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Naufrage de l'Erika : la Cour de cassation confirme la condamnation de Total

le Mardi 25 Septembre 2012 à 14:00
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La Cour de cassation confirme la validité des procès de l'Erika. Une décision contraire aux réquisitions de l'avocat général. En mai il avait demandé la cassation sans renvoi, ce qui aurait entraîné l'annulation de toute la procédure pénale. Selon lui le naufrage s'étant produit en dehors des eaux françaises, l'affaire n'aurait pas dû être jugée en France.

Nettoyage de la côte d'Amour en Loire-Atlantique après le naufrage de l'Erika © Maxppp

Immense soulagement pour les parties civiles : Total est bien responsable et coupable du naufrage de l'Erika. Dans son arrêt d'appel, la Cour de cassation confirme la condamnation pénale de Total prononcée en appel en 2010 pour la "pollution maritime" provoquée sur les côtes bretonnes par le naufrage du pétrolier en 1999.

La Cour va même plus loin que la Cour d'appel de Paris. Selon elle la compagnie pétrolière française est civilement responsable de la catastrophe. Total doit donc "réparer les conséquences du dommage solidairement avec ses coprévenus d'ores et déjà condamnés à des dommages et intérêts", selon l'arrêt. Soit 200,6 millions d'euros de dommages et intérêts, dont une partie au titre de leur "préjudice écologique", déjà payés par le groupe.

200,6 millions d'euros de dommages et intérêts

Les réquisitions du parquet général de la Cour de cassation sont donc balayées. En avril dernier l'avocat général à la Cour de cassation, Didier Boccon-Gibod, avait provoqué un tollé en réclamant l'annulation de la procédure judiciaire. Il estimait que les tribunaux français n'étaient pas compétents pour juger cette affaire.

Selon lui, l'Erika, au moment du naufrage, était "en zone économique exclusive", hors des eaux territoriales. Dans ces circonstances, le navire dépend de la convention internationale (Marpol). En cas de problème, l'affaire doit être jugée par les tribunaux du pays où est immatriculé le navire, en l'occurrence Malte.

Le naufrage le 12 décembre 1999 de ce navire vieux de 25 ans battant pavillon maltais, affrété par le groupe Total et appartenant à un armateur italien, avait souillé 400 kilomètres de côtes de la pointe du Finistère à la Charente-Maritime, et mazouté quelque 150.000 oiseaux.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Vote(s) 29
CC76 : tout à fait d'accord ! Mais relisez tout simplement l'article, France Info a tout prévu et mis en lien l'arrêt de la Cour de Cassation. Je m'en vais de ce pas le lire.
Avatar de anonyme
Ricaud Pierrette (anonyme),
Vote(s) 31
Pierre ,Je ne suis pas une spécialistes et je trouve ce que vous avez écrit très vrai et très sensé . Qu'on arrête de nous prendre pour des imbéciles et que total paye enfin pour le mal qu'il a fait ! ça me conviendra tout à fait !
Avatar de anonyme
Vote(s) 32
Ce qui est très surprenant dans cette affaire, c'est que la cour de cassation ait pu prendre le contre-pied total du parquet général de cette même cour. Quand celui-ci indique que les tribunaux français ne sont pas compétents pour juger l'affaire parce que le naufrage a eu lieu hors des eaux territoriales, on peut supposer qu'il s'appuie sur un point de droit international irréfutable. Je serais intéressé de savoir sur quels arguments juridiques la cour s'est appuyée pour juger qu'elle pouvait malgré tout juger et condamner Total. Ou pouvons nous trouver les attendus de ce jugement ?
Avatar de pierre
Vote(s) 34
Je vais tenter de donner, humblement, mon point de vue. N'étant pas juriste, loin s'en faut, il se pourrait fort bien que je dise, respectivement que j'écrive des choses qui pourraient faire rigoler les spécialistes du droit. Néanmoins, si l'on s'en réfère au bon sens et à la logique, il y a plusieurs points qui dérangent D'abord, Malte. Ce confetti a une juridiction très laxiste et ce n'est pas pour rien que beaucoup d'armateurs se tournent vers cette île pour l'immatriculation de leurs rafiots-poubelle. Un autre aspect du dossier est le fait d'un manque d'harmonisation des juridictions. Un pollueur, selon le pays, sera plus ou moins condamné, selon l'immatriculation, selon l'endroit, bref il y aura toujours un avocat pour trouver le point ou la virgule qui fera à ce que le pollueur puisse s'en sortir "proprement" (désolé pour le jeu de mots). Mais au final, la pollution est identique et ne fait pas moins de dégâts dans un endroit, ou plus dans un autre. Le tsunami du Japon d'il y a maintenant plus d'un an, apporte aujourd'hui son lot de "surprises" sur les plages d'Hawaï et ce n'est pas parce que l'accident a eu lieu dans les eaux internationales que la pollution ne viendra pas sur les plages des pays de la zone,dans ce cas, la France, l'Irlande ou l'Ecosse, au gré des marées. C'est un peu comme le nuage de Tchernobyl ... Il n'avait pas ses papiers, donc il n'a pas pu passer la frontière ! Si TOTAL ou les responsables de cette pollution ne sont pas lourdement condamnés sous prétexte de vide juridique, c'est la porte ouverte à tous les abus. Notre planète souffre suffisamment d'abus en tous genres et l'argent n'excuse pas tout. Il faut penser à ceux qui prendront le relais, après nous, c'est à dire nos enfants. On va leur laisser quoi à ce rythme là ?