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Un lien entre l'attentat de Karachi et l'assassinat du journaliste Daniel Pearl ?

le Lundi 25 Juin 2012 à 14:50
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Plus de dix ans après l'attentat de Karachi, le magistrat en charge du dossier a reçu les familles des victimes, comme chaque année, au Palais de justice de Paris. Le juge Trévidic a notamment évoqué les résultats de commissions rogatoires lancées aux Etats-Unis, et qui éclairent cette affaire d'un jour nouveau.

Ce qu'il restait de l'autocar transportant les salariés de la DCN après l'attentat de Karachi, le 8 mai 2002 © Reuters

En janvier 2002, le journaliste américain Daniel Pearl, marié à une Française, est enlevé au Pakistan. Et décapité le mois suivant.
Le 8 mai à Karachi, un attentat à la voiture piégée contre un autobus transportant des ingénieurs français de la DCN (Direction des constructions navales) fait 15 morts dont 11 salariés de la DCN.

Dans les deux affaires, la piste des islamistes radicaux est privilégiée durant des années. Avant que de nouveaux éléments n'amènent à réorienter les deux enquêtes, et à penser que les deux affaires pourraient être liées.
L'hypothèse privilégiée aujourd'hui est la suivante : l'assassinat du reporter du Wall Street Journal aurait constitué un "avertissement" avant l'attentat de Karachi. Car dans les deux affaires, des contrats d'armement signés avec le Pakistan n'étaient plus honorés. La livraison, par les Etats-Unis, de chasseurs F-16 était bloquée. Et côté français, le versement de commissions liées à l'achat de sous-marins (contrat dit Agosta) avait été stoppé.

Service secrets pakistanais

Dans ces deux affaires, ce n'est donc pas la main d'Al-Qaïda qui aurait frappé, mais celle des services secrets pakistanais.
L'hypothèse avait déjà été évoquée en 2008 dans un rapport remis à la DCN, le rapport dit Nautilus, établi par ancien agent de la DST. Hypothèse corroborée par l'authentification des mails de revendication de l'enlèvement de Daniel Pearl. Deux mails signés de nationalistes pakistanais, réclamant aux Américains la livraison des F-16.

Aux Etats-Unis, l'enquête Pearl a été rouverte.
En France, le juge Marc Trévidic poursuit sur la voie ouverte par le rapport Nautilus, longtemps caché aux familles des victimes par la DCN. Il l'a confirmé ce matin aux survivants et aux familles des victimes de l'attentat de Karachi, au cours d'un rendez-vous annuel de point sur l'enquête.

Parallèlement, deux magistrats du pôle financier cherchent à démontrer si des rétrocommissions versées en marge de ces contrats d'armement auraient pu contribuer au financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Pour Sandrine Leclerc, porte-parole des familles de victimes de Karachi, "le parallèle entre les deux affaires est flagrant"  

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Ceddric (anonyme),
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Heureusement qu'en France, la justice reste plus ou moins indépendante. S'il fallait compter sur la DCRI pour faire éclater la vérité, nous penserions encore que le groupe de Tarnac est constitué de dangereux terroristes... En attendant, pour savoir comment circulent les mallettes de billets et à quoi servent les rétrocommissions (parce que si c'était uniquement pour récupérer de l'argent, il serait plus facile de ne pas le verser) lisez "On les croise parfois" de Cedric Citharel, aux éditions Kirographaires.