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Retour sur le palmarès d'Angoulême 39

le Dimanche 5 Février 2012 à 05:20
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Le jury du 39ème festival d'Angoulême offre le Fauve d'or aux Chroniques de Jérusalem du Canadien Guy Delisle, aux éditons Delcourt. Le Français Jean-Claude Denis est sacré Grand Prix de la ville. Il présidera la prochaine édition du festival international de la Bande dessinée.

Guy Delisle, fauve d'or pour ses Chroniques de Jérusalem et Jean-Claude Denis, Grand Prix de la ville d'Angoulême © Delcourt / JC Ogier / Futuropolis / Futuropolis / Dupuis / Futuropolis

On pouvait attendre Bastien Vivès et Polina, Cyril Pedrosa et Portugal, Etienne Davodeau et les Ignorants, ce fut donc Guy Delisle et ses Chroniques de Jérusalem.

A 45 ans, le Québécois installé à Montpellier désespérait de voir un jour son travail honoré. Depuis l’an 2000, Guy Delisle propose des bandes dessinées dans lesquelles, au fil de toutes petites cases remplies d’un trait minimaliste et précis, se mêlent l’autobiographie la plus banale –on le voit beaucoup pousser la poussette de ses enfants- et l’observation méticuleuse des détails de notre monde, ici un pin’s à la gloire de Kim Jung il, là les fenêtres murées d’un immeuble palestinien.

Après Shenzhen vinrent Pyongyang, puis Chroniques birmanes et enfin Chroniques de Jérusalem, couronné dimanche dernier par le Fauve d’or, le Prix du meilleur album du 39ème festival d’Angoulême.

Des autres prix décernés à Angoulême nous retiendrons celui de la série pour Cité 14 de Gabus et Reutiman aux Humanoïdes associés, Bride stories de Kaoru Mori chez Ki-Oon, Prix Intergénérations et le Prix Regards sur le monde qui récompense Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi, chez Cornelius. Ci-dessous, Laetitia de Germon vous parle plus particulièrement de ces deux mangas.

Angoulême 39 a vu le sacre de Jean-Claude Denis. Lui a du attendre l’âge de 61 ans pour obtenir de ses pairs la consécration suprême, le Grand Prix de la ville d’Angoulême, qui fait de lui le Président de la prochaine édition du Festival internationale de la Bande dessinée.

Grand sensible, tranquille, presque timide, Jean-Claude Denis annonce qu’il ne mettra pas son travail entre parenthèses en cette année présidentielle. Sa prochaine BD aura pour titre Zone blanche et sortira en septembre chez Futuropolis. Il y est question d’un petit territoire  préservé par les ondes électromagnétiques. Les téléphones portables y restent muets. Gageons que ce ne sera pas le cas de celui de Jean-Claude Denis d’ici le prochain festival d’Angoulême.

Info manga © Radio France

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la chronique "Info manga" de Lætitia de Germon de la rédaction de franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses, parutions, Lætitia vous livre sa sélection et ses coups de cœur.

Bride Stories © Kaoru Mori, Ki-oon

Bride Stories de Kaoru Mori chez Ki-oon

Couronné par le Prix Intergénérations du 39e Festival d’Angoulême

Amir, 20 ans, est envoyée dans le clan voisin pour y épouser Karluk, son futur époux, âgé de 12 ans. La jeune fille doit s'adapter à un nouveau village et à une nouvelle famille qui compte de nombreux enfants et un explorateur anglais, M. Smith, venu étudier leurs traditions. Amir a tout juste le temps de se faire à sa nouvelle vie que son clan décide de la récupérer pour conclure une alliance plus avantageuse avec un puissant voisin.
L'auteur s'attarde sur les us et coutumes de l'Asie centrale, comme la broderie. Le dessin soigne les détails et les décors.

La bande-annonce de Bride Stories

Lire un extrait de Bride Stories

Une vie dans les marges © Yoshihiro Tatsumi, Cornélius

Une vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi chez Cornélius

Couronné par le Prix Regards sur le monde du 39e Festival d’Angoulême

Une vie dans les marges est le témoignage du fondateur du genre Gekiga (manga pour adulte). Fortement influencé par les thématiques du cinéma néo-réaliste, notamment européen, Tatsumi nous offre une vision du Japon de l’après-guerre. Roman social et document historique, cette fresque autobiographique s’adresse aussi bien aux passionnés qu’aux néophytes. Tatsumi y met en scène son double de papier. Hiroshi Katsumi doit faire face aux problèmes financiers de son père, à l’échec du mariage de ses parents, à la jalousie et la mauvaise santé de son frère, et aux innombrables pièges qui l'attendent sur le marché hautement concurrentiel du manga dans la seconde moitié du 20e siècle.

A Angoulême, en recevant le Prix au nom de son auteur, l’éditeur Jean-Louis Gauthey a annoncé que Tatsumi s’était remis à la tâche pour livrer un troisième volume, inespéré, d’Une vie dans les marges.

Lire un extrait d'Une vie dans les marges

Tatsumi © Happiness Distribution

Adaptation d’Une vie dans les marges, Tatsumi d’Eric Khoo est sortie cette semaine au cinéma. Tatsumi célèbre l’œuvre et la vie du mangaka japonais. Depuis 1957, le Gekiga, inventé et promu par Tatsumi, aborde des sujets sérieux et pour adultes. Ses grands noms sont Takao Saitô (Golgo 13), Kazuo Koike (Lone Wolf & Cub), Hiroshi Hirata (Satsuma), Yoshiharu Tsuge (L’homme sans talent).