aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Le cycliste perdu

le Samedi 7 Avril 2012 à 06:51
  • Pas encore de votes

A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, un petit comptable de Pittsburgh rêve de faire le tour du monde à vélo. Pour cela, il a fallu révolutionner le grand-bi, cet ancêtre de la bicyclette avec une grande roue à l'avant et une petite à l'arrière.

Le cycliste perdu

Frank Lenz rêve de gloire. Il se dit qu'un tour du monde en grand-bi pourrait lui apporter cette reconnaissance. On compte sur les doigts d'une main ceux qui ont osé se lancer dans une telle aventure. Mais Lenz n'est pas riche, il lui faut trouver un sponsor. Après plusieurs années de démarche, le jeune homme, il a une vingtaine d'années, déniche le mécène. Un magazine prendra en charge tous ses frais en échange d'un récit mensuel. Il faudra aussi que Lenz envoie des illustrations. Pour cela, il emporte un appareil photo : un boîtier en bois avec ses plaques de verre de vingt centimètres sur douze. Une condition imposée par le sponsor : il faut que Lenz utilise, non pas un grand-bi, mais une bicyclette équipée, c'est nouveau, de pneus en caoutchouc.

L'écrivain américain David Herlihy raconte cette incroyable histoire dans un livre paru chez Lattès : "Le cycliste perdu".

Frank Lenz compte parcourir les trente mille kilomètres en deux ans. Il commence par la traversée de l'Ouest américain.

Nous sommes en 1892, David Herlihy raconte les conditions du voyage….

"Il y avait encore bien sûr des Indiens et des cow boys. Il n'y avait vraiment pas de routes. Souvent, il pédalait entre les rails. C'était dangereux, bien sûr, parce que des fois il y avait des trains quand même ! Et pendant des kilomètres, on ne voyait rien du tout. Il n'y avait pas d'eau… C'était un danger de la nature, on peut dire, tandis que le danger auquel il a été confronté en Asie et en Turquie c'était plutôt le danger des voleurs, des brigands. Il avait son revolver mais, bon, ça n'a pas servi, finalement, il semble…"

Ca n'a pas servi car, après le Japon, la Chine, la Birmanie, l'Inde et la Perse, Frank Lenz disparaît en Turquie. Alors que son périple touche à sa fin, il ne donne plus signe de vie. Pour tenter de retrouver sa trace, le magazine sponsor envoie un autre cycliste à sa recherche. Ce sera William Sachtleben qui découvrira comment le jeune Lenz a été assassiné par des rebelles kurdes.