La réalisatrice Catherine Breillat poursuit Christophe Rocancourt pour abus de faiblesse. Elle l’accuse de lui avoir soutiré 700.000 euros en 2007 et 2008. Le procureur a requis deux ans de prison dont un avec sursis.
Catherine Breillat à son arrivée au tribunal © Reuters Jacky Naegelen
A la barre, il reconnaît avoir passé cinq années dans une prison américaine pour avoir escroqué des stars d'Hollywood qu'il fréquentait sous différents pseudonymes. Mais Christophe Rocancourt rejette les accusations d’abus de faiblesse portés par Catherine Breillat.
Devant le tribunal correctionnel de Paris, la réalisatrice a raconté lui avoir proposé un rôle dans un projet de film, "Bad Love", et lui avait confié l'écriture d'un scénario intitulé "La vie amoureuse de Christophe Rocancourt". A la signature de ce contrat, elle lui a signé un chèque de 25.000 euros. Douze autres ont suivi en l’espace d’un an et demi.
"Il se présentait comme un fils et moi comme la mère qu'il n'avait pas eue". Catherine Breillat
Elle accuse aujourd’hui celui qui était devenu son "meilleur ami" d’avoir profité de son état de grande fatigue consécutif à un accident vasculaire cérébral survenu en 2005. Elle souffre depuis de crises d'épilepsie, de troubles d'écriture et de calcul. La réalisatrice de "Romance" et "Tapage nocturne", âgée de 63 ans, a porté plainte en avril 2009.
"Je suis vouée au fauteuil roulant à court terme", explique-t-elle. "Il faut qu'on s'occupe de moi. Ou l'hôpital, ou le film, ou les gens du film. Ou Christophe Rocancourt, effectivement. Il se présentait comme un fils et moi comme la mère qu'il n'avait pas eue."
Des "avances" entièrement dépensées
Le playboy, 44 ans dont 12 passés en prison, reconnaît avoir touché les 703.000 euros. Mais il justifie cette somme par l’existence d’un "deuxième contrat", dont il n’a jamais pu montrer de copie, prévoyant qu’il tienne le premier rôle du film.
"Elle m'a versé des avances sur le film Bad Love", a-t-il raconté, avec un accord prévoyant que "si le film ne se faisait pas, ça se transformait en prêt". Cet argent, il l’admet, "je l'ai dépensé. Je suis quelqu'un qui dépense, qui ne sait pas gérer l'argent".
En plus des deux ans de prison requis, dont un ferme, le procureur Bernard Thouvenot a demandé au tribunal correctionnel d'obliger Christophe Rocancourt à rembourser les 703.000 euros.

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