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Campagne Balladur : un politologue américain payé avec les pots-de-vin de l'affaire Karachi ?

le Mardi 30 octobre 2012 à 06:15
Par Elodie Gueguen

Le politologue américain aurait conseillé Edouard Balladur pour sa campagne de 1995. © Maxppp

INFORMATION FRANCE INFO : Le juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur le volet politico-financier de l'affaire Karachi, lance une commission rogatoire internationale pour pouvoir interroger un mystérieux politologue américain. Paul Manafort, "spin doctor" reconnu à Washington, aurait pu conseiller Edouard Balladur pour sa campagne présidentielle en 1995. La justice cherche à savoir si ce ne sont pas les pots-de-vin sur les contrats d'armement qui ont servi à payer le consultant américain.

Paul Manafort est un consultant réputé. Pendant les campagnes présidentielles américaines, il a conseillé successivement Ronald Reagan, George Bush, John Mc Cain. On lui doit aussi la victoire en Ukraine du président Ianoukovitch. Il a été également le conseiller de personnages plus sulfureux comme le dictateur Marcos aux Philippines et le chef des rebelles Savimbi en Angola. Durant sa longue carrière, Paul Manafort a-t-il prodigué des conseils à Edouard Balladur dans l'optique de l'élection présidentielle française de 1995 ? C'est la piste aujourd'hui suivie par le juge Renaud Van Ruymbeke.

"Manafort transmettait des fax en anglais au camp Balladur"

Le célèbre magistrat se base sur les déclarations de Nicola Johnson, l'ex femme de Ziad Takieddine - cet homme d'affaires soupçonné d'avoir joué les intermédiaires lors de la négociation de marchés d'armement conclus par le gouvernement Balladur avec le Pakistan et avec l'Arabie Saoudite -. Devant les enquêteurs, Nicola Johnson a affirmé que le politologue américain, qui avait une société de communication, a donné des conseils pour la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Selon elle, des fax en anglais arrivaient au domicile des Takieddine, l'homme d'affaire devait se charger de les traduire et de les transmettre au camp Balladur. "Qui aurait embauché Paul Manafort pour la campagne présidentielle d'Edouard Balladur ?", demande un enquêteur. "J'imagine El Assir et Ziad [Abdul Rahman El Assir est aussi mis en examen dans ce dossier. Ce riche homme d'affaires aurait été l'associé de Ziad Takieddine pour jouer les intermédiaires dans la négociation de gros contrats d'armement, NDLR]. Je pense qu'ils l'ont payé."

Manafort a reçu 252 mille dollars

Parallèlement, le juge Van Ruymbeke a exhumé des documents bancaires et ils coïncident avec les déclarations de Nicola Johnson. Entre septembre 1994 et août 1995, Paul Manafort a reçu 252 mille dollars de la part d'Abdul Rahman El Assir. En tout, cinq versements émanant d'un compte ouvert par El Assir dans une banque de Genève. Renaud Van Ruymbeke pense que c'est sur ce compte que transitaient les commissions versés en marge des contrats d'armement conclus par le gouvernement Balladur. Des commissions qui pourraient avoir été partiellement détournées pour financer la campagne du frère ennemi de Jacques Chirac.

En deux ans de procédure, les juges ont accumulé des éléments sur des retraits d'argent en espèces opérés en Suisse selon un schéma complexe impliquant Ziad Takieddine et son associé ainsi qu'un ami de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert. L'argent aurait été remis en mains propres à Paris au directeur de la campagne balladurienne, Nicolas Bazire. Hier Bazire a de nouveau été mis en examen dans ce dossier, pour des faits de "recel d'abus de biens sociaux".

Takieddine se mure dans le silence

Le 16 octobre, le juge Van Ruymbeke a voulu interroger Ziad Takieddine sur l'éventuel rôle joué par le politologue Paul Manafort dans la campagne française de 1995. L'homme d'affaires franco-libanais a refusé de répondre aux questions du magistrat. Renaud Van Ruymbeke veut en avoir le coeur net. Il lance donc une commission rogatoire internationale avec les Etats-Unis, préalable nécessaire pour pouvoir un peut-être un jour auditionner le consultant américain qui détient, peut-être, la clé du mystère du financement de la campagne d'Edouard Balladur.

Interrogée par France Info, l'épouse de Paul Manafort a confirmé que son mari avait fait des affaires dans le passé avec l'hommes d'affaires Abdul Raman El Assir. Mais elle affirme n'avoir aucun souvenir d'Edouard Balladur. Paul Manafort, lui, n'a pas donné suite à nos nombreuses sollicitations. 

Par Elodie Gueguen
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
aannaa (anonyme),
tiens! encore une faute d'orthographe!!!
Avatar de anonyme
robbyb (anonyme),
A quand l'abolition de l'immunité parlementaire ?
Avatar de anonyme
Certes, beaucoup d'argent ont été distribués, n’oublions pas les victimes en France ou au Pakistan. Quelle justice pour ces crimes? cour de la République ou cour d'assise? ce qui n''est pas pareil. Il faut rapidement réformé cette haute cour pour notable pour rendre chacun justiciable selon la Loi et non selon leur Loi. Tous cela dépend d'une grande réforme de la Justice en posant la question aussi, de l'immunité du Président. Car une vrai démocratie juge sans distinction pour le moment nous sommes dans une pseudo démocratie. Il faut aussi rendre totalement indépendant la justice, sous le controle non plus du ministère mais d'une agence ou siègerons tous les corps de métier et des citoyens tirer au sort qui nommerons par vote les magistrats, qui demanderons compte au juge et lui empresserons de poursuivre son enquête.
Avatar de anonyme
Si c'est confirmé ; on pourra dire que cette pratique du culte de la personnalité, du "tout à légo" dirait on aujourd'hui; ça sent mauvais!