Daniel, 45 ans, marié et père de deux enfants était conseiller en patrimoine financier à Villefranche-de-Rouergue, dans l’Aveyron. Sa veuve estime que la banque est responsable de la mort de son mari. Elle a porté plainte contre X.
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“Quand j’ai vu les lettres, j’ai tout de suite compris”. Marie* se souvient très bien ce lundi 21 janvier. “Le lundi matin il était vivant”. Cela faisait deux ou trois mois qu’il n’allait pas bien. Mais il ne parlait jamais de ses problèmes de travail. A midi, pour la première fois, Daniel s’est confié. Il lui a raconté une réunion qui s’était mal passée avec sa direction, à Albi, quatre jours plus tôt. “On lui a reproché de ne pas avoir atteint son objectif de vente de produits financiers. Des Sicav, des choses comme ça. Mon mari ne voulait pas placer ces produits. Il est dans cette agence depuis une vingtaine d’années. Il connaît très bien ses clients. Il disait que ça aurait été les 'entuber'.” D’après Marie, pendant cette réunion, les chefs de Daniel lui auraient également parlé d’une mutation. Selon elle, son mari avait le sentiment d’être “pris pour une merde, pour un pion ! Cette réunion a achevé de l’enfoncer.” Pendant la dernière discussion qu’il a eue avec sa femme, Daniel lui a dit qu’il avait rendez-vous chez le médecin à 17 heures 30, “pour se faire arrêter 15 jours”. _ “Ne m’attends pas. Occupe-toi des enfants pour le goûter et les devoirs.” Le soir, Daniel n’était toujours pas rentré. En allant fermer les volets, Marie a découvert deux lettres sur sa table de chevet. L’une pour elle, l’autre pour ses enfants. Daniel s’était tué quelques heures plus tôt dans l’agence où il travaillait. Comme tous les lundis, la banque était fermée. Les gendarmes ont découvert une troisième lettre sous son clavier d’ordinateur. Une lettre destinée à sa direction. Marie a porté plainte contre X. “J’espère que ça va aboutir à punir ceux qui ont fait du mal à mon mari. Et que ça ne se renouvellera jamais.” Le secrétaire général de la CGT des banques et assurances, Patrick Lichaud dénonce “une pression de plus en plus forte sur les salariés du secteur. Il s’agit pour les banques d’avoir des taux de rentabilité de plus en plus importants”. La direction nationale de BNP Paribas n’a pas souhaité répondre à nos questions. Elle indique, dans une interview à l’AFP, avoir “mobilisé tous les moyens nécessaires pour essayer de comprendre” et “collaborer aux procédures en cours”. *le prénom a été changé. Elle tient à rester anonyme. Jules Lavie
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