aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Affaire Karachi : un témoignage compromet Ziad Takieddine dans le volet financier

le Lundi 3 Septembre 2012 à 13:06
  • Votre évaluation : Aucun Moyenne : 4.7 (3 votes)

INFORMATION FRANCE INFO - L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, intermédiaire en armement qui a travaillé pour le compte du gouvernement Balladur, semble lâché par son ancien associé, Abdul Rahman El Assir. Devant le procureur de Genève et des policiers français de la DNIF, ce dernier a livré des éléments très intéressants pour le juge Renaud Van Ruymbeke, le magistrat qui instruit le volet financier du dossier Karachi, et qui enquête sur un possible financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur

Ziad Takieddine © Reuters - Gonzalo Fuentes

Abdul Rahman El Assir, qui a  été arrêté au mois de mai en Suisse alors que la justice française le recherchait depuis plusieurs années, raconte d'abord qu'avec Ziad Takieddine ils ont touché des commissions sur le contrat Agosta, un marché d'armement conclu entre le gouvernement Balladur et le Pakistan en 1994. Ce contrat  pourrait être la toile de fond de l'attentat de Karachi, dans lequel onze salariés français de DCN ont trouvé la mort en mai 2002. Or, Ziad Takieddine a toujours nié avoir participé de près ou de loin à la signature d'Agosta, martelant ne pas avoir touché un seul centime de commissions.

Son ancien associé affirme aujourd'hui le contraire ! Il prétend même que Ziad Takieddine est à l'origine d'un système de paiement occulte. "Il souhaitait recevoir sa participation en espèces" raconte El Assir,

"c'est la raison pour laquelle nous avons mis en place le mécanisme de mise à disposition de l'argent à Genève auprès de l'ancienne banque SCS Alliance".

L'argent des commissions des marchés d'armement arrivait sur le compte personnel d'un ami d'El Assir, le Cheikh Al Sabah. Un associé des hommes d'affaires, Mustapha El Jundi, remettait à Ziad Takieddine les espèces qu'il recevait de la banque.

El Assir enfonce le clou: "Ziad Takieddine souhaitait cette confidentialité car il craignait les douanes françaises et la surveillance des banques suisses par des inspecteurs français".

 Une audition très intéressante pour le juge d'instruction Van Ruymbeke qui tente de démontrer que l'argent provenant des commissions perçues par Ziad Takieddine a servi à financer illégalement la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

 Soupçonné par la justice d'avoir été un intermédiaire imposé à la dernière minute lors de la négociation de contrats d'armements avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan, Ziad Takieddine a été mis en examen à trois reprises dans ce dossier, pour recel d'abus sociaux aggravé, faux témoignage et blanchiment aggravé. La justice a par ailleurs saisi ses comptes et des biens immobiliers, dont sa villa à Antibes et son bateau dont le juge Van Ruymbeke a demandé la vente.