Tahiti: les avocates d'une douanière mettent en cause les policiers après une plainte pour viol

par Mikaël Roparz vendredi 10 août 2012 10:37
Mikaël Roparz Radio France

La douanière de Polynésie française qui avait porté plainte pour viol fin juillet contre des collègues de travail met en cause aujourd'hui les policiers. Ses avocates estiment que leur cliente a été victime de "pressions" et a été "mal traitée" par la police.

Près d'une semaine après la mise en examen de quatre douaniers pour viol aggravé sur une collègue, les avocates de la fonctionnaire s'indignent de la manière dont s'est passé son audition lorsqu'elle est venue porter plainte.
Il y a eu des "pressions" disent les avocates. "Notre cliente a eu l'impression qu'on lui reprochait d'avoir dénoncé les faits gravissimes qu'elle impute à plusieurs fonctionnaires des douanes", a affirmé Me Aurélie Reynaud.
"La police est allée la chercher à son domicile pour lui imposer sans nécessité une audition en pleine nuit, entre 22H00 et 01H00 du matin, elle l'a soumise à une fouille corporelle en bas de son immeuble, elle lui a refusé le droit d'être assistée par un avocat lors des auditions", s'indigne aussi l'avocate.
"La police est même allée jusqu'à envoyer trois enquêteurs à notre cabinet, avec la velléité d'interrompre notre entretien avec la victime et de la ramener au commissariat pour une énième audition ; cette irruption de trois policiers dans un cabinet d'avocats est insolite et contraire à tous les usages", ajoutent les avocates.

Minimiser les faits

Pour les avocates de la plaignante, ces pressions "pourraient laisser croire que certains enquêteurs tentent de minimiser les faits en faveur des agents mis en cause, pour ne pas dire étouffer cette affaire particulièrement sensible".
Les avocats évoquent une ''manipulation" de l'information.
 
"Le syndicat national des officiers de police ne souscrit pas aux propos tenus par les avocates", a indiqué le capitaine Vaitiare Dupond, représentante du SNOP en Polynésie française.

La fonctionnaire des douanes avait déposé plainte le 26 juillet. Les faits se seraient déroulés au large de Tahiti dans un patrouilleur des douanes.