aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Ric Hochet à la moulinette

le Dimanche 24 Juin 2012 à 05:20
  • Pas encore de votes

David Vandermeulen rend un hommage à la fois iconoclaste et respectueux à l'un des héros les plus populaires de la BD belge.

Ric Hochet à la moulinette © Delcourt, Le Lombard, Le Lombard - / Tibet, Vandermeulen

Le Belge David Vandermeulen n'est pas forcément là où on l'attend. Membre de la génération dite "spontanée" de la Bande dessinée belge underground, il signe ses albums dans des maisons ouvertes au grand public.

Aux éditions Delcourt par exemple, où il construit son grand œuvre, la biographie de Fritz Haber, chercheur juif allemand qui inventa les gaz de combat de la première guerre mondiale, obtient le prix Nobel, et dont les travaux menèrent au Ziklon B utilisé dans les camps de la mort nazis. Trois albums parus, et encore 10 ans de travail au lavis, si l'on en croit l'auteur qui s'offre quelques pauses tout aussi surprenantes.

Faussement classique, il signe au Lombard le scénario de Shelley, évocation en deux volumes de la vie de Mary Shelley que dessine Daniel Casenave. Cette biographie de celle à qui l'on doit le roman Frankenstein prend des libertés avec la vérité historique de l'Angleterre romantique du début du XIXème, mais ne manque pas de charme.

Toujours au Lombard, Ric Remix, sorti ce printemps, est un hommage expérimental à Ric Hochet, série au long cours on ne peut plus populaire, signée Tibet et Duchâteau. De cette passion d'enfance vécue au premier degré, Vandermeulen a  tiré un livre amusant.

En puisant dans les albums du rouquin à la veste pied de poule et au brushing toujours impeccable une avalanche d'images dans lesquelles le journaliste enquêteur se fait renverser, frapper, tirer dessus, poignarder, torturer, humilier, David Vandermeulen a construit une pièce de théâtre contemporaine fondée sur la théorie du détournement. On pourrait en intituler les actes : je donne des coups, je prends des coups, je rends les coups, je meurs. Et ça n'arrête pas.

Invité à porter un nouveau regard sur l'un de ses héros préférés, le lecteur découvrira dans les visages compilés, les regards hallucinés et les corps meurtris que Tibet était passé maître dans l'art expressionniste du fait divers.

Ric Remix, David Vandermeulen, aux éditions du Lombard.

C'est l'été, lisez des BD ! L'ACBD, l'association des journalistes spécialisés en bande dessinée, vous propose 20 titres à découvrir parmi les quelques 2476 titres parus entre le 1er novembre 2011 et le 10 juin 2012 :

Alger la noire de Jacques Ferrandez, éditions Casterman - Boule à zéro T1 : Petit coeur chômeur de Serge Ernst et Zidrou,éditions Bamboo - Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, éditions Delcourt   - David, les femmes et la mort de Judith Vanistendael, éditions Lombard - Daytripper au jour le jour de Gabriel Bá et Fábio Moon, éditions UrbanComics - De Cape et de crocs T10 : De la Lune à la Terre de Jean-Luc Masbou et Alain Ayroles, éditions Delcourt - Les Derniers Jours de Stefan Zweig de Guillaume Sorel et Laurent Seksik, éditions Casterman - La Douce de François Schuiten, éditions Casterman - Gringos Locos d'Olivier Schwartz et Yann, éditions Dupuis - Kililana Song T1 de Benjamin Flao, éditions Futuropolis - Martha Jane Cannary T3 : Les Dernières Années 1877-1903 de Matthieu Blanchin et Christian Perrissin, éditions Futuropolis - Milady de Winter T2 d'Agnès Maupré d'après Alexandre Dumas, éditions Ankama - La Mort de Staline T2 : Funérailles de Thierry Robin et Fabien Nury, éditions Dargaud - Olympe de Gouges de Catel et José-Louis Bocquet, éditions Casterman - Pablo T1 : Max Jacobs de Clément Oubrerie et Julie Birmant, éditions Dargaud - Le Pont des arts de Catherine Meurisse, éditions Sarbacane - Quai d'Orsay : chroniques diplomatiques T2 de Christophe Blain et Abel Lanzac, éditions Dargaud - Saison brune de Philippe Squarzoni, éditions Delcourt - Thermae Romae T1 et T2 de Mari Yamazaki, éditions Casterman-Sakka - Une Métamorphose iranienne de Mana Neyestani, éditions çà et là - Arte.


Info manga © Radio France

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la chronique "Info manga" de Lætitia de Germon de la rédaction de franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses parutions, Lætitia vous livre sa sélection et ses coups de cœur.

© Lézard Noir 

L'exposition Mangapolis, la ville japonaise contemporaine dans le manga est présentée du 30 juin au 7 octobre à Angoulême et à Lille du 16 octobre au 22 décembre 2012.

Cette exposition thématique dresse le portrait du Japon urbain dans le manga, à travers une sélection de 200 planches de 40 auteurs, et s'organise autour de six parties,  largement illustrées (dessins, photographies, vidéos), et présentées dans une scénographie originale en échafaudages de bambous :
- anatomie de la rue japonaise
- la ville comme personnage : six regards d'auteurs particuliers (Adachi Mitsuru, Nananan Kiriko, Manabei Shôhei, Takahashi Tsutomu, Arai Hideki, Harold Sakaguchi)
- la topographie fantasmée de Tôkyô
- le manga dans la ville
- chaos urbain : scènes de destruction
- lueurs d'Orient

Le catalogue édité par Le Lézard Noir, en coédition avec la Maison de l'Architecture de Poitou-Charentes, la Maison de l'Architecture et de la Ville du Nord-Pas de Calais et la Cité, ne se contente pas de reprendre les planches et photographies exposées. Xavier Guibert, commissaire de l'exposition, rédacteur en chef de la revue du9 – l'autre bande dessinée, donne de nombreuses explications sur les six espaces.
Des textes de Claude Leblanc, Jessie Bi, Adrian Favell et Marie-Ange Brayer sur le manga dans la ville, vertiginosités nippones, densha mon amour, visions of neo-Tôkyô, Yûichi Yokoyama, l'architecture japonaise, viennent compléter cet ouvrage, qui accompagne parfaitement l'exposition.

Feuilletez Mangapolis

aller directement au contenu