Mohamed Merah n'était pas si solitaire

par Mélody Piu jeudi 23 août 2012 17:42, mis à jour le jeudi 23 août 2012 à 18h27
Handout Reuters

Le tueur au scooter de Toulouse et Montauban aurait passé près de 200 coups de téléphone à des correspondants à l'étranger dans 20 pays différents. Ces nouvelles révélations du journal "Le Monde", qui a pu avoir accès aux documents de la DCRI, accréditent la piste islamiste et l'influence cruciale du frère de Mohamed Merah.

Nouvelles révélations dans l'affaire Merah. Dans l'un des 23 documents déclassifiés de la Direction centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), que le quotidien Le Monde a pu consulter, il est indiqué que Mohamed Merah était en contact avec plusieurs correspondants à l'étranger répartis dans 20 pays différents.

1.863 coups de fil en
six mois dont 186 à l'étranger

Selon la note de la DCRI, datant du 26 avril 2011, Mohamed Merah aurait passé 1.863 coups de téléphone entre le 1er septembre 2010 et le 20 février 2011, dont 186 appels vers une vingtaine de pays dont le Maroc, la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Côte d'Ivoire, le Kenya, la Croatie, la Roumanie, la Bolivie, la Thaïlande, la Russie, le Kazhaskstan, le Laos, Taïwan, la Turquie, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Israël, le Bhoutan ainsi que l'Algérie et l'Egypte où résident des membres de sa famille. 

Toutefois, les documents ne permettent pas de savoir qui exactement se cache derrière les numéros. Même si pour le quotidien Le Monde, "Les enquêteurs de la DCRI ont sûrement identifié quelques-uns de ces
interlocuteurs
".

Mohamed Merah repéré depuis 2009

Les notes de la DCRI revèlent également que Mohamed Merah était connu par les services de renseignement intérieur depuis 2009. Des services qui s'étaient auparavant intéressés à son frère et sa soeur Souad en 2008. Abdelkader aurait notamment effectué de nombreux voyages en Egypte avec la complicité d'un des principaux mis en examen de la filière islamiste toulousaine, Sabri Essid.

Mais Mohamed Merah ne sera surveillé de près qu'à partir d'avril 2011. "Le dispositif de surveillance dynamique engagé sur
Mohamed Merah démontre qu'après une période de latence et d'observation,
l'objectif amorce un rapprochement avec la mouvance salafiste toulousaine, en
particulier avec [ici le nom est noirci pour préserver sa confidentialité]; mais également
et plus intéressant encore avec [là, deux noms sont noircis pour les mêmes
raisons]; tous deux partis récemment en Mauritanie
", mentionne une note
d'avril 2011 citée par Le Monde.