14 à 25% des postiers parisiens ont suivi l'appel à la grève illimitée lancé par 4 syndicats aujourd'hui, selon les chiffres avancés par la direction et les syndicats. Cet appel à la grève illimitée à Paris précède la journée d'actions organisée mardi dans l'ensemble des bureaux de poste de France.
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L'appel parisien à la grève illimitée (CGT, Sud, CFTC, FO) avait en quelque sorte valeur de test, avant la journée d'action nationale, organisée à La Poste pour protester contre le changement de statut et toutes les réorganisations qui touchent la vénérable entreprise, dans le cadre de la libéralisation du courrier. Comme toujours en pareilles circonstances, direction et syndicats n'ont pas la même vision de la situation. Ainsi la première affirme-t-elle que 14% des postiers parisiens sont grévistes et que tous les bureaux sont ouverts. Mais les syndicats répondent que le chiffre porte sur tous les 185 bureaux parisiens, alors que 70 d'entre eux sont de toutes façon fermés pour cause de rénovation. Il faut donc faire le calcul uniquement sur ceux qui sont en service. Et là, la proportion de grévistes monterait à 25%. Les postiers parisiens protestent plus particulièrement contre les changements intervenus dans les 185 bureaux de la capitale :“ Le nombre de guichets a diminué, les clients ne savent plus très bien auquel s'adresser, car il y en a maintenant un par opération et des distributeurs automatiques partout”, s'indigne Michel Tombireau, délégué CGT à Paris-Louvre. Des réorganisations accompagnées de baisses d'effectifs. Demain, l'appel à la journée d'action porte sur l'ensemble du pays. Les cinq syndicats qui mobilisent pèsent 94% des voix aux élections professionnelles et estiment que l'Etat peut investir dans La Poste de manière classique via des dotations en capital, sans créer une société par action, prélude à une privatisation, selon eux. La Poste a subi en 2007-08 une baisse modeste des volumes de courrier mais reste très rentable avec un excédent brut d'exploitation (bénéfice) de 1,85 milliard d'euros en 2008, la Banque postale n'ayant rien perdu sur les subprimes. “Pourquoi changer de statut si ce n'est pour préparer l'ouverture du capital”, a critiqué sur France Inter Olivier Besancenot, facteur et syndicaliste Sud, porte-parole du NPA, citant le cas GDF ou France Télécom. Selon lui, la privatisation “fera mal” aux salariés et aux usagers, mais «n'est pas certaine si on arrive à se mobiliser».
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