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L'hégémonie de Google sur la sellette

le Vendredi 11 Janvier 2013 à 10:53 mis à jour à 14:00
Par Julien Baldacchino

Le géant américain de la recherche sur Internet est dans la ligne de mire de l'Union européenne qui la soupçonne de favoriser les résultats de ses propres moteurs de recherche spécialisés lorsqu'un utilisateur effectue une recherche. Plus largement, Google est aujourd'hui attaqué sur plusieurs fronts en matière de concurrence et de partage des bénéfices.

"Google détourne le trafic" sur Internet, selon le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia. Dans un entretien accordé jeudi au Financial Times, il met en cause "la manière dont Google présente ses propres services", qui fait déjà l'objet de plusieurs plaintes et d'enquêtes pour abus de position dominante.

L'Union européenne reproche à Google de toujours mettre en avant ses propres moteurs de recherche verticale. En clair, cela signifie que lors d'une recherche concernant un film à l'affiche, par exemple, le premier résultat sera fourni par Google Movies, et non par un site tiers. Même chose, par exemple, pour les comparateurs de voyages.

Une enquête ouverte depuis 2010

En réalité, ces soupçons de "traitement préférentiel" visant Google ne sont pas nouveaux. En novembre 2010, le portail de comparateurs de prix Ciao!, détenu par Microsoft, a déposé une plainte devant la Commission européenne, qui a ouvert une enquête. Un moteur de recherche français spécialisé dans le droit, eJustice, a également porté plainte. Il accuse Google de l'avoir "déréférencé", de sorte que les résultats d'eJustice n'apparaissent plus dans Google. La raison ? Selon Dominique Barella, le créateur du site, qui répondait au moment de la plainte au site Rue89, "Google nous a envoyés au tapis trois fois. Ils ont fait pression pour qu'on passe sous leur algorithme, et pour qu'on utilise leur système de publicité", ce qu'ils avaient refusé. En 2012, les plaintes des sites de voyage Expedia et TripAdvisor se sont ajoutées aux plaintes déjà existantes.

En décembre dernier, les relations entre Google et l'Union européenne semblaient s'être améliorées : après un entretien avec le PDG de Google Eric Schmidt, Joaquin Alumnia avait déclaré que les "divergences avaient été réduites", et qu'un engagement aurait lieu en janvier 2013. Sans quoi des sanctions pourraient être imposées à Google, à hauteur de 10% de son chiffre d'affaires.

Des plaintes concernant des brevets        

Aux Etats-Unis aussi, plusieurs plaintes soupçonnant Google de pratiques anti-concurrence avaient été déposées devant l'équivalent de l'autorité de la concurrence, la FTC. Mais cette dernière a blanchi début janvier Google dans une enquête analogue : selon elle, la modification de la présentation des résultats, au même titre que la modification de l'algorithme, peuvent se justifier par un souci d'améliorer le fonctionnement général du moteur de recherche.

La plainte contre Google devant la FTC contenait toutefois un autre volet, portant sur la propriété intellectuelle, sur lequel Google a dû céder du terrain. Car le géant américain a racheté Motorola Mobility en mai dernier, enrichissant considérablement son portefeuille de brevets. Google a dû s'engager à lâcher du lest sur les conditions d'accès aux brevets "essentiels" en matière de téléphonie, c'est-à-dire aux technologies qui sont devenues – ou sont en passe de devenir – des standards. La FTC et Google ont donc signé un accord sur des conditions d'accès "justes, raisonnables et non discriminatoires" à ces technologies mobiles. Conséquence : mercredi 9 janvier dernier, Google a abandonné deux plaintes pour violation de brevets engagées contre Microsoft.

Dernier volet de l'affaire : un volet commercial, visant les services de publicité en ligne de Google, AdWords et AdSense. Jusqu'à présent, Google empêchait ses annonceurs de mener une même campagne de publicité sur plusieurs plate-formes. Désormais, selon l'accord conclu, les annonceurs pourront exporter leurs campagnes AdWords vers d'autres vendeurs d'espace publicitaire.

Un géant tout-puissant ?

La question de l'hégémonie de Google, et pas seulement en matière de concurrence, est régulièrement posée. Depuis des mois, les fournisseurs d'accès à Internet sont eux aussi en guerre contre Google, pour des raisons de partage des bénéfices. Le trafic croissant d'internautes sur les sites de vidéo en ligne, dont YouTube – filiale de Google – oblige les fournisseurs d'accès à acquérir plus de serveurs, pour augmenter le débit de données disponibles. Pour les FAI, Google doit mettre la main au portefeuille et aider les investissements nécessaires. Le point d'orgue de cette confrontation est intervenu début janvier, avec le blocage par Free des publicités provenant de Google, en signe de menace.

La presse, en outre, ne manque pas de manifester son mécontentement envers le moteur de recherche, qui dispose d'une rubrique "actualités" référençant le contenu des sites d'information. Faute d'un accord sur la rétribution des éditeurs de presse, le gouvernement pourrait imposer à Google une taxe, sorte de "droit d'auteur". Ce vendredi, la ministre de la Culture Aurélie Filipetti a fixé un ultimatum à fin janvier pour un compromis entre Google et l'Etat sur cette question. 

Par Julien Baldacchino
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Roger Leclair (anonyme),
(messsage interrompu... par Google ?? Je me reprends ici) Aux admirateurs inconditionnels -- et irréfléchis -- de Google : certes, G. est un excellent outil, mais avez-vous seulement pensé une seconde que la "pensée unique" est le meilleur gage, à plus ou moins long terme, de la médiocrité et de la mort de l'innovation ? Si Google est si fort que cela, il devrait être le premier à ne pas craindre la concurrence, voire à la favoriser (toujours au nom de l'innovation). Et en premier lieu : respecter le droit d'auteur, ce qui est le minimum de l'honnêteté tant intellectuelle que pécuniaire... Est-ce trop demander de ce si gros "joueur" , qui ne se gêne pas pour butiner tous les jardins à sa portée ?
Avatar de anonyme
rico03000 (anonyme),
C'est le meilleur c'est pas le cas ailleurs ils vont tout casser pourquoi ?
Avatar de anonyme
Pas normal mais... (anonyme),
ça c'est génial, reprocher à une entreprise d'être la meilleure ? si c'était un syndicaliste qui ponde un truc pareille au non de l'égalité entre les branleurs et les travailleurs, j'aurais compris mais là l'europe ? c'est un peu fort. Encore que, nos députés européens ne sont pas des foudres de travaille non plus. Faites mieux que Google au lieu de légiférer sur n'importe quoi.
Avatar de liztar
Peut-être qu'ils favorisent certaines filières ... mais avec Google, je trouve l'information que je veux ... on ne peut pas dire la même chose de tous les moteurs de recherche !
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