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EXCLUSIF Vers un nouveau scandale de licenciements abusifs chez Renault

le Lundi 5 Mars 2012 à 21:42 mis à jour le Mardi 6 mars à 06:00
Par Elodie Gueguen

Peut-être un nouveau scandale de licenciements abusifs chez Renault © Fotolia.com - Thomas Padilla

Peut-être un nouveau scandale de licenciements abusifs au plus haut niveau chez Renault. Il y a un an, trois cadres avaient été injustement mis en cause pour espionnage industriel. L'enquête menée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a finalement révélé que les soupçons n'étaient pas fondés et que des dossiers compromettant pour les salariés avaient été montés de toutes pièces (voir encadré).

France Info révèle ce matin qu'il y aurait eu un précédent, une affaire similaire en 2009 : trois cadres travaillant au Luxembourg pour RRG, la filiale distribution de Renault, ont été licenciés ou poussés à la démission. Deux de ces anciens hauts dirigeants viennent de se constituer partie civile dans le dossier instruit à Paris. L’un est Français, il était le directeur financier de RRG Luxembourg, l’autre est de nationalité portugaise, il occupait le poste de directeur général des services techniques de la filiale.

Les deux hommes ont toujours eu la conviction d'avoir été mis à la porte de Renault à la suite de fausses accusations de malversations financières. Ils avaient des doutes, mais pas de preuves. Ces preuves leur auraient finalement été apportées au cours de l’été par les policiers du contre-espionnage français qui enquêtent sur la fausse affaire d'espionnage industriel. Le 5 juillet, la DCRI a mené des perquisitions au siège de Renault et elle aurait trouvé les pièces qui avaient permis de soupçonner les cadres luxembourgeois. Parmi les documents saisis : des relevés bancaires des salariés, laissant apparaître des mouvements de fonds suspects.

Le feu vert du parquet pour enquêter sur le "précédent luxembourgeois"

Selon une note de synthèse de la DCRI, ces relevés comme d'autres éléments à charge seraient des faux. Les dossiers auraient été montés de toutes pièces. Les anciens cadres luxembourgeois auraient d'ailleurs pu fournir la preuve aux enquêteurs qu'ils n'avaient jamais eu de telles sommes sur leurs comptes en banque.

Dans cette nouvelle affaire, la direction de la  sécurité de Renault pourrait être encore une fois mise en cause. Le juge Hervé Robert, qui instruit la fausse affaire d’espionnage, vient d’obtenir le feu vert du parquet de Paris pour enquêter sur ce "précédent luxembourgeois". Si les faits rapportés par la DCRI sont avérés, le magistrat va tenter de juger si la direction de Renault s’est laissé abuser ou si elle a une part de responsabilité. Car, une nouvelle fois, le constructeur aurait accepté de payer des sources pour obtenir des renseignements sur des cadres soupçonnés de malversations.

"Il y a un coupable et lorsque nous l'aurons trouvé, il devra rendre des comptes, quel qu’il soit"   
Me Alexandre Varault, avocat des trois cadres

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