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A minuit, Nicolas Sarkozy redevient un justiciable "normal"

le Jeudi 14 Juin 2012 à 15:53 mis à jour le Vendredi 15 juin à 05:00
Par Gilles Halais

Un mois tout juste après avoir quitté l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'est plus protégé par son immunité présidentielle. A compter de demain matin, il est de nouveau exposé à d'éventuelles poursuites ou convocations devant les juges, notamment comme témoin. Les affaires où son nom est cité ne manquent pas...

Dès demain matin, Nicolas Sarkozy est susceptible de devoir répondre à des convocations des juges. Un mois après avoir quitté ses fonctions de président de la République, il ne bénéficie plus de l'immunité pénale qui faisait de lui un citoyen au-dessus des lois.

Premiers à être impatients de l'entendre, les juges bordelais en charge des affaires Bettencourt. L'un des volets porte sur le financement présumé illégal de sa campagne présidentielle de 2007. L'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt est en détention provisoire depuis près de trois mois, et des confrontations clé ont été organisées ces derniers jours.
Dans le viseur des magistrats, deux retraits en espèces effectués sur les comptes Bettencourt. Ces deux fois  400.000 euros pourraient avoir été confiés au trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth.

Bettencourt, Karachi, Libye, sondages...

Toujours au sujet de sa campagne de 2007, il y a aussi le volet libyen. Nicolas Sarkozy a-t-il bénéficié d'un versement de 50 millions d'euros, comme le laisse entendre un document attribué à un ex-homme de confiance de Kadhafi, et rendu public entre les deux tours de la présidentielle 2012 ? Nicolas Sarkozy a parlé d'"infamie" et déposé plainte pour "faux" et "publication de fausses nouvelles."

Plus ancien mais aussi embarrassant, le dossier Karachi. Plus spécialement les rétro-commissions qui pourraient avoir financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Nicolas Sarkozy était alors ministre du Budget et porte-parole de campagne d'Edouard Balladur. Mais, selon certaines sources, de nombreuses investigations restent à réaliser avant une éventuelle convocation de l'ex-chef de l'Etat.
Les poursuites relèveraient alors de la Cour de justice de la République, seule institution compétente pour les actes ministériels.

Chirac cité dans une demi-douzaine d'affaires

Il y a enfin l'affaire des sondages de l'Elysée. L'immunité présidentielle avait fait barrage, en novembre dernier, à l'enquête sur la convention signée entre l'Elysée et le cabinet d'études Publifact, dirigé par un proche de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. La levée de l'immunité pourrait relancer les investigations.

Si Nicolas Sarkozy devait avoir maille à partir avec la justice, il ne serait pas le premier. Jacques Chirac, cité dans une demi-douzaine d'affaires, avait été entendu dans certaines d'entre elles. La première convocation chez les juges était tombée deux mois après son départ de l'Elysée.
Dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, Jacques Chirac a été condamné, le 15 décembre dernier, à deux ans de prison avec sursis. Il n'a pas fait appel.

Faut-il réformer l'immunité des présidents de la République ? Non, pour Guy Carcassonne, professeur de droit constitutionnel  

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Par Gilles Halais
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Marc Sabatés (anonyme),
C ' est normal ! Egalité ,fraternité , liberté .Moi à Signes Var on me cambriole les gendarmes du Beausset ne viennent pas à mon secours.
Avatar de anonyme
Je trouve les propos de Guy Carcassonne très juste. Je crois que la France a besoin de révéler au monde sa catharsis plus que ses propres démangeaisons ou ses stigmatisations générant la paranoïa.
Avatar de anonyme
Pots de vin et fuite des capitaux : les deux mamelles de l'enrichissement personnel et de l'accès au pouvoir (l'un et l'autre étant directement ou indirectement liés). Environ 600 milliards d'euros ont échappé à l'imposition en France, et on trouvé refuge dans les paradis fiscaux. Qui le tolère ? Eh bien ceux-là même qui, en échange du consentement, financent leur pouvoir, et la boucle est bouclée. Après, on vient demander au bas peuple de payer les impots, soit disant parce qu'on vit au-dessus de nos moyens. Finalement, on n'a pas évolué par rapport au moyen age, où les impots affamaient le peuple pour engraisser la caste dirigeante.
Avatar de anonyme
christophe (anonyme) @ cruys (anonyme),
bonjour, Je crois que vous avez malheureusement bien résumé la situation. J'aime assez votre dernière phrase en particulier.
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