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Primaire PS : un ultime face à face qui renvoie la balle dans le camp des électeurs

le Jeudi 13 Octobre 2011 à 00:19
Par France Info

cata © © France Info - Radio France

Les deux candidats au second tour de la primaire socialiste ont débattu hier soir sur France 2 pendant près de deux heures. Crise économique et déficits, crise sociale, Europe et questions internationales, et pour finir "quelle présidence pour 2012"... Martine Aubry et François Hollande ont confronté leurs points de vue en évitant la foire d'empoigne. Quelques anicroches, sur la fiscalité notamment, la règle d'or, le cumul des mandats ou encore la définition d'une gauche offensive (en opposition avec une gauche molle), mais pas de dérapages incontrôlés. Martine Aubry attaque pour combler son retard tandis que François Hollande gère son avance, le tout dans une atmosphère qui reste globalement consensuelle. Un statut quo plutôt à l'avantage du député de Corrèze, qui partait avec plusieurs atouts dans son jeu.

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C'était un débat très attendu. François Hollande et Martine Aubry, pas vraiment face à face sur le plateau de France 2 hier soir, mais pas non plus tout à fait côte à côte. A droite sur l'écran, le candidat arrivé en tête du premier tour (39,2% des voix). Le député de Corrèze qui dès dimanche soir dernier recevait le soutien de Manuel Valls (arrivé 5ème), puis lundi celui du président du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet (6ème), mais qui surtout, quelques heures à peine avant le débat, gagnait l'appui de Ségolène Royal (4ème du 1er tour avec 6,9% des voix). A gauche sur l'image, la maire de Lille, arrivée deuxième du premier tour avec 30,4% des suffrages et jusqu'ici aucun soutien des autres concurrents à l'investiture. Une candidate en position challenger. Mais pour l’un comme pour l’autre, l’enjeu est majeur : convaincre qu'il ou qu'elle est le meilleur espoir de la gauche pour l’emporter en 2012.
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Passées les déclarations de bonnes intentions - Martine Aubry qui assure avoir toujours entretenu des relations "amicales et franches" avec François Hollande, François Hollande qui a "toujours veillé à avoir du respect" pour Martine Aubry - première passe d'armes donc sur le thème de la gauche forte et la gauche molle évoquées par la maire de Lille. "Je ne suis ni dans la gauche molle, ni dans la gauche dure. Je suis dans la gauche solide et sincère", rétorque François Hollande. Martine Aubry qui repart à l'offensive sur le cumul des mandats et la règle d'or. On s'interpelle et on se tutoie : "Tu ne trouveras jamais aucun écrit sur la règle d’or de ma part", se défend le député de Corrèze, fidèle à sa tactique du toujours "au-dessus de la mêlée".
La gauche forte, par Martine Aubry par martineaubry
Débat entre 2 tours : Une gauche solide et sincère par francoishollande Voir aussi : Primaire PS : retour sur les moments forts du débat Hollande-Aubry Largement abordé, le thème de la démondialisation laisse place aussi à quelques escarmouches. Il faut dire que les candidats jouent gros sur ce sujet, cher à Arnaud Montebourg. Le troisième homme du premier tour, avec 17,2% des voix, n’a toujours pas dit vers qui son vote balance. François Hollande qui se dit "pour l’économie ouverte mais pas pour l’économie offerte" ? Ou Martine Aubry qui "propose une régulation de la mondialisation" ? François Hollande qui prône pour "une présence (de l’Etat) au capital (des banques) avec droit de véto" ? Ou Martine Aubry qui veut "distinguer les banques de dépôts des banques d'affaires" ? Si la maire de Lille a estimé hier qu'elle avait des "convergences" avec Arnaud Montebourg, rien ne dit qu’elle a réussi à le convaincre. Dans le rôle du faiseur de roi, le député de Saône-et-Loire se dit d’ailleurs "surpris", en réponse à certaines rumeurs, qu'on lui prête "une décision de soutien à l'un ou l'autre des candidats", qu’il "n’a pas prise", écrit-il sur twitter à l’issue de l’émission. Voir aussi : Montebourg a écrit sa lettre à Hollande et Aubry Deux candidats très techniques quand il s’agit d’aborder les questions économiques et de fiscalité. Bataille de formules. Martine Aubry monte au filet sur le contrat de générations proposé par François Hollande : "Je préfère lier les "exos" de charges à l'égalité homme/femme" [...] "Tu n'auras pas d'accord" des syndicats. François Hollande renvoie la balle : "Il n'y aura aucun effet d'aubaine puisque les entreprises ont déjà des exonérations de cotisations sociales." François Hollande qui défend par ailleurs une grande réforme fiscale, tandis que Martine Aubry y va dans la mesure : "Je propose une tranche supplémentaire à 50% au-delà de 100.000 euros par part fiscale. Cela rapporte deux milliards" d'euros. Quant au rythme du retour à l'équilibre des finances publiques, elle reproche à François Hollande de vouloir aller trop vite, au risque de "casser la croissance". L'intéressé insiste sur "le désendettement" et la "réforme fiscale", ce qui "n’empêche pas de prendre des mesures de soutien", souligne-t-il. Interrogés enfin sur leur vision respective du style de présidence en 2012, les deux candidats ont d’abord mis en avant leurs points forts. " L’expérience " pour Martine Aubry (qui a déjà été ministre), sa "capacité à rassembler" et sa "constance". La " ténacité " pour François Hollande : "Après le 21 avril 2002, il n'y avait pas grand monde pour relever le PS" [...] "Je ne suis pas le protagoniste d'un congrès qui s'est terminé comme on le sait". Et toc. Un François Hollande qui " veux être le Président de la justice " et qui propose "une République exemplaire sur l'indépendance de l'audiovisuel", "une République contractuelle", "un contrat avec les collectivités locales" avec "les partenaires sociaux", "avec les citoyens". Face à lui, une Martine Aubry qui elle aussi "veut remettre la justice au cœur de tout" : "Un président de la République doit incarner l'histoire de la France" lui "redonner une voix" pour "une Constitution modifiée, de nouveaux pouvoirs au Parlement", " redonner une indépendance à la justice "... _ Bref, le mot de la fin aux électeurs dimanche prochain.
Ré-écouter le débat dans son intégralité sur France Inter Cécile Mimaut
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