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"Immersion Piss Christ" : quatre personnes jugées pour vandalisme

le Mercredi 18 Juillet 2012 à 22:17 mis à jour le Jeudi 19 juillet à 09:30
Par Caroline Caldier

Le tribunal correctionnel d'Avignon juge aujourd'hui quatre prévenus accusés d'avoir vandalisé des œuvres d'Andres Serrano exposées en 2011 à la collection Yvon Lambert. La plus connue, "Immersion Piss Christ", est une photographie d'un crucifix trempé dans l'urine de l'artiste.

Les quatre prévenus sont poursuivis pour "dégradation d'un bien culturel". Le 17 avril 2011, munis de marteau, ils avaient détruit deux clichés d'Andres Serrano : "Immersion Piss Christ" et "Sœur Jeanne Myriam", exposés à la collection Yvon Lambert. Frédéric Miterrand, alors ministre de la Culture à l'époque des faits, avait condamné cet acte, une "atteinte à un principe fondamental, la présentation de ces œuvres relevant pleinement de la liberté de création et d'expression". Me Tricoire, l'avocate de la collection Lambert et de lartiste, le rejoint aujourd'hui soulignant "le dommage irréparable fait aux œuvres".

Expertisées par la maison d'enchères Christie's à 250.000 euros pour "Piss Christ" et 25.000 euros pour l'autre, "elles sont à jeter à la poubelle". Montrées aux visiteurs en l'état après leur dégradation "par souci de pédagogie", elles ne seront désormais plus exposées, selon Me Tricoire,  qui viendra avec les oeuvres au tribunal.

Mais Me Tricoire redoute que le débat reste sur la forme et n'aborde pas le fond. En effet, la défense compte soulever une requête en nullité de la procédure et une question prioritaire de constitutionnalité."On ne sait pas exactement ce qu'on nous reproche", a argué l'avocat des prévenus.

 

Les quatre agresseurs de la photo sont des jeunes de 20 à 29 ans, tous proches de l'extrême droite. Philippe Paupert  
 

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Par Caroline Caldier
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Vos réactions sur cette info
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Benito molotov (anonyme),
Je pense que l'action de saccager ces deux photographies peut être considéré comme une expression artistique de la part de ces 4 futurs artistes incompris. À travers le geste symbolique du coup de marteau sur la vitre (d'ailleurs le choix même du marteau n'est pas anodin, dois-je rappeler que Jésus était charpentier et que le marteau est dans le métier de charpentier un outil essentiel ?) figure une sorte de libération du Messie de la prison excrémentielle dans laquelle il est enfermé, briser la vitre servant à protéger la photographie serait en quelque sorte équivalent à briser la paroi vitrée du réceptacle déshonorant dans lequel on l'a emprisonné, ceci afin qu'il puisse en quelque sorte revivre, sortir de son calvaire, ressusciter. Il ne s'agit pas seulement donc d'un "saccage" comme certains réfractaires au véritable art moderne peuvent prétendre, mais bien d'une œuvre d'art à part entière, extrêmement provocante et dont le support déroutant la place à l'avant-garde esthétique contemporaine, réprimer cette forme d'expression artistique novatrice serait une preuve de fermeture d'esprit et de mépris pour la liberté créatrice.
Avatar de anonyme
Pascal (anonyme),
Mon Christ est éternel et intouchable. La raison et la folie sont parfois si proche... et la sagesse ne demande t-elle pas à ce qu'on médite sur les évènements que l'on attirent à soi ? ...
Avatar de anonyme
Philippe (anonyme),
J'ai beau être viscéralement anticlérical, considérer l'Eglise comme une secte dangereuse... soutien actif à tous les dictateurs espagnol et sud-américains, hypocrisie, turpitudes entre autres, je trouve cette "oeuvre" lamentable, voire scandaleuse et déshonorante. Elle est sale et dramatiquement infantile. Elle milite activement pour l'instauration d'une censure.
Avatar de anonyme
Au travers de leurs œuvres, certains trouvent peut-être un certain soulagement à dénigrer la religion. On peut même dire que c'est un effet "tendance" : le raccourci vers la provocation est tout trouvé, l'impact médiatique immédiat, la publicité assurée, bref une notoriété gagnée sur de la matière fécale (pour être poli tout en restant dans le thème)... La facilité, donc. Pourquoi ne pas suggérer à cet "artiste" de choisir d'autres religion pour aiguiser cette soif de mise en valeur de son ego?? Les conséquences seraient peut-être autres.... Contrairement aux propos de M. Mitterand, on pourrait dans ce cas parler d'intolérance. Et de grâce, messieurs les journalistes, arrêtez de mêler à tout va religion et politique, d'autres pays le font déjà et on connaît le résultat...
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