A Ségolène Royal, qui prône un rassemblement de l'extrême-gauche aux gaullistes, le député villepiniste Jean-Pierre Grand répond "Pourquoi pas ?". Il est pour l'instant le seul... A l'UMP, le ministre Xavier Bertrand, lui, parle d'un aspirateur à glaner des voix. _ Et dans le camp PS, on se montre prudent. "Il faut qu'elle s'arrête là parce qu'on peut aller plus loin encore", ironise le strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis.
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On ne l'avait pas encore vraiment entendue dans la campagne socialiste : Ségolène Royal a fait hier un retour très remarqué. Pour exister ? En tout cas, sa proposition de rassembler de l'extrême-gauche jusqu'aux gaullistes ne laisse pas vraiment indifférent. Et pas forcément en bien. Seul le courant villepiniste, qui revendique un héritage gaulliste, s'est montré plutôt séduit. Pourquoi pas ? dit en substance le député de l'Hérault Jean-Pierre Grand. La droite, la vraie, celle qui s'est rangée d'un bloc derrière Sarkozy - qui n'est pas encore formellement candidat à sa réélection - préfère ironiser sur cette main tendue. Xavier Bertrand, ministre de la Santé, estime que Ségolène Royal met “son aspirateur en marche pour glaner des voix.” Et Xavier Bertrand d'affirmer que cette primaire socialiste “n'est pas un renouvellement de la vie politique. C'est la course à l'idée la plus sotte qui soit, la course à la démagogie, à la surenchère”. A gauche, pas question d'un tacle en public ; on préfère l'ironie mordante. “Il faut qu'elle s'arrête là parce qu'on peut aller plus loin encore”, dit ainsi Jean-Christophe Cambadélis, un proche de Dominique Strauss-Kahn. _ Plus sérieusement, il explique cette sortie de Ségolène Royal par la campagne présidentielle où “il faut tout à la fois rassembler son camp et le dépasser”. Un autre strauss-kahnien, Jean-Marie Le Guen, donne, lui, raison à Ségolène Royal. “Le rassemblement le plus large au-delà de la gauche sera un des enjeux politiques de la présidentielle”. Reste que ce n'est pas d'actualité. Pour le porte-parole du PS, Benoît Hamon, “la priorité, et je crois que là-dessus nous sommes tous d'accord, de Ségolène Royal à Manuel Valls, en passant par tous les autres, Arnaud (Montebourg), Martine (Aubry) et François (Hollande) et Jean-Michel (Baylet), c'est le rassemblement de la gauche pour commencer.” Quant au patron du PS par intérim, Harlem Désir, il trouve aussi que Ségolène Royal est allée un peu vite en besogne. Elle s'est déjà projetée dans le second tour de la présidentielle ; “avant cela il faut rassembler les socialistes et l'électorat de gauche”... Guillaume Gaven
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