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Bizutage : un mal silencieux

le Lundi 28 Mai 2012 à 07:15
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Plusieurs affaires ont défrayé la chronique ces derniers mois : viol présumé chez les pompiers de Paris, condamnation d'un jeune militaire pour désertion et en fin d'année dernière, exclusion de quatre étudiants à l'Université Paris Dauphine. La preuve que le bizutage n'a pas disparu... et qu'il reste compliqué de le dénoncer.

Un bizutage à Nîmes en 2011 © Radio France - Nathanaël Charbonnier

Le bizutage est un délit, puni de 6 mois de prison et 7.500 euros d'amende. La loi existe depuis 14 ans mais le poids des traditions, des institutions, le poids de la honte aussi font que les victimes se taisent souvent. Quant aux profs qui dénoncent ces pratiques, ils sont souvent seuls dans leur combat.

Cet enseignant (qui préfère rester anonyme) raconte qu'en 2004, dans l'établissement privé prestigieux où il enseigne, le bizutage de rentrée ne se passe pas très bien. Des étudiantes sont contraintes de lécher un poster porno ou le torse d'un garçon de leur promo, d'autres craquent, pleurent et dénoncent la pression psychologique des bizuteurs. L'enseignant alerte sa direction qui fait la sourde oreille. Il insiste et comme il ne se passe rien, finit par porter plainte. Résultat : la directrice obtient sa mutation.

"La direction ne voulait pas que ça s'ébruite" - Un enseignant

"Je voulais juste changer les pratiques", dit-il, "mais on m'a demandé : c'est quoi votre problème ? La direction ne voulait pas que ça s'ébruite. On m'a aussi dit que c'était moins pire qu'il y a quinze ans." La plainte de l'enseignant a été classée sans suite mais son combat n'aura pas été vain : dans son ancien établissement le bizutage est désormais formellement interdit.

Malgré tout, les établissements qui prennent d'eux-mêmes les devants contre le bizutage sont de plus en plus nombreux. De plus en plus d'universités, d'écoles de commerce ou d'ingénieurs ont des chartes de bonnes pratiques qui limitent par exemple les quantités d'alcool ou qui imposent la présence d'équipes médicales dans les soirées. En septembre dernier, le groupe IGS (8 écoles, plus de 12.000 étudiants entre Paris, Lyon et Toulouse) a carrément supprimé les week-ends d'intégration, remplacés par des séminaires plus institutionnels, pour ne plus pénaliser la minorité qui les vivaient mal.

"Nos étudiants avaient l'impression qu'on les privait de leur rite de passage dans le supérieur"

Sauf que supprimer ce rite de passage quasi initiatique a été très difficile à faire accepter, "parce que nos étudiants avaient l'impression qu'on les privait de leur rite de passage dans le supérieur", explique Thierry Teboul, le directeur régional en Ile de France. "Il a fallu faire oeuvre de pédagogie et leur expliquer, tout au long de l'année. Mais si l'on veut former des gens éclairés, ils doivent comprendre qu'il y a des limites. Mais ça prendra du temps".

Ca prendra du temps... Pour s'en convaincre il suffit d'écouter Raphaël, élève de 4e année en école de commerce à Paris : "Moi j'ai adoré mon week-end d'intégration, ça forge un esprit de corps ! Bien sûr certains ont trop bu, mais est-ce que ça m'a gêné ? Pas vraiment..."

Marie-Hélène Henry, présidente du CNCB, le Comité national contre le bizutage.  

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Je suis étudiant en Belgique. Ici, nous appelons ça le baptême et c'est légal. Je compare un peu ces dérives en France à la prohibition : le fait que cela doive être fait "caché" entraîne des dérives, alors qu'ici, les autorités ont un droit de regard sur les horaires, les activités, l'alcool, etc. Du coup pas de plaintes... Ce genre de rites existera toujours, autant les laisser à la lumière du jour et nous connaîtrons nettement moins de dérives... (PS : j'ai fait mon baptême et je n'ai pas été stigmatisé, choqué...)
Avatar de anonyme
alkama (anonyme),
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Pour un monde sans violence, il faut dénoncer sans cesse toutes formes de pratiques dégradantes. Il n'y a pas de petites violences, il faut agir, dénoncer et bannir définitivement la barbarie de nos civilisations.
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Bubusse (anonyme),
Vote(s) 105
"esprit de corps", bizutage et intégration sont les différentes facettes d'un même élément : Renoncer à son individualité pour faire partie d'une meute, et lui faire allégeance. les humiliations, ou les gages bon enfants ne sont qu'un moyen de montrer la soumission de l'individu et son renoncement, pour intégrer de force un groupe, parce qu'il n'a pas le choix ( armée, pompier, grande école... ). au delà des vacheries plus ou moins trashs que les "anciens" font subir aux "nouveaux", qu'on ne peut pas éliminer puisque bon enfant dans 90% des cas ( reste les 10% qui défraient la chronique par leur aspect délictuels voire criminels... ), c'est CA la question que les politiques, les profs et les élèves doivent se poser : "pourquoi renoncer à soi pour intégrer une meute ?" ce genre de rite à toujours existé, notamment dans les ordres guerriers ou religieux de toutes les époques et civilisations, parce que dans ces cas précis renoncer à l'individualité est une évidence ( soldat qui doit obéir, moine, etc... ). Elle a ensuite été poursuivie par les groupes fanatiques et criminels ( pègre, SS, etc... ) qui poursuivent les mêmes principes. Mais dans notre société du savoir, de la critique et de la liberté ? pire, au seins des grandes écoles ???
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Vote(s) 107
Après, faut aussi voir comment ça se passe : personnellement,y a pas eu d'"épreuves", ou d'animations trash, c'était très correct. Le seul bémol a été que certains ont trop bu, mais ça, ça n'a rien à voir avec le bizutage, y en a toujours eu et je vois pas comment le stopper.
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janvier 95 (anonyme),
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Je ne comprends pas cette façon de se donner de l'assurance , de vouloir a tout prix faire parti d'un groupe . C'est comme les enfants violés par leur parent a l'enfance ,adulte il reproduise le même schéma . Certains ont du sacrifier bcp pour intégrer un groupe et ils ne supportent pas le refus de celui qui pour s'intégrer ne se soumet pas a ce rite stupide . Une fois de plus les "traditions" nous empêchent d’être objectif . Au nom de la tradition on a le droit d’être : Violeur , alcoolique , raciste , intégriste , méchant !! la sémantique est responsable car appeler Bizutage un viol a de quoi déculpabiliser ceux qui le font .Ils ne comprennent pas pourquoi ils se retrouvent en prison comme ce pompiers de Paris qui au nom du bizutage s'est transformé en violeur le tps d'un trajet en bus ! La victime elle ne comprend pas pourquoi elle devrait refuser de se soumettre puisque meme les responsables étudiants et les anciens approuvent ce comportement . Les anciens qui ont été bizuté ne supporteront pas que les nouveaux puissent s'intégrer sans passer par la case bizutage ! Ils se disent j'en ai chier alors tu vas en chier aussi , juste par principe ! C'est comme ça quand on est faible on se soumet et on laisse tout esprit critique de coté au nom de la cohésion du groupe !