Opérations escargot en province, Champs-Elysées bloqués: les agriculteurs ont répondu présents à l'appel de leur syndicat majoritaire, la FNSEA, qui organisait une journée d'actions pour protester contre la baisse de leurs revenus, ressouder ses troupes et obtenir du gouvernement un "plan de soutien" comparable à ceux accordés aux secteurs bancaire ou automobile. Le ministre de l'Agriculture a fait savoir qu'il attendait les chiffres précis des revenus 2009 avant de proposer un "plan global de soutien" au secteur.
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La Fédération nationale des exploitants agricoles (FNSEA) a estimé que 52.000 agriculteurs s'étaient mobilisés, bien plus que les 40.000 qu'elle prévoyait. Le tout-puissant syndicat dont la suprématie semblait avoir été remise en cause par la "grève du lait" déclenchée en septembre par des organisations minoritaires sort renforcé de cette journée de mobilisation. Les rassemblements, qui ont perturbé le trafic routier en plusieurs points du pays, ont rassemblé, selon les organisateurs, entre 1.500 et 3.000 personnes à Rennes, 4.000 à Avignon ou encore un millier de personnes et 400 tracteurs à Caen, mais aussi à Lille, Orléans, Nantes, Rouen, Metz ou Colmar. Les manifestants ont respecté les consignes de calme de leurs syndicats. A Paris, l'avenue des Champs-Elysées a été coupée à hauteur de l'avenue George-V par quelque 150 agriculteurs qui ont étalé de la paille et fait brûler des pneus et des bottes de foin, alors qu'on pouvait notamment lire sur des pancartes: "Céréaliers sur la paille", "Paysans en détresse". Au milieu des manifestants bretons, à Rennes, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, ne boudait pas son plaisir. "C'est la réponse des paysans à une crise sans précédent, toutes productions confondues, depuis 30 ans", a-t-il déclaré. Il a rappelé les revendications de son organisation: un milliard d'euros de crédits bancaires dont les intérêts seraient pris en charge par l'Etat, plus une série d'exonérations de taxes pour un montant de près de 400 millions d'euros cette année. La FNSEA et la JA demandent aussi une prime horaire à l'emploi de trois euros pour lutter contre "les distorsions de concurrence sur le coût du travail" au sein de l'Union européenne. Une mesure qui coûterait 550 millions par an à l'Etat et que les syndicats veulent voir pérénisser au-delà de 2009. Face à l'inquiétude du monde paysan, le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire a assuré qu'il proposera au Premier ministre et au président de la République "un plan global de soutien à l'agriculture, qui passera notamment par des allègements de charges sur 2009" . Selon lui, le revenu agricole a baissé de 10 à 20% en 2009, après une diminution de 20% en 2008.
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