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AZF : 11e anniversaire de la catastrophe, à trois jours du jugement d'appel

le Vendredi 21 Septembre 2012 à 15:35
Par Rémi Ink

Un peu moins de 500 personnes ont commémoré la catastrophe de l'usine AZF à Toulouse vendredi. Une cérémonie à trois jours du jugement d'appel sur le désastre survenu il y a 11 ans. Les affrontements continuent autour de la culpabilité de l'industriel Total et de l'ancien directeur de l'usine. Des associations de victimes également divisées sur la façon de commémorer l'évènement.

La cour d'appel de Toulouse rendra lundi prochain sa décision à l'égard de l'ex-directeur de l'usine AZF de Toulouse, Serge Biechlin, et de son propriétaire Grande Paroisse (groupe Total). Ils sont poursuivis pour homicides involontaires à la suite de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse qui a fait 31 morts et des milliers de blessés, il y a 11 ans. Ce matin, certaines associations de victimes et des anciens salariés du site se sont recueillis devant le nouveau mémorial.

Plusieurs cérémonies et des associations divisées

Le 21 septembre 2001, à 10h17, l'usine chimique AZF de Toulouse explose. Bilan : 31 morts et des milliers de blessés. Onze ans après, à la même heure, la sirène de la ville retentit. Une cérémonie commune s'est déroulée à l'initiative de la mairie de la ville rose autour du nouveau mémorial fraîchement livré sur le site de l'ancienne usine. Pas de prise de parole mais une minute de silence et les noms des 31 victimes qui retentissent.

Ce monument unique symbolise la volonté de la mairie socialiste d'organiser une cérémonie commune mais toutes les tensions sont loin d'être apaisées.

Le reportage de Stéphane Iglésis  
 

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Depuis onze ans, les associations de victimes sont toujours divisées sur la façon de commémorer cet événement qui reste la plus importante catastrophe industrielle en France depuis la Seconde guerre mondiale.

D'autres rassemblements ont d'ailleurs lieu en marge de la cérémonie officielle. L'Association des sinistrés du 21 septembre, s'est réunie dans la matinée au rond-point du même nom et a maintenu sa "manifestation revendicative".

Le maire de Toulouse Pierre Cohen (PS) a assisté successivement à deux cérémonies à un quart d'heure d'intervalle, dont celle des anciens salariés de l'usine, réunis au sein de l'association AZ Mémoire et Solidarité. Ils se sont réunis à 10h devant leur propre stèle, près des anciens postes de garde de l'usine.

Arrêt de la cour d'appel de Toulouse dans trois jours

Serge Biechlin, l'ancien directeur du site chimique poursuivi pour "homicide involontaire", confie son "impatience". La cour d'appel de Toulouse rendra sa décision dans trois jours. Il dit espérer une décision identique à la relaxe générale prononcée en première instance.

Au terme de cinq ans d'enquête pour expliquer les causes de la catastrophe industrielle, les experts judiciaires ont conclu dans leur rapport final, en mai 2006, à un accident chimique rendu possible par une série de "négligences" et de "dysfonctionnements". Selon eux, il aurait été provoqué par le mélange dans une benne à déchets de deux produits incompatibles surtout en présence d'humidité.

Il y a un mois, une contre-enquête remettait en cause la thèse de l'accusation et avait créé l'émoi.

Le directeur de l'usine et son propriétaire Grande Paroisse (groupe Total) ont été relaxés en première instance, faute de preuve matérielle. Devant quelques journalistes, Pierre Cohen, maire de Toulouse confiait : "Une nouvelle relaxe faute de preuve matérielle serait frustrante pour les victimes, car le dossier contient les éléments d'une culpabilité."

 

Par Rémi Ink
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