisée à partir d'un lampadaire de rue, ou l'armoire vestiaire relookée dans une entrée. La table/panneau de signalisation devrait plaire aux adolescents. Et  les petits meubles en métal, entièrement rénovés trouveront leur place sans difficulté, dans un bureau ou dans un couloir.

L'équipe de Bernadette Festor. © Olivia Ferrandi

Quant aux personnes en réinsertion, "cette expérience  leur a plu énormément, ils ont appris à créer quelque chose qui a de la valeur, confie Maurice Baillot. Et ils ont pu accéder à  la culture et à l'art, de façon totalement inattendue !"

A noter, que pour cette expo parisienne,  tous ces objets sont placés au milieu du travail d'une artiste  Catherine Zeilder, au milieu des tableaux.

Enfin, un appel : Valo D Design cherche toujours une salle pour exposer ces travaux à Metz.

Avec la complicité de Bernadette Festor, Maurice Baillot, Anthony Remy et Guy Armand.

Mixage sonore réalisé par Mario Campolongo.

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