La direction de France Télécom connaissait "l'existence d'un risque grave" et "n'a pas pris les mesures de prévention suffisantes" pour éviter le suicide d'un de ses salariés, à Besançon en 2009. Le rapport de l'inspection du travail a été envoyé à la justice - qui dans un premier temps avait refusé de faire le lien entre problèmes professionnels et suicide...
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Après les avoir longtemps ignorés, la société commencerait-elle à prendre en compte les suicides comme accidents du travail ? Il y a les dossiers de salariés de Renault qui s'empilent ; ceux de France Télécom prennent la même voie... _ Car la situation est la même, ou presque : des employés, soumis à une pression trop forte, craquent. La justice commence à statuer (voir notre article sur Renault). Avant le tribunal, il y a l'inspection du travail. Qui a rendu un rapport très critique concernant France Télécom, après le suicide d'un salarié à Besançon en août 2009. Le document a été envoyé fin janvier au directeur de l'Unité d'intervention Bourgogne Franche-Comté ; l'AFP s'en est procuré une copie. Qu'y apprend-on ? Que, après enquête, “la direction (...) connaissait l'existence d'un risque grave lié à la santé mentale de ses salariés”, notamment grâce à des rapports de médecins du travail et du cabinet d'expertise Technologia, qui en 2008 évoquait des risques psychosociaux chez les techniciens d'interventions. _ Technologia soulignait notamment le sentiment d'“instabilité” et d'“inutilité” ressenti par certains salariés obligés de changer de métier, les relations “parfois délicates voire conflictuelles avec la clientèle”, ou encore le décalage entre les horaires réels et ceux prévus sur le planning de ces techniciens. L'histoire n'en restera pas là : l'inspection du travail indique avoir transmis son rapport à la justice, au titre de la“ mise en danger délibérée” de la vie d'autrui, et de l'article du code du travail qui oblige l'employeur à prendre les mesures nécessaires pour la sécurité de ses techniciens. Car la justice, dans un premier temps, avait refusé de faire le lien entre les problèmes personnels du technicien et son suicide - alors même qu'il avait laissé des lettres sans ambigüité. Le 12 août dernier, le parquet de Besançon avait estimé qu'il était impossible d'établir un lien formel de causalité. Le syndicat Sud-PTT envisage de se porter partie civile dans cette affaire.
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