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Le juge antiterroriste Marc Trévidic, cible politique, après des déclarations sur France Info ?

le Vendredi 13 Janvier 2012 à 09:09
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Après une charge virulente du chef de l’Etat contre les magistrats il y a un an, le juge Trévidic avait répliqué sur France Info sur le même ton. Le président de l’Association française des magistrats instructeurs avait qualifié Nicolas Sarkozy de "multirécidiviste (des) attaques contre la justice". Depuis, le super-juge serait victime de brimades, écrit l’hebdomadaire Marianne.

Marianne affirme que le juge Trévidic est devenu une cible politique

"Il est la bête-noire des terroristes mais c’est le pouvoir qui veut sa peau", écrit l’hebdomadaire Marianne à paraître samedi. Un titre choc pour décrire le désarroi dans lequel se trouve le magistrat antiterroriste Marc Trevidic.

Qu’a-t-il fait pour mériter telle disgrâce ?
Déjà, il instruit des dossiers ultra-sensibles, suivis de très près par le pouvoir : l’affaire Karachi, l’assassinat des sept moines de Tibéhirine ou encore le génocide au Rwanda. Et il s’en sort plutôt bien.
Mais surtout, sur France Info le 7 février 2011, le super-juge s’en était pris au chef de l’Etat. Crime de lèse-majesté. Il avait qualifié Nicolas Sarkozy de "multirécidiviste" en matière "d’attaques contre la justice". Une phrase prononcée en pleine affaire Laetitia (cette jeune fille assassinée et dépecée à Pornic), alors que le président de la République avait durement mis en cause les magistrats."Je pense qu’il est largement temps de lui appliquer (à Nicolas Sarkozy, ndlr) la peine plancher parce qu’il faut être très dur avec les multirécidivistes", avait ajouté le juge Trévidic, qui parlait en tant que président de l’Association française des magistrats instructeurs (revoir la vidéo ci-dessous)

Un harcèlement misérable pour le faire trébucher, voie l’inciter à partir (…) Il est devenu une cible politique

Des déclarations que l’Elysée aurait peu goûtées. Et qui auraient "pesé lourd", écrit Marianne, "dans la décision de sa hiérarchie de mettre le juge au pas, voire à l’écart". A la clé, de nombreux bâtons jetés dans ses roues, des pressions, voire des brimades, qui ont conduit le juge Trévidic à saisir l’USM, principal syndicat de magistrats.

Dans les colonnes de l’hebdo, son collègue Gilbert Tiel affirme que Marc Trévidic va "mal". Il décrit "un homme visiblement affecté, fatigué, pour ne pas dire épuisé" et devenu "une cible politique" (…) A sa tâche difficile s’ajoute une politique de harcèlement misérable pour le faire trébucher, voire pour l’inciter à partir", ajoute le magistrat.
Le président de l’USM, Christophe Régnard, a saisi le premier président de la cour d’appel de Paris.
Contactée par l’hebdomadaire, la cour d’appel de Paris n’aurait, pour l’instant, pas souhaité réagir.