aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Affaire Clearstream : le juge van Ruymbeke ne sera pas sanctionné

le Mercredi 3 Octobre 2012 à 11:44
Par Rémi Ink

PORTRAIT Renaud van Ruymbeke s'est fait une spécialité : les affaires sensibles. A 60 ans, il est rompu aux dossiers complexes et aux attaques politiques. Il comparaît mercredi devant le Conseil supérieur de la Magistrature dans le cadre d'une procédure lancée contre lui en 2006 pour son action en marge de l'affaire Clearstream. Avant l'audience, il s'est dit "serein et déterminé".

Karachi, Kerviel, frégates de Taïwan, Elf, Clearstream...  Tous ces feuilletons politico-financiers ultra-médiatiques ont un point commun : Renaud van Ruymbeke.

Le juge emblématique de la lutte contre la corruption comparaît mercredi devant le Conseil supérieur de la Magistrature dans le cadre d'une procédure lancée contre lui en 2006 pour son action en marge de l'affaire Clearstream. 

Pas de sanction demandée

Il lui est reproché d'avoir pris un peu trop de libertés dans ce dossier. Il avait parlé, en dehors du procès verbal, au "corbeau" de l'affaire, Jean-Louis Gergorin. Le juge Van Ruymbeke enquêtait à l'époque sur des soupçons de rétrocommissions dans la vente de frégates à Taïwan (l'un des volets de l'affaire Karachi). Gergorin lui aurait affirmé pouvoir faire avancer son enquête, mais ne souhaitait pas apparaître dans la procédure.

Lors de la première comparution du juge devant le CSM, en 2007, la Chancellerie avait requis une simple "réprimande". Cette fois-ci, le ministère a renoncé à demander des sanctions contre le juge.

Avant l'audience, Renaud van Ruymbeke s'est dit "serein et déterminé", jugeant les poursuites engagées contre lui "dérisoires, à la limite de l'absurde"

Renaud van Ruymbeke : "Des poursuites engagées pour des raisons politiques"  

Lecture
 
Partager

Depuis six ans que dure cette procédure, le juge a été privé de toute promotion. Le CSM mettra sa décision en délibéré. 

Renaud van Ruymbeke, un juge poil à gratter

Très rapidement, dès le début de sa carrière, Renaud van Ruymbeke s'est heurté au pouvoir, à la droite giscardienne pour commencer. L'affaire des terrains de Ramatuelle est marquée par le suicide en 1979 du ministre du Travail Robert Boulin qui l'avait accusé d'avoir voulu "faire un carton sur un ministre"

Il hérite au début des années 90 du délicat dossier Urba-Sages sur le financement du Parti socialiste et organise une perquisition surprise au siège du PS, avant de mettre en examen l'ex-trésorier du parti Henri Emmanuelli. Il devient la bête noire de l'ère Mitterrand.

Depuis 2010, il instruit un autre brûlot : le volet financier du dossier Karachi sur des soupçons de financement illicite de la campagne d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole en 1995. 

Depuis, Jérôme Kerviel, qui lui reproche son "aveuglement" face à aux accusations de la Société Générale, ou encore l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine qui l'accuse de "détournement de procédure" dans le dossier Karachi, ont défilé dans son bureau.

Par Rémi Ink
aller directement au contenu