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Les acquittés du Ponant lâchés dans la nature à Paris

le Jeudi 21 Juin 2012 à 07:15
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Il y a une semaine, ils ont été innocentés par les assises de Paris. Accusés avec quatre autres Somaliens d'avoir participé à la prise d'otage du voilier de luxe le Ponant en avril 2008, ces deux Somaliens ont été relaxés, et libérés après quatre années de prison pour rien. Ils sont aujourd'hui perdus, sans papiers, sans statut, sans moyens.

Le Ponant, dans la traversée du Canal de Suez © Reuters

Abdurahman Ali Samatar descend du scooter comme on sort d'un tour de manège. C'est la première fois de sa vie, dit-il, qu'il monte sur un deux-roues. Il vient de faire un tour dans Paris avec son avocat qui l'a volontairement fait passer devant le Palais de justice.

Abdurahman est libre depuis moins d'une semaine. Avec un autre Somalien, il a été acquitté par la cour d'assises de Paris. Il découvre la liberté et la France avec deux autres compatriotes, Abdulqader Guled Said, également acquitté, et Abdullahi Youssouf Hersi, condamné à quatre ans de prison, une peine couverte par sa détention provisoire.

Abdurahman a 28 ans et un physique de basketteur poids plume. Des yeux noir ébène. Il était pêcheur de langouste dans le nord de la Somalie il y a quatre ans. Il a été arrêté par l'armée française dans un pick-up, soupçonné d'avoir trempé dans la prise d'otage du Ponant. Ramené en France, il reste deux ans sans pouvoir communiquer, seul Somalien incarcéré dans la prison d'Osny.

Seul Somalien incarcéré dans la prison d'Osny, Abdurahman passe deux ans sans pouvoir communiquer  

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Aujourd'hui, le jeune pêcheur vit dans un foyer d'accueil près de la gare de Lyon avec ses deux compagnons d'infortune. C'est une solution provisoire. Abdurahman est sorti de prison avec les vêtements donnés par les codétenus, des tickets de métro, et quelques centaines d'euros gagnés en travaillant en prison. 

Son premier achat est un téléphone portable trouvé à Barbès pour appeler deux de ses sœurs et un de ses frères qu'il a régulièrement ligne. Aujourd'hui, il fait le deuil de sa famille et de ses nuits à la belle étoile près de la plage dans son pays. 

Abdurahman affirme être condamné à rester en France, pour sa sécurité  

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Depuis sa sortie de prison, le trio de Somaliens est pris en charge par les avocats qui ont payé deux nuits d'hôtel en urgence et trouvé le premier foyer d'accueil. Ils envisagent de faire une demande d'asile pour leurs clients, mais la procédure est longue. Les trois hommes attendent donc de savoir si le parquet fait appel du verdict, sans papier, sans statut.

Les trois hommes sont dans un no man's land juridique, selon Me Martin Pradel, avocat d'Abdurahman Ali Samatar  

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Il y a six mois, un premier Somalien avait été acquitté dans une autre affaire de piraterie, celle du Carré-d'As. Abdulahi Ahmed Guelleh vit avec 280 euros dans un foyer en banlieue parisienne. Il attend l'examen de sa demande d'asile, sans avoir le droit de travailler.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Nanar (anonyme),
Vote(s) 99
Ils sont en "mode survie" et la 1ère chose qu'il achète est un portable? Pourquoi pas un billet d'avion pour rentrer chez lui si les nuits à la belle étoile lui manquent?J'ai fait pas mal d'humanitaire dans le monde et en particulier en Somalie,je suis malgré tout choqué qu'on gaspille l'argent du contribuable,alors qu'on nous bassine avec les mots rigueur,austérité,crise...
Avatar de anonyme
Madble (anonyme),
Vote(s) 110
Bravo la France! Les acquittés devraient être pris en charge par la Justice et indemnisé, quatre ans en prison pour rien, cela a un coût...